Romane Ménager met fin à sa carrière à 29 ans après neuf commotions cérébrales
La troisième ligne du XV de France et de Montpellier tire sa révérence après 22 ans de pratique et 68 sélections
La troisième ligne du XV de France et de Montpellier annonce sa retraite sportive le 15 juillet 2026. Neuf commotions en dix ans de carrière internationale ont eu raison de son corps.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Santé des joueuses
Neuf commotions en dix ans posent la question de la protection des athlètes face aux chocs répétés. Les protocoles médicaux imposent désormais des arrêts de carrière.
Carrières écourtées
À 29 ans, Romane Ménager rejoint la liste des rugbymen et rugbywomen contraints de raccrocher précocement. Vahaamahina, Vakatawa, Atonio : le rugby moderne use les corps plus vite.
Après-carrière incertaine
Aucun projet annoncé. Romane Ménager évoque des « pages à écrire » sans préciser lesquelles. La reconversion des joueuses reste un angle mort du rugby féminin.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
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2016
Premier titre majeur
Tournoi des Six Nations remporté avec les Bleues, titre de championne de France avec Lille
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2018
Grand Chelem
Deuxième Tournoi des Six Nations, cette fois avec le Grand Chelem
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2019
Championne avec Montpellier
Titre de championne de France avec le MHR
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Mai 2021
Forfait JO Tokyo
Trois commotions en un an, renonciation aux Jeux Olympiques
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2025
Choc face à l'Italie
Tournoi des Six Nations : traumatisme crânien violent, six mois d'arrêt, forfait Coupe du Monde
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15 juil. 2026
Fin de carrière
Annonce officielle de la retraite sportive à 29 ans après neuf commotions
Le 15 juillet 2026 - Romane Ménager publie un message sur Instagram. Deux phrases suffisent: « Il est temps d’écouter mon corps ». La troisième ligne du XV de France féminin et de Montpellier met fin à sa carrière à 29 ans.
Neuf commotions cérébrales en dix ans de carrière internationale. Le décompte est glaçant. Romane Ménager totalise 68 sélections avec les Bleues - deux titres au Tournoi des Six Nations - dont un en 2016 et un Grand Chelem en 2018 -, deux Coupes du Monde disputées en 2017 et 2022. Championne de France avec Lille en 2016 - puis avec Montpellier en 2019. Vingt-deux ans de pratique.
Le tournant: un choc violent à la tête lors du Tournoi des Six Nations 2025 face à l’Italie. Six mois d’arrêt. Forfait pour la Coupe du Monde en Angleterre. Avant ça, déjà, mai 2021: trois commotions en un an - renonciation aux Jeux Olympiques de Tokyo.
Sur Instagram, elle écrit: « Après deux saisons à tout mettre en œuvre pour retrouver les terrains dans les meilleures conditions possibles - je dois aujourd’hui me rendre à l’évidence. À la suite de difficultés à récupérer après plusieurs commotions - et après de nombreux échanges avec le corps médical, nous avons pris la décision de mettre un terme à mon parcours de joueuse afin de préserver ma santé. »
Ce que les chiffres racontent
Neuf commotions en dix ans, c’est quasi une par saison. Trois en un an avant Tokyo 2021. Six mois d’arrêt après l’Italie en 2025. Deux saisons à tenter de revenir. Le protocole médical de la FFR a fini par trancher: le risque était trop grand.
Romane Ménager n’est pas seule. Sébastien Vahaamahina - a raccroché à 31 ans après une dixième commotion en six ans. Virimi Vakatawa, international français - a dû arrêter en France en septembre 2022 à 30 ans pour une malformation cardiaque. Uini Atonio, pilier droit du XV de France - a mis fin à sa carrière en janvier 2026 à 35 ans après un accident cardiaque.
Le rugby moderne broie les corps plus vite. Les carrières s’arrêtent plus tôt. Les commotions à répétition ne pardonnent pas. La médecine du sport impose des limites que les joueurs, eux, n’auraient jamais fixées.
Un vide difficile à combler pour les Bleues
Le départ de Romane Ménager prive le XV de France d’une cadre expérimentée. Soixante-huit sélections, deux Tournois remportés, deux Coupes du Monde: le leadership qu’elle incarnait en troisième ligne ne se remplace pas du jour au lendemain.
Après le rugby, l’inconnu
Romane Ménager n’a pas détaillé ses projets. Elle écrit: « L’histoire, elle, est loin d’être terminée. Les plus belles pages restent encore à écrire ». Pas de reconversion annoncée. Pas de poste dans un staff. Juste cette certitude: ce n’est pas fini.
La question de l’après-carrière reste un angle mort pour nombre de joueuses. La Fédération française de rugby propose des dispositifs d’accompagnement - bilans de compétences, formations, mise en réseau -, mais la visibilité des reconversions réussies demeure faible dans le rugby féminin. À 29 ans, Romane Ménager devra construire une nouvelle vie professionnelle sans le cadre qui a structuré son quotidien pendant vingt-deux ans.
