Romane Ménager tire sa révérence après neuf commotions cérébrales
La troisième ligne du XV de France féminin tire sa révérence après une neuvième commotion au Tournoi des Six Nations
À 29 ans, la troisième ligne du XV de France féminin met fin à sa carrière internationale. Neuf commotions cérébrales en dix ans ont eu raison de sa passion. Elle rejoint sa sœur jumelle Marine, partie un an plus tôt.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Santé des joueuses : un tabou qui se brise
Neuf commotions cérébrales en dix ans de carrière internationale. Le cas Romane Ménager, comme celui de Paul Willemse chez les hommes, expose l'invisibilité du traumatisme crânien et la pression sur les instances pour durcir les protocoles.
L'effet domino après la retraite de Marine
Un an après le retrait de sa sœur jumelle Marine, co-capitaine des Bleues, Romane quitte à son tour. La fin d'une époque pour le rugby français, qui perd deux cadres majeures en douze mois.
Le précédent de Tokyo 2021
Déjà en mai 2021, Romane Ménager avait dû renoncer aux Jeux Olympiques après trois commotions en un an. La récidive montre que le problème ne se résout pas seul et que le compteur des chocs ne s'efface jamais vraiment.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
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7 nov. 2015
Première cape
Romane Ménager dispute son premier match avec le XV de France féminin à 19 ans
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2016
Premier titre national
Championne de France avec le LMRCV, premier sacre en club
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2018
Grand Chelem historique
Avec sa sœur Marine, elle remporte le Grand Chelem au Tournoi des Six Nations
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2018-2019
Titre avec Montpellier
Deuxième championnat de France, cette fois sous les couleurs du MHR
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Mai 2021
Forfait JO Tokyo
Troisième commotion en un an, elle doit renoncer aux Jeux Olympiques
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Nov. 2024
Neuvième commotion
Nouveau choc cérébral nécessitant quatre mois de récupération
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Juin 2025
Pas de Mondial
Six mois d'arrêt supplémentaires, elle renonce à la Coupe du monde
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Juil. 2026
Retraite définitive
À 29 ans, elle annonce mettre fin à sa carrière internationale
Le maillot est plié dans l’armoire. Romane Ménager ne le remettra pas. À 29 ans - la troisième ligne du Montpellier Hérault Rugby et du XV de France féminin tire sa révérence. Neuf commotions cérébrales. Pas de Coupe du monde 2025. Pas de retour non plus.
« Ma santé passe avant tout, surtout quand il s’agit de la tête » - avait-elle déclaré en mai 2025 quand elle a dû renoncer au Mondial. Six mois de pause prescrits. Elle ne reviendra jamais. La décision tombe un an jour pour jour après la retraite de sa sœur jumelle Marine - qui avait raccroché après la Coupe du monde.
14 essais, deux titres de championne
Romane Ménager laisse un palmarès qui en dit long. 14 essais - deux titres de championne de France, avec le LMRCV en 2016, puis Montpellier en 2018-2019. Et ce Grand Chelem 2018 conquis aux côtés de Marine. Elle était reconnue pour sa puissance dévastatrice et sa capacité à franchir les lignes défensives.
Sa première cape remonte au 7 novembre 2015. Elle en a 29 aujourd’hui. Dix ans de carrière internationale. Neuf commotions.
Le compteur des chocs: neuf commotions en dix ans
Les trois premières commotions surviennent avant mai 2021 - lorsqu’elle doit renoncer aux Jeux Olympiques de Tokyo après sa troisième commotion en un an. Elle reprend. Le diagnostic médical était clair, avait-elle confié: plus de temps pour récupérer. Elle ne reprendra jamais.
« Ce qui est compliqué dans les commotions, ce n’est pas quelque chose de palpable. On n’a pas d’imagerie pour quantifier la blessure » - avait-elle expliqué. Consciente que son corps était rétabli, elle insistait: « C’est ma tête qui a besoin de repos ».
Un tabou qui se brise: l’invisibilité du traumatisme crânien
Le cas Romane Ménager expose la difficulté à diagnostiquer les commotions cérébrales. « Ce qui est compliqué dans les commotions, ce n’est pas quelque chose de palpable. On n’a pas d’imagerie pour quantifier la blessure » - expliquait-elle. Contrairement à une fracture ou une déchirure musculaire, le traumatisme crânien reste invisible. Aucun scanner ne montre le degré d’atteinte. Aucun protocole ne garantit un seuil de sécurité.
Cette invisibilité nourrit une culture du silence. On se souvient de Steve Thompson, champion du monde 2003 avec l’Angleterre, qui a révélé ne plus se souvenir de la finale après des années de chocs répétés. En France, le cas de Paul Willemse fait écho à celui de Romane Ménager: même blessure invisible, même dilemme. « Je veux que la vie après le rugby soit sympa » - avait-elle confié en 2025. Elle a choisi la vie.
Un vide technique et tactique pour les Bleues
Romane Ménager laisse un trou béant en troisième ligne. Sa puissance dans les percées et sa capacité à casser les lignes défensives faisaient d’elle un pilier offensif incontournable. Elle était reconnue mondialement pour son impact physique.
Le jeu de ligne des Bleues reposait en partie sur sa présence. Dans les phases de conquête, elle créait des brèches que ses coéquipières exploitaient. Son absence se fera sentir dans les tournois à venir, où la troisième ligne tricolore devra compenser un déficit technique et physique colossal.
L’effet domino: deux jumelles, deux retraites en un an
La décision de Romane Ménager tombe un an jour pour jour après la retraite de sa sœur jumelle Marine - qui avait raccroché après la Coupe du monde 2025. Ensemble, elles avaient conquis le Grand Chelem 2018. Ensemble, elles formaient l’ossature du XV de France féminin.
Leur double départ en douze mois prive les Bleues de deux cadres majeures. Marine apportait le leadership, Romane la puissance. Le staff français doit désormais reconstruire une charnière sans les deux sœurs qui incarnaient une génération dorée du rugby féminin français.
Le précédent de 2021: un compteur qui ne s’efface jamais
Romane Ménager avait déjà frôlé le point de rupture. En mai 2021 - elle avait dû déclarer forfait pour les Jeux Olympiques de Tokyo après sa troisième commotion en un an. Trois commotions en douze mois. Elle avait repris.
La médecine a tranché: après neuf commotions, aucune reprise n’est envisageable sans risque majeur pour sa santé future.
Une saison Six Nations marquée par la puissance française
Le Tournoi des Six Nations 2026, qu’elle n’a pas disputé, a vu les Bleues enchaîner les victoires avant de se heurter à plus fort. Pays de Galles balayé 54-12 - Italie dominée 33-8. Puis la défaite en Écosse, 50-40 - avant un match haletant contre l’Angleterre, remporté 48-46. Cet été, tournée difficile: défaite 34-32 contre la Nouvelle-Zélande - victoire 42-26 face à l’Australie. Romane Ménager n’était plus là pour porter le maillot.
La décision a été prise « en commun accord avec les différents staffs médicaux et plusieurs neurologues ». Christophe Reigt, responsable du rugby féminin - était impliqué dans les discussions. Le rugby continue. Elle, elle s’arrête. À 29 ans - c’est tôt. C’est aussi à temps.