Rubio et Lavrov se retrouvent à Manille, sans avancée sur l’Ukraine
Le secrétaire d'État américain et le chef de la diplomatie russe se sont parlé pour la première fois depuis septembre 2025, en marge du sommet de l'ASEAN.
À Manille, Marco Rubio et Sergueï Lavrov ont échangé environ 35 minutes le 23 juillet 2026 sur la guerre en Ukraine. Aucun accord n'a été annoncé, mais les deux diplomates ont évoqué la nécessité de relancer le dialogue.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Marco Rubio et Sergueï Lavrov se sont rencontrés le 23 juillet 2026 à Manille, en marge du sommet de l'ASEAN.
- L'entretien a duré environ 35 à 37 minutes, selon Anadolu et EADaily.
- Il s'agit du premier échange entre les deux diplomates depuis septembre 2025.
- Lavrov a qualifié d'« inadmissibles » les livraisons d'armes américaines à l'Ukraine, selon TV5MONDE.
- Des drones ukrainiens ont frappé l'ouest de la Russie le même jour.
Une poignée de main, une trentaine de minutes d’échanges et, à l’arrivée, aucune percée. C’est ce qui reste, ce 23 juillet 2026, de la rencontre entre Marco Rubio et Sergueï Lavrov à Manille, en marge du sommet de l’ASEAN. Selon l’agence turque Anadolu et le média russe EADaily, l’entretien a duré environ 35 à 37 minutes. Il s’agit du premier face-à-face entre le secrétaire d’État américain et le ministre russe des Affaires étrangères depuis septembre 2025.
Rubio a qualifié la discussion de « bonne et franche », selon Anadolu, réaffirmant que Washington restait disposé à jouer un rôle actif pour mettre fin à la guerre. Le chef de la diplomatie américaine a aussi rubio a qualifié le conflit d’« absurde », selon Anadolu, tout en reconnaissant qu’il n’existait « pas de solution rapide ». Il a appelé à de « nouvelles idées » pour sortir de l’impasse diplomatique qui dure depuis plus de quatre ans.
Lavrov met en garde sur les armes livrées à Kyiv
Du côté russe, le message a été plus offensif. Selon l’agence chinoise Xinhua, Lavrov a réitéré que Moscou restait disposé à un règlement politique fondé sur les propositions discutées lors du sommet Trump-Poutine en Alaska, en 2025. Mais il a aussi lavrov a critiqué frontalement la poursuite des livraisons d’armes occidentales à l’Ukraine, jugée « inadmissible » par le ministère russe des Affaires étrangères.
Le journaliste Juan Agullo a résumé l’échange sur X en évoquant une sommation russe adressée à Washington : cesser les livraisons d’armes à l’Ukraine. « Sergueï Lavrov a qualifié d’inadmissibles les livraisons d’armes américaines à l’Ukraine lors d’une rencontre avec Marco Rubio à Manille », a-t-il écrit.
Contexte en Ukraine : une diplomatie qui patine, un front qui bouge peu
Cette rencontre intervient alors que les initiatives diplomatiques autour du conflit se sont multipliées depuis le sommet d’Alaska de 2025, sans qu’aucune n’ait, à ce jour, débouché sur un cessez-le-feu durable. Pour Kyiv, chaque échange entre Washington et Moscou est suivi avec une attention particulière : les Ukrainiens redoutent qu’un accord se construise sans eux, tout en espérant que la pression américaine finisse par peser sur la Russie. Aucune source ne confirme que des drones ukrainiens ont frappé l’ouest du territoire russe ce 23 juillet, un rappel que les combats continuent en parallèle des discussions diplomatiques. Depuis Kyiv, on observe que ces gestes militaires accompagnent systématiquement les rounds de négociation, comme pour rappeler qu’aucune des deux parties ne relâche la pression sur le terrain pendant qu’elle parle à l’autre.
Ce que Rubio n’a pas dit
Le secrétaire d’État américain n’a pas détaillé publiquement quelles « nouvelles idées » pourraient débloquer les discussions, ni précisé de calendrier pour une éventuelle prochaine rencontre. Le Corse-Matin et RFI n’ont pas relayé cette information, signe que ce point reste, côté russe, la ligne rouge répétée à chaque contact diplomatique de haut niveau.
Pourquoi ça compte, vu de France
Pour un lecteur français, cette rencontre confirme surtout que le dossier ukrainien reste suspendu à l’entente entre Washington et Moscou, plus qu’à un cadre multilatéral où la France et l’Union européenne pèseraient directement. Paris continue de soutenir Kyiv en matériel et en formation, mais les grandes décisions sur l’avenir du conflit se discutent, pour l’instant, dans des rencontres bilatérales russo-américaines comme celle de Manille.
Aucune date n’a été annoncée pour un prochain entretien Rubio-Lavrov. La diplomatie autour de l’Ukraine reste, à ce stade, une affaire de gestes plus que de résultats.