Roissy-Picardie : 359 M€ de l’État pour relier Lille à Roissy d’ici 2028
Le chantier ferroviaire de 541 M€ atteint 90 % d'avancement pour une mise en service en décembre 2028
Le projet de liaison ferroviaire Roissy-Picardie franchit un cap. Avec 90 % du génie civil achevé en janvier 2026, les 6,5 km de voie nouvelle entre la ligne Paris-Creil-Amiens et la gare Roissy TGV avancent vers une mise en service en décembre 2028. Un investissement de 541 M€ qui renforce l'intermodalité dans les Hauts-de-France.
Le projet de liaison ferroviaire Roissy-Picardie franchit un cap. Avec 90 % du génie civil achevé en janvier 2026, les 6,5 km de voie nouvelle entre la ligne Paris-Creil-Amiens et la gare Roissy TGV avancent vers une mise en service en décembre 2028. Un investissement de 541 M€ qui renforce l’intermodalité dans les Hauts-de-France.
L’essentiel
- Coût total : 541 M€, dont 359 M€ financés par l’État (66,5 %) et 130 M€ par la Région Hauts-de-France (26 %)
- Avancement : génie civil à 90 % réalisé en janvier 2026, pose des équipements ferroviaires en cours
- Infrastructure : 6,5 km de voie nouvelle électrifiée reliant la ligne Paris-Creil-Amiens à la gare Roissy TGV
- Mise en service : prévue en décembre 2028, permettant à Amiens d’atteindre Roissy en 1 heure
- Trafic attendu : 4 millions de voyageurs annuels, dont 75 % pour des trajets quotidiens
Un chantier à mi-parcours, génie civil quasi bouclé
Lancés en janvier 2024, les travaux de la liaison Roissy-Picardie ont atteint 90 % d’avancement pour le génie civil en janvier 2026, selon Construction BTP. La pose de la voie ferrée et des équipements ferroviaires est désormais en cours. Prochaine étape concrète : la finalisation de la passerelle en gare de Survilliers-Fosses, prévue dans le courant de l’année 2026, puis la modification des systèmes de signalisation, selon SNCF Réseau.
Les perturbations du chantier se ressentent ponctuellement au-delà des voies. Mi-avril 2026, l’autoroute A1 a été fermée plusieurs nuits dans l’Oise pour permettre des travaux liés au barreau, selon Oise Hebdo.
Un financement à trois étages
Le budget total s’établit à 541 M€. L’État en assume 359 M€, soit 66,5 % du total, selon la préfecture du Nord et la Région Hauts-de-France. La Région contribue à hauteur de 130 M€ - environ 26 % - une subvention votée lors d’une séance plénière en mars 2024, rapporte France 3 Régions. Le solde est couvert par l’Union européenne et onze collectivités locales.
Ce montage financier public marque l’importance stratégique accordée au projet. Bercy suit de près les grands investissements d’infrastructure, dans un contexte de pression sur les finances publiques nationales.
Ce que change la ligne pour les voyageurs du Nord
À la mise en service, la liaison offrira des connexions directes entre les Hauts-de-France et l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, sans correspondance à Paris. Amiens sera à 1 heure de Roissy TGV. Des TGV directs vers Lyon, Marseille et Strasbourg deviennent possibles depuis le nord de la région.
Pour Lille, l’enjeu est celui de l’intermodalité fer-air. La métropole dispose déjà d’une gare TGV connectée à l’Europe, mais les liaisons vers Roissy passent actuellement par Paris. La nouvelle voie offre une alternative directe, renforçant l’accessibilité depuis l’ensemble du réseau nord.
SNCF Réseau table sur 4 millions de voyageurs annuels à terme, dont 75 % pour des trajets du quotidien - navetteurs, non pas seuls touristes.
Contexte dans le Nord
Le département du Nord est le plus peuplé de France avec près de 2,6 millions d’habitants. La métropole lilloise concentre à elle seule plus d’un million de personnes et constitue le troisième pôle économique français. L’accès à Roissy - principal hub aérien national - est un enjeu de compétitivité directe pour les entreprises du territoire.
Le projet s’inscrit dans une logique de rééquilibrage des mobilités régionales. Les Hauts-de-France figurent parmi les régions les plus dépendantes de la voiture individuelle pour les déplacements domicile-travail. Une meilleure connexion ferroviaire à Roissy vise aussi à réduire les émissions de CO2 par report modal, selon la Région Hauts-de-France et SNCF Réseau.
Le séminaire préfectoral tenu à Liévin début mai 2026 a rappelé l’engagement de l’État sur les grands chantiers structurants du territoire régional.
Un projet né en 2010, déclaré d’utilité publique en 2022
L’idée d’un barreau ferroviaire reliant la Picardie à Roissy remonte à un débat public organisé en 2010. Une concertation s’est déroulée de 2011 à 2014. L’enquête d’utilité publique a eu lieu en 2021, suivie d’un arrêté de déclaration d’utilité publique (DUP) en janvier 2022, selon SNCF Réseau et Wikipédia. Soit douze ans entre la conception et le premier coup de pelle.
Une seconde phase du projet - incluant notamment un écopont en forêt de Chantilly - est évoquée par SNCF Réseau, sans calendrier arrêté à ce stade.
La pose des équipements ferroviaires et la modification des systèmes de signalisation occuperont le second semestre 2026, avant les essais techniques qui précéderont la mise en service commerciale prévue en décembre 2028.
Sources
- SNCF Réseau : Liaison ferroviaire Roissy-Picardie
- Région Hauts-de-France : Nouvelle ligne ferroviaire Roissy-Picardie : un atout majeur pour la région
- Construction BTP : Liaison ferroviaire Roissy-Picardie : le chantier est à mi-parcours
- France 3 Régions : La région Hauts-de-France octroie 130 millions d'euros supplémentaires pour le barreau Roissy-Picardie