Rouen : la sous-préfète préside la cérémonie du 10 mai pour les victimes de l’esclavage
Julia Capel-Dunn a conduit l'hommage officiel au pied du Gros-Horloge dans le cadre de la journée nationale des mémoires de la traite et de ses abolitions.
Ce dimanche 10 mai 2026, la sous-préfète Julia Capel-Dunn a présidé à Rouen la cérémonie commémorative nationale dédiée aux victimes de l'esclavage colonial et à leurs résistants. La ville, dont les marchands ont financé près de 400 expéditions négrières entre 1679 et 1791, inscrit cette journée dans un programme plus large de deux jours.
L’essentiel
- Cérémonie officielle : présidée par Julia Capel-Dunn, sous-préfète et directrice de cabinet du préfet, au pied du Gros-Horloge à Rouen le 10 mai 2026 à 15h.
- Journée nationale : journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, instituée par la loi Taubira de 2001.
- Rôle historique de Rouen : près de 400 expéditions négrières financées par les marchands rouennais entre 1679 et 1791, selon les sources historiques disponibles.
- Programme étendu : balade musicale « Mémoire & Héritage » et pose de plaque le 11 mai, rue Robert Schuman, à proximité de l’ancienne caserne Martainville.
- Contexte territorial : Rouen compte 116 331 habitants selon le recensement INSEE au 1er janvier 2026.
Une cérémonie au cœur de la ville
La cérémonie s’est tenue à 15h au pied du Gros-Horloge, l’un des symboles du centre historique de Rouen. Autorités et public s’y sont rassemblés autour des valeurs républicaines, selon la préfecture de Seine-Maritime. La sous-préfète Julia Capel-Dunn, directrice de cabinet du préfet de la région Normandie depuis septembre 2025, représentait l’État.
Nommée par décret du 26 août 2025, Julia Capel-Dunn a pris ses fonctions après une carrière dans l’administration d’État. Originaire de Dijon, elle a été officialisée dans son rôle par la préfecture de la région Normandie, comme l’a rapporté actu.fr à l’époque de sa nomination.
Un programme de deux jours
La journée du 10 mai ne se limitait pas à la cérémonie officielle. Le lendemain, lundi 11 mai, une balade musicale intitulée « Mémoire & Héritage » était consacrée aux personnalités issues de l’esclavage liées à Rouen, au premier rang desquelles Louis Delgrès. Conçue par Aurélie Daniel, des Balades Rouennaises, en partenariat avec l’artiste Philippe Gouyer-Montout, dit Philo, elle accompagnait la pose d’une plaque commémorative rendant hommage à Louis Delgrès, figure de la résistance à l’esclavage en Guadeloupe en 1802. Installée rue Robert Schuman, à proximité de l’ancienne caserne Martainville où Louis Delgrès a exercé, cette plaque a été posée à l’initiative d’Aurélie Daniel, qui l’a proposée à la Ville de Rouen dans le cadre des actions mémorielles qu’elle mène régulièrement avec la municipalité.
Des commémorations similaires avaient déjà eu lieu en 2025, avec une balade commentée et une cérémonie sur les quais de Seine, soulignant la continuité de l’engagement local sur cette mémoire, selon le site memoire-esclavage.org. Une hommage similaire s’est tenu ce même dimanche à Grenoble, présidé par le sous-préfet Mahamadou Diarra, illustrant la portée nationale de la journée.
Contexte dans la Seine-Maritime
Rouen (116 331 habitants au 1er janvier 2026, selon l’INSEE) n’était pas un port négrier direct, à la différence de Nantes, La Rochelle ou Bordeaux. Mais la ville a joué un rôle financier déterminant dans la traite atlantique. Selon les sources historiques, ses marchands ont financé près de 400 expéditions négrières entre 1679 et 1791. En 1716, Rouen fut autorisée à pratiquer librement le commerce avec les Antilles, devenant un centre d’entrepôt pour la traite via la Basse-Seine, rappelle Wikipedia dans son article consacré à la traite atlantique en Normandie.
Ce passé a donné lieu ces dernières années à un travail de mémoire institutionnel croissant. En février 2026, le site memoiresetpartages.com signalait le lancement de la première visite guidée sur les traces de l’esclavage à Rouen, intitulée « Rouen, cœur financier de la traite des Noirs en Normandie ». Les initiatives mémorielles de mai 2026 prolongent ce travail.
La Seine-Maritime, territoire de 1,26 million d’habitants, abrite dans sa préfecture une mémoire coloniale complexe, peu visible dans l’espace public jusqu’à une période récente. Les commémorations annuelles du 10 mai constituent l’un des rares moments où cette histoire est portée officiellement par l’État local. La journée nationale est instituée par la loi du 21 mai 2001, dite loi Taubira, qui reconnaît la traite et l’esclavage comme crimes contre l’humanité.
Un devoir de mémoire ancré dans la durée
La tenue régulière de ces cérémonies à Rouen, avec chaque année une représentation de l’État au premier rang, traduit une volonté de continuité institutionnelle sur le sujet. Le format 2026, combinant balade musicale, cérémonie officielle et pose de plaque, élargit le public potentiellement touché au-delà du seul cercle des associations mémorielles.
La pose de plaque du 11 mai, rue Robert Schuman, a constitué la dernière étape du programme commémoratif 2026 à Rouen.
Sources
- Préfecture de Seine-Maritime (@Prefet76) : Tweet officiel de la préfecture de Seine-Maritime sur la cérémonie du 10 mai 2026
- actu.fr : Préfecture de la Seine-Maritime : Julia Capel-Dunn est la nouvelle directrice de cabinet du préfet
- Visiter Rouen : Journée de commémoration des victimes de l'esclavage — Esclavage : le rôle de Rouen dans la traite atlantique
- Ville de Rouen : Balade commentée « Mémoire & Héritage » suivie de la pose de plaque Louis Delgrès