Rennes : le tribunal administratif confirme la fermeture du bar Melting-Pot

Après l'agression au couteau du 15 mai, le juge des référés a rejeté le recours de la gérante le bar restera fermé jusqu'au 19 juillet 2026.

Rennes : le tribunal administratif confirme la fermeture du bar Melting-Pot
Illustration Maëlle Guillou / info.fr

Le tribunal administratif de Rennes a rejeté le 29 mai 2026 la requête de la gérante du Melting-Pot contre l'arrêté préfectoral de fermeture. Deux motifs cumulés l'agression au couteau du 15 mai et un trafic de stupéfiants documenté aux abords du bar depuis plusieurs mois.

L’essentiel

  • 15 mai 2026 : un client habituel poignardé dans le dos vers 17h au Melting-Pot (rue Saint-Michel, Rennes) par un groupe de 8 à 10 individus cagoulés ; un employé blessé en s’interposant.
  • 19 mai 2026 : le préfet d’Ille-et-Vilaine Franck Robine ordonne la fermeture administrative du bar pour deux mois, jusqu’au 19 juillet 2026.
  • 29 mai 2026 : le juge des référés du tribunal administratif de Rennes (dossier n° 2603992) rejette la requête en référé-liberté de la gérante Soazig Le Guilloux.
  • Contrôles antérieurs : trafic de stupéfiants documenté aux abords les 20 novembre 2025 et 12 mars 2026 (cannabis et 330 € saisis sur un client).
  • Précédent : le Melting-Pot avait déjà été fermé administrativement en 2018, selon Unidivers.

Une agression en plein après-midi, rue de la Soif

Le 15 mai 2026, vers 17 heures, un groupe de 8 à 10 individus cagoulés et armés - barres de fer et couteaux - fait irruption au Melting-Pot, bar situé rue Saint-Michel à Rennes. Un client habituel est poignardé dans le dos. Grièvement blessé, il est transporté au CHU de Rennes. Un employé qui tente de s’interposer est également blessé, selon France 3 Bretagne et Ouest-France.

La violence de la scène provoque une réaction rapide des autorités. Quatre jours plus tard, le préfet d’Ille-et-Vilaine Franck Robine signe un arrêté de fermeture administrative. Durée : deux mois, soit jusqu’au 19 juillet 2026. Motif officiel : trouble à l’ordre public, lié à la fois à l’agression et à un trafic de stupéfiants aux abords de l’établissement.

Deux contrôles de police qui pèsent dans la balance

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Le dossier préfectoral ne repose pas uniquement sur l’agression du 15 mai. Deux contrôles antérieurs alimentent l’argumentation. Le 20 novembre 2025, des individus sont repérés attablés en train de consommer de la drogue aux abords du bar. Le 12 mars 2026, un client est contrôlé avec 8,5 grammes de cannabis et 330 euros en liquide, selon France 3 Bretagne et actu.fr.

La victime de l’agression elle-même - cliente habituelle - est décrite dans les pièces comme « défavorablement connue des services de police » pour des faits de stupéfiants et de violence. Ces éléments croisés ont conduit le juge à qualifier la situation d’« atteinte particulièrement grave à l’ordre public ».

Cette accumulation d’incidents rappelle d’autres situations de violence urbaine liées aux abords d’établissements de nuit, comme l’agression au cutter dans un lycée rennais de Bréquigny, traitée récemment par info.fr.

La gérante conteste, le tribunal tranche

Soazig Le Guilloux exploite le Melting-Pot depuis 1999, soit 27 ans, via la SARL Park Avenue. Elle réfute toute complaisance envers le trafic et affirme avoir alerté la police, la préfecture et la Ville de Rennes à plusieurs reprises depuis l’été 2024, selon Unidivers et actu.fr.

Le 28 mai, elle saisit le juge des référés du tribunal administratif de Rennes en référé-liberté - procédure d’urgence permettant de suspendre une décision administrative. Son avocat, Me Guillaume Bailly, invoque une atteinte à la liberté de commerce et d’entreprendre.

Le 29 mai 2026, le juge rejette la requête (dossier TA Rennes n° 2603992). Sa réponse sur l’argument commercial est nette : la liberté de commerce s’exerce dans le respect de l’ordre public, rappelle-t-il, selon France 3 Bretagne.

Contexte dans l’Ille-et-Vilaine

La rue Saint-Michel, surnommée « rue de la Soif », concentre une densité exceptionnelle de débits de boissons - environ un bar tous les sept mètres, selon l’office de tourisme de Rennes. Ce secteur est l’une des artères de vie nocturne les plus denses de l’Ouest de la France depuis les années 1970.

Les fermetures administratives de bars y sont rares mais pas inédites. Le Melting-Pot lui-même avait déjà fait l’objet d’une telle mesure en 2018, à la suite d’agressions sexuelles commises par un salarié, selon Unidivers. La procédure actuelle est la deuxième en huit ans pour cet établissement.

Le sujet rejoint une problématique plus large en Ille-et-Vilaine sur la gestion des lieux festifs, la cohabitation entre riverains et établissements, et la responsabilité des gérants face à des faits qui se produisent dans ou à proximité de leur commerce. Des riverains affirment d’ailleurs avoir alerté les autorités depuis plusieurs mois avant l’agression du 15 mai, selon le compte journalistique @RAutrement sur X. La question de la coordination entre police nationale, police municipale et préfecture reste posée.

Pour mémoire, d’autres préfectures de la région ont récemment été impliquées dans des actions de terrain similaires : à Cherbourg, la maire s’est récemment jointe à une patrouille de police municipale pour mieux cerner les réalités de terrain.

Un précédent judiciaire pour les gérants de la rue Saint-Michel

La décision du 29 mai a une portée qui dépasse le seul Melting-Pot. Elle confirme que la justice administrative peut valider une fermeture préfectorale même lorsque le gérant conteste toute responsabilité directe dans les faits reprochés. Le critère retenu - la fréquentation et les abords - engage la responsabilité de l’établissement au-delà de ce qui se passe à l’intérieur.

Pour les autres tenanciers de la rue Saint-Michel, la décision fixe un signal : un dossier documentant deux contrôles liés aux stupéfiants et une agression grave suffit à justifier une fermeture de deux mois, y compris si le gérant coopère avec les autorités.

La fermeture prend fin le 19 juillet 2026, sauf si la gérante engage une nouvelle procédure contentieuse - ce qu’elle n’a pas annoncé à ce stade, selon les médias consultés. Les opérations conjointes police-préfecture dans les espaces publics se multiplient dans plusieurs villes françaises sur fond de trafic de stupéfiants.

Sources

Maëlle Guillou

Maëlle Guillou

Maëlle est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Ille-et-Vilaine (35), avec Rennes pour chef-lieu. Spécialité du département : french tech Rennes et Saint-Malo (4M visiteurs/an). Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Bretagne.

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