Rhône : campagne prévention protoxyde d’azote, 530 patients dont la moitié avec complications graves

L'État, l'ARS Auvergne-Rhône-Alpes et les collectivités locales alertent sur l'usage détourné du gaz hilarant et présentent les dispositifs d'aide gratuits et confidentiels.

Rhône : campagne prévention protoxyde d'azote, 530 patients dont la moitié avec complications graves
Illustration Margaux Bernard / info.fr

Depuis le 22 juin, une campagne de prévention contre les risques du protoxyde d'azote est déployée dans le Rhône et la région. Le préfet et l'ARS ont tiré la sonnette d'alarme le 23 juin 530 patients recensés, plus d'un cas sur deux avec des séquelles neurologiques graves. Téléconsultations et consultations jeunes consommateurs sont accessibles.

L’État, l’Agence régionale de santé (ARS) Auvergne-Rhône-Alpes, les Hospices civils de Lyon (HCL) et les collectivités locales ont lancé le 22 juin une campagne de prévention sur les risques du protoxyde d’azote. Le préfet de région Étienne Guyot et l’ARS ont officiellement relayé l’opération le 23 juin à Saint-Priest (Rhône), en présence du maire Gilles Gascon. Une exposition photo réalisée par des jeunes de la commune accompagne le dispositif.

L’essentiel

  • 530 patients recensés entre 2021 et 2025 dans les centres d’addictovigilance de Lyon, Clermont-Ferrand et Grenoble.
  • Plus d’un cas sur deux a entraîné des complications graves : paralysie, hospitalisations, accidents.
  • Campagne régionale lancée le 22 juin, relayée officiellement le 23 juin à Saint-Priest par le préfet et l’ARS.
  • Dispositifs d’aide gratuits et confidentiels : téléconsultation dédiée aux HCL, Consultations Jeunes Consommateurs, CSAPA.

Une mobilisation collective pour alerter les jeunes

La campagne, intitulée « Protoxyde d’azote : renforcer la prévention auprès des jeunes », a été déployée sur l’ensemble du territoire Auvergne-Rhône-Alpes. Elle vise à informer sur les dangers de l’usage détourné de ce gaz, banalisé en soirée sous le nom de « gaz hilarant ». Selon l’ARS, « les intoxications continuent d’augmenter en France » et les complications neurologiques sont de plus en plus sévères.

Le préfet Étienne Guyot a insisté sur l’urgence de la situation. Sur le réseau social X, il a déclaré : « Près de 530 patients recensés entre 2021 et 2025… Plus d’un cas sur deux a entraîné des complications graves. » Un tweet qui a été largement partagé.

530 patients, plus de la moitié avec des séquelles irréversibles

Les données des centres d’addictovigilance de Lyon, Clermont-Ferrand et Grenoble sont alarmantes. Entre 2021 et 2025, 530 cas d’intoxication au protoxyde d’azote ont été recensés. « Plus d’un cas sur deux a entraîné des complications graves », précise l’ARS dans un communiqué. Ces complications incluent des paralysies, des troubles de la marche, des hospitalisations d’urgence et des accidents de la voie publique liés à la désorientation.

La hausse est constante depuis plusieurs années. En 2024, les signalements avaient déjà bondi de 30 % par rapport à 2023. Les jeunes adultes, de 18 à 30 ans, constituent la majorité des consommateurs. L’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) recommande depuis 2023 une meilleure réglementation et une information accrue sur les risques, notamment neurologiques.

Des dispositifs locaux gratuits et confidentiels

Face à cette urgence sanitaire, les autorités rappellent l’existence de structures d’aide. Les HCL ont mis en place une téléconsultation dédiée aux problèmes de protoxyde d’azote depuis fin 2024. « 150 téléconsultations ont été réalisées en un an », indique l’ARS. Ce service permet une prise en charge rapide et discrète.

Parallèlement, les Consultations Jeunes Consommateurs (CJC) et les Centres de soin, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA) sont accessibles sur l’ensemble de la région. La préfète du Rhône a également pris un arrêté interdisant la consommation et la détention de protoxyde d’azote dans le département. La ville de Lyon a banni cette substance de l’espace public depuis 2024.

Ces mesures s’inscrivent dans un cadre plus large de contrôle des substances psychoactives. À titre de comparaison, la régulation des produits dérivés du cannabis fait également l’objet d’attention, comme récemment avec le contrôle d’une boutique CBD à Arras par la DDPP.

Contexte dans le Rhône

Le Rhône, et particulièrement la métropole de Lyon, concentre une population jeune et étudiante importante, cible privilégiée de l’usage détourné du protoxyde d’azote. Selon l’ARS, la région Auvergne-Rhône-Alpes est l’une des plus touchées de France en nombre de cas recensés. L’arrêté préfectoral d’interdiction dans le Rhône, associé à celui de la ville de Lyon, vise à dissuader la consommation dans l’espace public.

L’exposition de jeunes de Saint-Priest, réalisée dans le cadre de la campagne, témoigne d’une volonté de mobiliser les citoyens eux-mêmes. Le maire Gilles Gascon a salué cette initiative lors du lancement. La prévention passe aussi par le milieu scolaire et associatif.

Prochaine étape

La campagne se poursuit tout l’été, avec des affichages dans les lieux de loisirs, des actions sur les réseaux sociaux et des interventions en milieu festif. Les autorités sanitaires espèrent inverser la tendance. « L’objectif est de faire baisser le nombre de nouveaux cas », résume l’ARS. L’Anses devrait publier de nouvelles recommandations d’ici la fin de l’année pour renforcer la réglementation. En attendant, les dispositifs d’aide restent accessibles 24h/24.

Pour en savoir plus sur la campagne et les actions locales, consultez notre article dédié au lancement à Saint-Priest.

Margaux
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Sources

Margaux Bernard

Margaux Bernard

Margaux est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Rhône (69), avec Lyon pour chef-lieu. Spécialité du département : 2e métropole française et capitale gastronomique. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Auvergne-Rhône-Alpes.

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