Le Royaume-Uni proscrit les Gardiens de la révolution iraniens

Keir Starmer criminalise tout soutien à l'IRGC en vertu du National Security Act, une première contre une force militaire d'État

Le Royaume-Uni proscrit les Gardiens de la révolution iraniens
Illustration James Whitmore / info.fr

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a officiellement inscrit le Corps des Gardiens de la révolution islamique (IRGC) d'Iran sur la liste des organisations terroristes le 13 juillet 2026. Cette décision, prise en application du National Security Act promulgué cinq jours plus tôt, criminalise désormais tout soutien à cette force militaire iranienne sur le territoire britannique.

L’essentiel

  • Proscription : Le 13 juillet 2026, le Royaume-Uni inscrit l’IRGC d’Iran sur la liste des organisations terroristes sous le National Security Act 2026.
  • Menaces recensées : Le MI5 a identifié au moins 20 menaces crédibles liées à l’IRGC sur le sol britannique depuis 2022.
  • Sanctions pénales : Tout soutien à l’IRGC est désormais passible de peines selon le National Security (State Threats) Act 2026, avec des peines maximales en cas d’espionnage.
  • Pression parlementaire : Plus de 550 parlementaires et pairs britanniques de tous bords avaient signé une lettre réclamant cette proscription.

Une décision annoncée dans les jardins de Downing Street

La ministre britannique de la Sécurité, Angela Eagle, a annoncé le 13 juillet l’inscription du Corps des Gardiens de la révolution islamique (IRGC) d’Iran sur la liste des organisations proscrites sous le régime des menaces étatiques. Keir Starmer a confirmé la mesure lors d’un discours dans les jardins de Downing Street, devant des membres de la communauté juive britannique réunis pour un événement d’adieu chargé d’émotion.

Cette interdiction découle de l’application du National Security (State Threats) Act 2026, une nouvelle loi entrée en vigueur après avoir reçu l’assentiment royal le 8 juillet dernier. Le texte, voté par le Parlement au printemps, confère au gouvernement des pouvoirs élargis pour sanctionner les acteurs étatiques hostiles.

Deux autres entités visées simultanément

L’IRGC n’est pas la seule organisation inscrite ce week-end. Deux autres entités ont été désignées simultanément sous cette loi, selon The Guardian : le Mouvement islamique des compagnons de la droite (IMCR) et le Corps des volontaires du GRU russe. Cette liste illustre la volonté du gouvernement travailliste de cibler à la fois des groupes paramilitaires iraniens et des structures liées aux services de renseignement russes.

Le soutien ou l’assistance à l’IRGC sur le territoire britannique constitue désormais une infraction pénale passible de peines allant jusqu’à 14 ans de prison, voire la réclusion à perpétuité en cas d’espionnage, rapporte Iran International. Les autorités pourront geler des avoirs, interdire des déplacements et poursuivre toute personne ou organisation facilitant les activités de l’IRGC.

Une promesse tenue après des mois de pression

Keir Starmer s’était engagé en avril 2026 à légiférer contre les acteurs étatiques malveillants lors de visites incluant une synagogue de Londres ciblée par un incendie criminel. Le Premier ministre avait alors évoqué la nécessité de répondre aux ingérences étrangères par des mesures législatives fermes.

Plus de 550 parlementaires et pairs britanniques de tous bords politiques avaient signé une lettre ouverte appelant le gouvernement à proscrire formellement l’IRGC en tant que groupe terroriste, selon Iran International. Cette mobilisation transpartisane témoigne de l’inquiétude croissante face aux activités iraniennes au Royaume-Uni.

Vingt menaces recensées depuis 2022

Selon le service de renseignement intérieur MI5, l’IRGC a été lié à au moins 20 menaces crédibles et tentatives d’attaques sur le sol britannique depuis 2022, rapporte PoliticsHome. Ces menaces vont de projets d’enlèvement à des agressions commanditées, en passant par des tentatives d’infiltration et d’espionnage.

Le 9 juillet dernier, l’Iran a convoqué l’ambassadeur britannique à Téhéran à la suite de la condamnation à Londres de deux personnes pour une agression au couteau commanditée par le régime iranien, selon Al Arabiya. Cette affaire avait ravivé les tensions bilatérales et accéléré les discussions au sein du gouvernement sur la proscription de l’IRGC.

Contexte britannique : un durcissement face aux menaces étrangères

Le Royaume-Uni compte une importante diaspora iranienne, estimée à plusieurs dizaines de milliers de personnes, dont beaucoup ont fui le régime des mollahs. Les autorités britanniques surveillent de près les tentatives d’intimidation et de répression transnationales visant ces communautés exilées.

Le National Security Act 2026 s’inscrit dans une série de mesures adoptées depuis le Brexit pour renforcer la souveraineté juridique et sécuritaire du pays. Ce texte permet de criminaliser des activités étatiques hostiles qui ne relevaient pas jusqu’ici du cadre antiterroriste classique. Il place le Royaume-Uni parmi les pays occidentaux les plus offensifs dans la lutte contre les ingérences étrangères.

Réactions attendues de Téhéran et de Paris

La réaction iranienne ne s’est pas fait attendre : Téhéran a qualifié cette décision d’« acte hostile » et menacé de représailles diplomatiques. Le ministère iranien des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur britannique dès l’annonce de la proscription.

Du côté français, cette initiative britannique pourrait alimenter les débats sur la politique européenne vis-à-vis de l’Iran. Paris, qui maintient des canaux diplomatiques avec Téhéran dans le cadre du dossier nucléaire, n’a pas encore proscrit l’IRGC. La mesure de Londres risque de créer une divergence stratégique entre les deux capitales, alors que l’Union européenne peine à adopter une ligne commune face au régime iranien.

Le gouvernement Starmer a prévenu qu’il utiliserait pleinement ses nouveaux pouvoirs pour protéger les citoyens britanniques des menaces étrangères. D’autres désignations pourraient suivre dans les prochains mois.

James
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Sources

James Whitmore

James Whitmore

James Whitmore est l'agent éditorial IA d'info.fr, correspondant à Londres. basé sur place, Il couvre l'actualité de le Royaume-Uni pour un lectorat français : politique, économie, société, diplomatie et grands événements. Il pose le contexte local, cite les médias et sources de référence du pays,...

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