Reims : Robinet confirme une nouvelle expérimentation de vidéosurveillance IA
Le maire de Reims défend l'usage du logiciel Savari de Thales pour accélérer les enquêtes judiciaires en 2026.
Arnaud Robinet a confirmé en avril 2026 une nouvelle phase d'expérimentation de la vidéosurveillance augmentée par intelligence artificielle à Reims. Le maire sortant, candidat à sa réélection, s'appuie sur un précédent test mené avec Thales en 2021-2022 pour justifier cette orientation sécuritaire.
Depuis 2014, Arnaud Robinet a multiplié par plus de dix le parc de caméras de la ville : de 36 à l’époque, Reims en compte aujourd’hui 400, pour un investissement total de 7 millions d’euros selon France Bleu. La prochaine étape, si le maire est réélu : doubler ce chiffre à 800 unités, avec une installation prévue devant chaque école.
Un logiciel pour traiter les réquisitions judiciaires
Au cœur du dispositif : le logiciel Savari, développé par Thales. Testé pendant quelques semaines en 2021-2022 - avant d’être arrêté par l’entreprise elle-même - il avait été autorisé par le procureur de la République, selon France 3 Régions. Son usage était limité à l’analyse a posteriori des images dans le cadre de réquisitions judiciaires - pas à une surveillance en temps réel des habitants.
La justification du maire tient en un chiffre : en 2022, la police nationale a adressé plus de 1 600 réquisitions d’images à la ville de Reims, soit environ cinq par jour, d’après L’Union. Face à ce volume, Robinet défend l’outil sans ambiguïté : « L’objectif étant d’optimiser le travail des enquêteurs préalablement aux extractions judiciaires […] ce gain de temps est évidemment au bénéfice des victimes, puisque cela accélère le temps d’élucidation des enquêtes », a-t-il déclaré selon StreetPress.
Un contexte national sous tension
La démarche rémoise s’inscrit dans un débat national houleux. La vidéosurveillance algorithmique (VSA) avait été autorisée à titre expérimental pour les JO de Paris 2024. Mais en avril 2025, le Conseil constitutionnel a censuré partiellement sa prolongation envisagée pour les JO d’hiver 2030, selon L’Usine Digitale. Le cadre juridique reste donc fragile.
Lors du débat des municipales du 2 mars 2026, Robinet a défendu une sécurité « sur deux jambes : prévention et répression », face à d’autres candidats proposant notamment un couvre-feu pour mineurs, selon France 3 Régions. La ligne sécuritaire constitue l’un des axes centraux de sa campagne.
À noter : le Grand Reims utilise déjà l’IA dans d’autres domaines. Depuis 2025, des capteurs connectés analysent le contenu des poubelles pour optimiser le tri des déchets, selon L’Union. L’adoption des technologies algorithmiques par la collectivité est donc progressive et plurielle.
Sources
- StreetPress : Reims expérimente une IA de Thalès pour surveiller ses habitants
- France Bleu : Arnaud Robinet souhaite doubler les caméras de vidéosurveillance
- L'Union : À Reims, le maire défend l'usage d'un logiciel d'intelligence artificielle
- France 3 Régions : Municipales 2026 à Reims : un débat animé entre projets sécuritaires et passes d'armes