Record de France du 4×100 m : 36 ans que ça tient, le sprint français tient bon
Le 4×100 m masculin est toujours détenu par Morinière, Sangouma, Trouabal et Marie-Rose depuis 1990. Un exploit qui reste le plus vieux record individuel de l’athlétisme français.
Ce 1er septembre 1990, à Split, quatre sprinteurs français écrivaient l’histoire. Trente-six ans plus tard, leur chrono de 37″79 est toujours le record de France du relais 4×100 m. Une longévité qui en fait le record individuel masculin le plus ancien de l’athlétisme tricolore.
L’essentiel
- Temps : 37,79 secondes, record de France masculin du 4×100 m établi le 31 août 1990 aux Championnats d’Europe de Split.
- Équipe : Max Morinière, Daniel Sangouma, Jean-Charles Trouabal et Bruno Marie-Rose, entraînés par Jo Maïsetti.
- Ancienneté : C’est le plus vieux record de France en athlétisme masculin individuel (course), mais pas toutes catégories confondues.
Il suffit de prononcer « Split 1990 » pour voir briller les yeux des amateurs d’athlétisme. Ce 1er septembre, il y a trente-six ans, le relais 4×100 m français composé de Max Morinière, Daniel Sangouma, Jean-Charles Trouabal et Bruno Marie-Rose avalait la piste du stade Poljud en 37″79. Un chrono qui, en 2026, reste toujours le record de France de la discipline. Mieux : c’est le record individuel masculin le plus ancien de l’athlétisme hexagonal.
Un soir de septembre à Split
Ce fameux 37″79, réalisé en finale des Championnats d’Europe de Split (alors en Yougoslavie), était aussi un record du monde. Il effaçait des tablettes les 37″83 des États-Unis datant des JO de Los Angeles 1984. Pour la première fois depuis 1968, un pays autre que les États-Unis s’emparait de la meilleure marque planétaire. La France entrait dans le cercle très fermé des nations ayant détenu le record mondial du 4×100 m, un club que seuls les Américains et les Français ont fréquenté entre 1968 et 2008, selon le site Culture Athle.
Comme le rappelle récemment le compte @siniecko sur X, c’est bien ce record de 1990 qui est le plus vieux de l’athlétisme français sur une épreuve individuelle masculine. Attention : pas toutes catégories confondues. Il existe des records féminins ou collectifs plus anciens (le 4×100 m féminin date de 1992 par exemple). Mais chez les hommes, en course, le 37″79 tient la corde.
Un collectif au service d’une performance historique
Derrière cet exploit, un homme a joué un rôle clé : l’entraîneur Jo Maïsetti. À l’époque, il avait révolutionné la préparation du relais en instaurant un travail collectif spécifique, chaque sprinteur apprenant les subtilités du passage de témoin. Le résultat fut une mécanique parfaitement huilée qui a fait tomber le record du monde. « Ce record du monde a changé ma vie », confiait Jean-Charles Trouabal à Ouest-France des années plus tard.
Le quatuor avait déjà impressionné en série avec 38″01, puis en finale, porté par un public en fusion, il avait coupé la ligne en 37″79. Un temps qui reste, à ce jour, la meilleure performance française sur la distance. Aucun relais tricolore depuis n’est parvenu à descendre sous les 38 secondes, confirmant la dimension exceptionnelle de cet exploit.
Cette époque dorée du sprint français a également vu émerger des talents comme Gilles Quénéhervé ou Stéphane Caristan. Mais c’est bien ce 4×100 m qui symbolise l’apogée d’une génération qui a placé la France au sommet mondial.
Contexte dans l’athlétisme français
En 2026, l’athlétisme hexagonal vit un renouveau, avec des champions comme Romane Dicko (judo, mais sport olympique) ou les performances en cyclisme. Pourtant, sur le sprint, le plafond semble toujours très haut. Le record de France du 100 m (9,98 par Christophe Lemaitre en 2010) tient lui aussi, mais celui du relais est plus ancien. La Fédération française d’athlétisme (FFA) ne cache pas son ambition de faire émerger un nouveau quatuor capable de rivaliser avec les meilleurs mondiaux, mais pour l’instant, le spectre de Split plane.
À titre de comparaison, dans d’autres sports, les records français tombent régulièrement. La Draft NBA 2026 vient de montrer un trou d’air pour le basket français, tandis que Romane Dicko a raflé un prix à la Soirée des Champions. Deux faits qui rappellent que la constance d’un record comme celui du 4×100 m est rare et précieuse.
Prochaine étape : un record intouchable ?
Interrogé en mars dernier par L’Équipe, Jean-Charles Trouabal estimait que « ce record peut encore tenir longtemps » faute d’un groupe homogène de sprinteurs capables de courir sous les 10″20. Les relais tricolores actuels peinent en effet à aligner quatre athlètes de ce calibre. Alors, à quand le prochain exploit collectif ? Les Jeux de Paris 2024 n’ont pas permis de le battre. Ceux de Los Angeles 2028, peut-être ? D’ici là, le 37″79 de Split reste la référence.