Affaire OFB de Guéret : la cour d’appel de Limoges confirme la relaxe des deux leaders de la CR23
Paul Marchon et Kévin Guesdon échappent aux poursuites pour les dégradations de novembre 2024, mais restent condamnés pour d'autres faits.
La cour d'appel de Limoges a confirmé le 5 mai 2026 la relaxe de Paul Marchon et Kévin Guesdon, respectivement président et secrétaire général de la Coordination rurale de la Creuse (CR23), pour les dégradations commises aux locaux de l'Office français de la biodiversité (OFB) à Guéret en novembre 2024. La procédure en appel est close.
La cour d’appel de Limoges a confirmé le 5 mai 2026 la relaxe de Paul Marchon et Kévin Guesdon, respectivement président et secrétaire général de la Coordination rurale de la Creuse (CR23), pour les dégradations commises aux locaux de l’Office français de la biodiversité (OFB) à Guéret en novembre 2024. La procédure en appel est close.
L’essentiel
- Relaxe confirmée : le 5 mai 2026, la cour d’appel de Limoges valide la relaxe des deux dirigeants CR23 pour les dégradations à l’OFB de Guéret survenues le 19 novembre 2024.
- Condamnations maintenues : Paul Marchon écope de deux mois de prison avec sursis, 4 000 euros d’amende avec sursis et 5 ans de mise à l’épreuve pour outrage à agent et dégradations à la MSA.
- Guesdon également condamné : un mois avec sursis, 2 000 euros d’amende, 5 ans de mise à l’épreuve et 2 500 euros de dommages et intérêts pour les mêmes chefs d’accusation.
- Première instance : le jugement de relaxe pour l’OFB avait déjà été prononcé en mai 2025 ; l’appel n’a pas modifié cette partie du verdict.
- Contexte agricole : les faits s’inscrivent dans les manifestations de novembre 2024 contre l’accord de libre-échange UE-Mercosur.
Les faits du 19 novembre 2024
Le 19 novembre 2024, en marge des mobilisations agricoles contre la signature de l’accord UE-Mercosur, des manifestants s’en prennent aux locaux de l’OFB à Guéret. Selon France Bleu et France 3 Nouvelle-Aquitaine, des déchets agricoles sont déversés devant les bâtiments, des dossiers sont piétinés et la porte d’entrée enfoncée. Paul Marchon et Kévin Guesdon, figures de proue de la CR23, sont mis en cause.
Les deux hommes sont également poursuivis pour des dégradations commises à la Mutualité sociale agricole (MSA) de Guéret et à la permanence de l’ex-députée Catherine Couturier, ainsi que pour outrage à agent.
Ce que la cour d’appel a tranché
La juridiction limougeaude a suivi la décision de première instance rendue en mai 2025 : relaxe pour les dégradations à l’OFB. En revanche, les condamnations prononcées sur les autres chefs sont confirmées.
Paul Marchon est condamné à deux mois de prison avec sursis, une amende de 4 000 euros avec sursis et cinq ans de mise à l’épreuve, selon France Bleu. Kévin Guesdon, de son côté, se voit infliger un mois de prison avec sursis, 2 000 euros d’amende avec sursis, cinq ans de mise à l’épreuve et 2 500 euros de dommages et intérêts.
Le journaliste Sébastien Péjou a rapporté la décision dès le 5 mai depuis l’audience. Aucun recours n’a été annoncé à ce stade par les parties.
La réaction du syndicat
Selon France 3, Paul Marchon a commenté l’issue en affirmant : « Il fallait nous faire taire. » La CR23 se présente comme un syndicat agricole militant, connu pour ses actions directes contre les normes environnementales et les organismes de contrôle. L’OFB avait déjà été pris pour cible lors des crises judiciaires - plus largement, lors des manifestations agricoles de janvier-février 2024, avec des dégradations similaires constatées dans plusieurs départements, comme le relève Le Figaro. La relaxe pour l’OFB est donc interprétée par le syndicat comme une forme de validation de son action.
Contexte dans la Haute-Vienne et la Creuse
Si l’audience s’est tenue à Limoges (Haute-Vienne), les faits concernent Guéret, chef-lieu de la Creuse, département voisin dont la CR23 est l’émanation locale. Les deux territoires partagent une économie dominée par l’élevage bovin. En Creuse, le secteur agricole emploie 3 982 personnes fin 2024, en baisse de 110 postes par rapport à 2023, selon l’INSEE. Le cheptel bovin s’y élève à 390 000 têtes, avec une moyenne de 68,4 vaches laitières par exploitation.
Cette tension entre agriculteurs et OFB s’inscrit dans un contexte national. L’office, chargé du contrôle environnemental, est devenu une cible récurrente des syndicats agricoles contestataires depuis 2024. D’autres affaires judiciaires impliquant des acteurs locaux illustrent la pression croissante sur les institutions dans les territoires ruraux. La mobilisation contre le Mercosur avait par ailleurs touché plusieurs villes du Grand Sud-Ouest en novembre 2024, Guéret figurant parmi les foyers d’action les plus médiatisés.
Une procédure close, sans recours annoncé
L’arrêt du 5 mai 2026 clôt la procédure en appel. Aucune des parties n’a indiqué, à la date de publication, vouloir se pourvoir en cassation. Les condamnations avec sursis prononcées à l’encontre de Marchon et Guesdon sont désormais définitives pour les chefs retenus - outrage et dégradations à la MSA. Les cinq ans de mise à l’épreuve imposés aux deux hommes constituent la contrainte la plus durable issue de cette procédure.
Sources
- France Bleu : Deux dirigeants de la Coordination rurale relaxés pour les dégradations des locaux de l'OFB à Guéret
- France 3 Régions : "Il fallait nous faire taire !" : deux membres de la CR23 relaxés en appel pour les dégradations à l'OFB de Guéret
- Le Figaro : Colère des agriculteurs : pneus, déchets, insultes... Des dégradations constatées à Beauvais et Guéret
- Sébastien Péjou / X : La cour d'appel de Limoges confirme la relaxe de 2 responsables de la CR23