Rodez commémore les 82 ans de la rafle du 22 avril 1944 : « Plus jamais ça ! »

Une cérémonie sobre devant le collège Fabre a rendu hommage aux 38 Juifs arrêtés et déportés en 1944.

Rodez commémore les 82 ans de la rafle du 22 avril 1944 : « Plus jamais ça ! »
Illustration Claire Rouquier / info.fr

Le 22 avril 2026, Rodez a marqué le 82e anniversaire de la rafle du 22 avril 1944. Devant le collège Fabre, lieu symbolique des arrestations, élus, habitants et élèves ont participé à une cérémonie sobre organisée par l’Association pour la mémoire des déportés juifs de l’Aveyron.

38 noms lus, une minute de silence

La cérémonie s’est ouverte par la lecture des noms des 38 Juifs arrêtés à Rodez le 22 avril 1944, dont des enfants. Selon France 3 Occitanie, ces personnes ont été arrêtées par la Gestapo et la police de collaboration avant d’être déportées vers Auschwitz. Une minute de silence a suivi, accompagnée du dépôt d’une gerbe et du chant de La Marseillaise.

Parmi les participants, des élèves du collège Fabre, où plusieurs jeunes filles juives avaient été arrêtées en 1944. « Ce lieu rappelle que la déportation a touché des familles entières, y compris des enfants », a souligné l’Association pour la mémoire des déportés juifs de l’Aveyron (AMDJA), organisatrice de l’événement depuis sa création.

« Plus jamais ça ! » : un discours pour l’avenir

Publicité

François Blum, fils de Janine Blum - déportée lors de la rafle de 1944 et survivante d’Auschwitz - , a prononcé un discours poignant. « Plus jamais ça ! », a-t-il lancé, évoquant les plus de 1 500 actes antisémites recensés chaque année en France depuis 2022, selon Centre Presse Aveyron. La Ville de Rodez, représentée par ses élus, a réaffirmé son engagement dans la transmission de cette mémoire.

Un devoir de mémoire face à la disparition des témoins

En Aveyron, 391 Juifs ont été déportés entre 1942 et 1944, selon les recherches de l’historien Simon Massbaum, membre de l’AMDJA. Seuls 13 survivants étaient encore en vie en 2021, comme le rapporte François Destaing. « La transmission devient urgente alors que les derniers témoins disparaissent », explique-t-il.

Cette commémoration s’inscrit dans une série d’initiatives locales, comme celle des 80 ans de la rafle en 2024, où une centaine de personnes s’étaient réunies devant le même collège. À l’échelle nationale, la journée du 16 juillet marque la commémoration des crimes racistes et antisémites de l’État français, mais Rodez choisit de se concentrer sur sa date historique.

« Ces cérémonies permettent de rappeler que l’histoire locale fait partie de l’histoire nationale », a déclaré un représentant de la mairie, présent lors de l’hommage.

Sources

Claire Rouquier

Claire Rouquier

Correspondante à Rodez, elle traite l'élevage, le fromage Roquefort, les débats sur l'éolien sur l'Aubrac et la désertification médicale. Diplômée de l'IJBA Bordeaux, elle a grandi dans l'Aveyron et sillonne les cantons ruraux. Ligne de travail : vérifier chaque projet sur le cadastre, interroger les conseillers départementaux, donner la parole aux habitants avant de conclure.

Publicité
Lien copié !
× Infographie agrandie