Rodéo sauvage à Saint-Jean-de-Boiseau : Jules, 18 ans, se bat pour durcir la loi

Gravement blessé en janvier 2025 lors d'un rassemblement tuning, le jeune homme en fauteuil roulant réclame des sanctions plus lourdes.

Rodéo sauvage à Saint-Jean-de-Boiseau : Jules, 18 ans, se bat pour durcir la loi
Illustration Stéphane Joly / info.fr

Un rodéo urbain dans une zone industrielle de Saint-Jean-de-Boiseau a failli coûter la vie à Jules, alors âgé de 17 ans. Quinze mois plus tard, il témoigne depuis son fauteuil roulant pour changer la loi. La condamnation du conducteur, confirmée en appel en janvier 2026, n'a pas clos le débat.

C’est une zone industrielle du bord de Loire, à Saint-Jean-de-Boiseau, au sud-ouest de Nantes. Le 17 janvier 2025, un rassemblement tuning sauvage y tourne au drame. Un pick-up perd le contrôle lors d’un dérapage et percute sept spectateurs. Jules, 17 ans à l’époque, est touché à la colonne vertébrale. Il ressort de l’accident en fauteuil roulant, selon Ouest-France.

Une peine confirmée, une colère intacte

Le conducteur, un homme de 30 ans, est mis en examen pour blessures involontaires aggravées. Le 25 mars 2025, le tribunal le condamne à six mois de prison avec sursis, 500 euros d’amende et annulation du permis, selon ici.fr. Le 21 janvier 2026, la Cour d’appel de Rennes confirme la peine et interdit définitivement l’usage du véhicule impliqué, rapporte actu.fr.

Pour Jules, aujourd’hui 18 ans, la décision judiciaire ne suffit pas. Sur LCI le 17 mai 2025, il lâche : « Les règles de sécurité ne sont pas du tout respectées. » Le 1er septembre 2025, il revient sur France Bleu et décrit sa rééducation comme « une très grosse épreuve », tout en appelant à des sanctions législatives plus sévères contre les rodéos urbains.

Un contexte qui inquiète les autorités

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Le cas de Jules n’est pas isolé. En 2025, la police de Loire-Atlantique a conduit plus de 250 opérations anti-rodéos, aboutissant à 76 procédures judiciaires et une vingtaine de véhicules saisis, selon Ouest-France. La même année, 61 personnes ont perdu la vie sur les routes du département, soit une hausse de 22 % par rapport à 2024, toujours selon Ouest-France.

Les autorités accentuent la pression. Le 16 janvier 2026, le préfet de Loire-Atlantique a participé en personne à une opération coordonnée : 150 personnes et 55 véhicules contrôlés, 23 verbalisations, 3 interpellations, selon la préfecture. Depuis le début de l’année, sept opérations anti-rodéos ont déjà été menées dans le département, avec une intensification annoncée au printemps, d’après Le Figaro.

Un précédent qui marque la commune

L’accident de janvier 2025 avait suscité la réaction immédiate d’une élue locale, dont le coup de gueule avait été relayé par France Bleu. La zone industrielle concernée était alors identifiée comme un point de rassemblement régulier pour ce type d’événements non déclarés. Les raisons pour lesquelles ce lieu était connu des organisateurs n’ont pas été précisées par les autorités à ce stade.

Jules, lui, continue de témoigner. Son objectif déclaré : que son accident serve à quelque chose, et que la législation sur les rassemblements motorisés sauvages soit enfin renforcée. Les modalités d’un éventuel projet de loi n’ont pas encore été précisées au niveau national.

Sources

Stéphane Joly

Stéphane Joly

Installé à Nantes, couvre la métropole, les tensions sur les transports, le port et les débats sur l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Formé au CFJ, il a travaillé en agence avant de s'ancrer en Loire-Atlantique. Conviction : ne jamais dépendre des communiqués de la mairie, interroger les associations, les syndicalistes, les riverains avant de publier.

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