RN 147 : la Vienne refuse de payer le surcoût de 14,5 millions d’euros
Le Département de la Vienne bloque le versement d'une rallonge de 14,5 M€ sur le chantier de déviation de la RN 147, portant le budget total à 157,5 M€.
Le Département de la Vienne a annoncé qu'il ne compensera pas le surcoût de 14,5 millions d'euros du projet de déviation de la RN 147. Le coût total passe de 143 à 157,5 millions d'euros. La collectivité estime avoir déjà largement investi.
L’essentiel
- Surcoût : 14,5 millions d’euros supplémentaires sur la déviation de la RN 147, portant le budget à 157,5 M€.
- Position du Département : refus de compenser ces dérives financières, qu’il impute à l’État.
- Participation déjà engagée : le Département est le premier financeur avec 53,2 millions d’euros investis.
- Calendrier : travaux lancés en janvier 2023, livraison prévue en 2028.
Ce qui s’est passé
Le 2 juillet 2026, le Département de la Vienne a officialisé son refus de financer le surcoût de 14,5 millions d’euros sur le chantier de déviation de la RN 147, entre Lussac-les-Châteaux et Mazerolles. Le compte officiel du Département a tweeté : « RN 147 : le Département ne compensera pas les dérives financières du projet, avec un surcoût estimé à 14,5 M€. Le Département est déjà le 1er financeur avec 53 M€ ! »
Selon les informations de La Nouvelle République et d’Inforadar, le coût global du projet a été réévalué de 143 à 157,5 millions d’euros, soit une augmentation de plus de 10 %. Le Département invoque le principe selon lequel « les collectivités n’ont pas vocation à compenser les dérives financières de l’État ».
La position du Département
Le Département de la Vienne, présidé par le socialiste Alain Pichon, avait déjà engagé 53,2 millions d’euros dans l’opération. Il est le premier financeur public du projet. En refusant la rallonge, il met la pression sur l’État pour qu’il assume seul ce dépassement. « Nous avons déjà fait notre part », résume le message officiel. Un bras de fer financier s’engage avec la Direction interdépartementale des Routes Ouest (DIRO).
D’autres collectivités locales observent le dossier de près. Dans l’Aisne, 45 élus ont récemment manifesté devant la préfecture pour des motifs différents, mais illustrant les tensions entre élus et services de l’État.
Un projet de 15 km et un viaduc
La déviation de la RN 147, sur l’axe Poitiers-Limoges, doit contourner les communes de Lussac-les-Châteaux et Mazerolles. Les travaux, lancés en novembre 2025, comprennent un viaduc au-dessus de la Vienne et plusieurs carrefours giratoires. La fin du chantier est prévue en 2028. Le sénateur de la Vienne Bruno Belin avait interpellé le ministre des Transports dès avril 2025 sur l’avancée et le financement du projet.
Contexte dans la Vienne
Avec une population de 437 000 habitants, le département de la Vienne est traversé par la RN 147, axe structurant pour les déplacements entre Poitiers et Limoges. Le coût de cette déviation représente un investissement exceptionnel pour une collectivité de taille moyenne. Le budget du Département, contraint par la baisse des dotations, rend difficile l’absorption d’un tel surcoût. Ce refus intervient alors que d’autres sujets locaux retiennent l’attention, comme l’alerte à la Listeria après un festival dans le Lot, qui rappelle les contraintes sanitaires pesant sur les collectivités voisines.
Prochaine étape
Aucune réunion de conciliation n’a été annoncée à ce stade. L’État peut choisir de financer seul la rallonge, de renégocier avec les entreprises, ou de ralentir le chantier. Les élus locaux attendent une réponse ferme du ministère des Transports.