Retraites : la mobilisation tient dans la Marne, malgré l’essoufflement
Les cortèges rémois restent moins fournis qu'en 2023, mais les syndicats maintiennent la pression sur les pensions.
Trois ans après le pic de la contestation, la mobilisation contre la réforme des retraites persiste à Reims et dans la Marne. Les chiffres ont chuté, les tensions sociales, elles, demeurent.
Le mouvement n’a pas disparu, il s’est contracté. À Reims, la douzième journée de mobilisation nationale du 13 avril 2023 avait déjà donné le signal d’un essoufflement : entre 1 300 et 2 800 manifestants dans les rues selon les sources, loin des 7 500 à 12 000 personnes comptabilisées le 7 mars précédent, selon la police et la CFDT respectivement. Pourtant, les syndicats n’ont pas rangé les banderoles.
Un mouvement qui s’étire dans la durée
Dès 6 heures du matin ce 13 avril 2023, la CFDT Transports avait organisé un blocage pacifique sur le rond-point de la route de Châlons (RD944), selon L’Union. La journée s’est déroulée sans incident majeur, a rapporté France Bleu - un contraste avec le 6 avril, où des tensions avec les forces de l’ordre avaient été signalées. Ce calme relatif n’a pas dissipé les griefs. CGT et CFDT dénonçaient alors les modifications fréquentes de trajets de manifestations imposées par les autorités, rendant l’organisation plus difficile, comme le relevait L’Union dès le 12 avril 2023.
Le mouvement avait démarré fort dans la Marne. Le 19 janvier 2023, plus de 5 000 personnes s’étaient rassemblées à Reims, avec un taux de grève de 31,19 % dans l’académie, selon L’Union. Le pic local avait été atteint le 7 mars 2023, record absolu pour la ville selon France Bleu. Le 23 mars, entre 4 200 et 12 000 manifestants avaient encore défilé depuis la Maison des syndicats, selon L’Union. Puis la courbe a fléchi, miroir du recul national : de plus de trois millions de manifestants en mars 2023 à environ un million en avril, selon les données compilées sur Wikipédia.
En 2026, la revendication change de forme
Le combat s’est reconfiguré. En 2026, ce ne sont plus seulement l’âge légal de départ qui cristallise les tensions, mais aussi le gel des prestations sociales et le niveau des pensions. La CGT appelle à une revalorisation de 10 % des retraites, avec une semaine d’action nationale du 30 mars au 4 avril 2026 portée par le G9 syndical - CGT, FSU, Solidaires - et un temps fort fixé au 2 avril, incluant une demande d’audience au Premier ministre, selon la FSU et la CGT.
À Reims comme ailleurs dans la Marne, les cortèges restent moins fournis qu’aux grandes heures de 2023. Mais la mobilisation, même atténuée, n’a pas rompu. Les syndicats locaux n’ont pas communiqué à ce stade sur les chiffres de participation aux dernières actions de 2026 dans le département.
Sources
- L'Union : Réforme des retraites : des cortèges moins fournis dans l'Aisne, la Marne et les Ardennes ce jeudi 13 avril
- France Bleu : Manifestation contre la réforme des retraites dans le calme à Reims
- CGT : Le 2 avril, les retraité·es se font entendre !
- FSU : C'est par leur mobilisation que les retraité·es seront entendu·es