RN134 : le protoxyde d’azote envahit les bas-côtés, le préfet prolonge l’interdiction
Les agents de la DIRA ramassent régulièrement des dizaines de bouteilles abandonnées sur la nationale. L'arrêté préfectoral court jusqu'au 30 septembre 2026.
Depuis 2025, des dizaines de bouteilles de protoxyde d'azote s'accumulent au bord de la RN134 dans les Pyrénées-Atlantiques. Le préfet a prolongé son arrêté d'interdiction jusqu'au 30 septembre 2026. Depuis décembre 2025, 178 bouteilles ont été saisies et 86 infractions relevées.
L’essentiel
- 178 bouteilles saisies et 86 infractions relevées dans les Pyrénées-Atlantiques depuis décembre 2025, selon La République des Pyrénées et Mediabask.
- Arrêté préfectoral prolongé jusqu’au 30 septembre 2026 : interdiction de détention, transport et consommation récréative dans l’espace public.
- RN134 particulièrement touchée : les agents du district d’Oloron de la DIRA ramassent régulièrement des dizaines de bouteilles abandonnées en bord de route.
- Phénomène apparu « d’un seul coup » en 2025, selon les agents interrogés par La République des Pyrénées.
- Risques documentés : pertes de réflexes, vertiges, troubles neurologiques, pouvant provoquer des accidents mortels au volant.
Des bouteilles par dizaines au bord de la nationale
Les agents du district d’Oloron de la DIRA (Direction Interdépartementale des Routes Atlantique) ne s’y attendaient pas. En 2025, les rondes d’entretien sur la RN134 ont commencé à révéler un déchet inédit : des petites bouteilles métalliques de protoxyde d’azote, abandonnées en masse sur les bas-côtés. « C’est arrivé l’an passé, d’un seul coup », rapporte La République des Pyrénées, qui cite les agents de la DIRA. Le phénomène n’a pas décru depuis.
La RN134, axe structurant qui relie Pau à l’Espagne via le col du Somport, est devenue un couloir privilégié pour cette pratique. Les usagers consomment le gaz à bord de leurs véhicules en circulation ou à l’arrêt, puis jettent les contenants sur la route. Le ramassage de ces déchets s’est imposé comme une tâche régulière pour les équipes de la DIRA, selon La Semaine des Pyrénées.
Un arrêté préfectoral reconduit face à la persistance du phénomène
Face à l’ampleur du problème, le préfet des Pyrénées-Atlantiques avait pris un premier arrêté dès décembre 2025, interdisant la détention, le transport et la consommation de protoxyde d’azote à des fins récréatives dans l’espace public du département. Les résultats, bien que réels, n’ont pas suffi à éteindre le phénomène.
Le 1er juin 2026, l’arrêté a été prolongé jusqu’au 30 septembre 2026. La préfecture communique régulièrement sur le sujet :
Depuis décembre 2025, le bilan est de 178 bouteilles saisies et 86 infractions relevées dans l’ensemble du département, selon La République des Pyrénées et Mediabask. La vente aux mineurs est par ailleurs interdite par la loi nationale.
Des risques graves pour la sécurité routière
Le protoxyde d’azote - surnommé « gaz hilarant » - est utilisé à des fins récréatives pour ses effets euphorisants de courte durée. Mais ses effets sur la conduite sont documentés et sévères. Selon le site officiel Sécurité Routière (securite-routiere.gouv.fr), la substance provoque des troubles de la concentration, des pertes de réflexes, des vertiges et des « trous noirs » qui rendent toute conduite incompatible avec la sécurité. À terme, une consommation répétée peut entraîner des atteintes neurologiques graves, des paralysies, voire le décès.
Consommé au volant sur une nationale comme la RN134, le risque d’accident mortel est direct. La sécurité routière dans les Pyrénées-Atlantiques est déjà sous pression, comme en témoignent plusieurs drames récents sur les axes du département. Le Ministère de l’Intérieur souligne également que le danger ne concerne pas seulement le consommateur, mais aussi les autres usagers de la route.
Contexte dans les Pyrénées-Atlantiques
Le département des Pyrénées-Atlantiques est traversé par plusieurs axes routiers à forte fréquentation touristique et transfrontalière. La RN134 est l’une des principales voies d’accès au col du Somport et vers l’Espagne, empruntée aussi bien par des résidents locaux que par des camions et des touristes en saison estivale. La concentration de bouteilles sur cet axe précis laisse supposer une consommation liée aux trajets longue distance ou aux haltes nocturnes.
Le phénomène du protoxyde d’azote récréatif n’est pas propre aux Pyrénées-Atlantiques. Dans les Hautes-Pyrénées voisines, une interdiction similaire a été instaurée depuis mai 2026 : début juin, 13 bouteilles ont été saisies sur les berges de l’Adour, selon NR Pyrénées et La Dépêche. Ce parallèle suggère une diffusion du phénomène à l’échelle de la chaîne pyrénéenne. D’autres préfets en France multiplient également les arrêtés ciblant les comportements récréatifs à risque dans l’espace public.
Un casse-tête logistique pour la DIRA
Au-delà de la sécurité routière, le phénomène crée une charge de travail supplémentaire pour les agents de la DIRA. Ramasser des bouteilles métalliques en bord de nationale n’est pas une opération anodine : cela mobilise du personnel et génère des déchets spécifiques à traiter. La DIRA et la Gendarmerie des Pyrénées-Atlantiques ont relayé des photos de ces ramassages via les réseaux sociaux, rendant le phénomène visible au grand public. La République des Pyrénées a publié début juin 2026 un reportage vidéo dédié à ce sujet.
L’interdiction préfectorale court jusqu’à la fin septembre 2026. La préfecture n’a pas encore précisé si elle envisageait de nouvelles mesures à l’issue de cet arrêté en cas de persistance du phénomène.
Sources
- La République des Pyrénées : « C'est arrivé l'an passé, d'un seul coup » : quand le fléau du protoxyde d'azote se répand sur la RN 134
- La République des Pyrénées : L'interdiction concernant le protoxyde d'azote prolongée jusqu'au 30 septembre dans les Pyrénées-Atlantiques
- Sécurité Routière (gouv.fr) : Protoxyde d'azote : danger extrême au volant !
- La Semaine des Pyrénées : Pyrénées-Atlantiques - Au bord de la RN134, des dizaines de bouteilles de protoxyde d'azote retrouvées
