Réserve stratégique de Bitcoins US bloquée par un conflit interne
Seize mois après le décret de Donald Trump, Trésor et Commerce se disputent la gestion des 328 372 BTC saisis par Washington
Le projet américain de réserve stratégique de Bitcoins, annoncé par décret présidentiel en mars 2025, reste bloqué en juillet 2026. Le département du Trésor et celui du Commerce se disputent l'autorité sur les 328 372 BTC saisis, évalués à plus de 21 milliards de dollars.
L’essentiel
- 328 372 BTC détenus par l’État américain, soit environ 21,1 milliards de dollars selon Atlas21 et Wallstreet Online
- Seize mois se sont écoulés depuis le décret présidentiel de Donald Trump instituant la réserve, en mars 2025, sans mise en œuvre effective (Bloomberg)
- Deux ministères en conflit : le Trésor et le département du Commerce revendiquent chacun l’autorité de gestion (Bitcoin Foundation, The Block)
- Le département de la Justice examine actuellement les options juridiques pour trancher le litige (Cointelegraph)
- Un projet de loi, l’ARMA Act, est en préparation au Congrès pour codifier la réserve dans la législation (Bitcoin Foundation)
Seize mois après sa création par décret, la réserve stratégique de Bitcoins des États-Unis n’est toujours pas opérationnelle. Selon Bloomberg, le projet accumule les retards en juillet 2026, victime d’un conflit de compétences entre deux départements fédéraux qui se disputent la gestion des 328 372 BTC déjà saisis par le gouvernement américain.
Trésor contre Commerce : qui doit gérer les 21 milliards de dollars ?
Le décret signé par Donald Trump en mars 2025 confiait initialement la gestion de la réserve au département du Trésor. Mais selon Bitcoin Foundation et The Block, ce dernier remet aujourd’hui en question sa propre capacité à assumer ce rôle. Le département du Commerce s’est positionné pour reprendre la main sur cette enveloppe, rapporte Cointelegraph, sans que les modalités d’un éventuel transfert n’aient été précisées publiquement.
Face à l’impasse, le département de la Justice examine désormais les options légales permettant de débloquer la situation entre les deux administrations, toujours selon Cointelegraph. Aucune décision n’a été annoncée à ce stade.
Un actif volatil, un casse-tête juridique pour le Trésor
Au cœur du blocage : la question de savoir si le Trésor a le droit et la capacité légale de conserver « à perpétuité » un actif aussi volatil que le Bitcoin au sein des réserves fédérales, selon Coinspot. Cette interrogation juridique, distincte du simple différend administratif, complique toute résolution rapide du dossier.
La porte-parole de la Maison Blanche, Liz Houston, a confirmé auprès de Bloomberg que le gouvernement continuait d’étudier « la structure optimale » pour sécuriser ces actifs numériques, sans donner de calendrier précis.
Le Congrès, arbitre obligé avec l’ARMA Act
Le conseiller de la Maison Blanche pour les actifs numériques, Patrick Witt, a rappelé, selon Binance News, qu’un vote du Congrès est nécessaire pour que la réserve devienne pleinement active. En parallèle du conflit entre ministères, les parlementaires travaillent sur le projet de loi ARMA Act, destiné à inscrire cette réserve stratégique dans la législation américaine, précise Bitcoin Foundation. Sans ce texte, la réserve reste juridiquement fragile, quel que soit le ministère finalement désigné pour la gérer.
Contexte : les États-Unis, premier détenteur étatique de Bitcoins au monde
Avec 328 372 BTC, les États-Unis disposent du plus important stock de Bitcoins détenu par un État dans le monde, selon Wallstreet Online. Ces avoirs, valorisés à plus de 21 milliards de dollars par Atlas21, proviennent essentiellement de saisies judiciaires accumulées au fil des années, avant même l’annonce du projet de réserve stratégique. Le blocage actuel illustre la difficulté d’une administration fédérale à transformer un patrimoine issu de saisies pénales en instrument de politique financière, un exercice inédit à cette échelle pour un actif aussi volatil.
La dispute entre le Trésor et le Commerce n’a pas de calendrier de résolution annoncé. Le sort de la réserve dépendra à la fois de l’issue de cet arbitrage interministériel et du sort réservé à l’ARMA Act au Congrès.