Rugby féminin : Pauline Bourdon-Sansus, star des Bleues, contrainte de travailler à côté pour vivre

Demi de mêlée du Stade Toulousain et de l'équipe de France, Pauline Bourdon-Sansus incarne les disparités salariales criantes du rugby féminin, où les joueuses gagnent à peine plus que le SMIC et doivent cumuler un emploi à temps partiel.

Rugby féminin : Pauline Bourdon-Sansus, star des Bleues, contrainte de travailler à côté pour vivre
Illustration Lucie Courtin / info.fr

À 28 ans, Pauline Bourdon-Sansus porte le numéro 9 au Stade Toulousain et en équipe de France. Mais contrairement à Antoine Dupont, star masculine du même club, elle doit travailler deux jours par semaine pour subvenir à ses besoins. Un fossé salarial qui illustre les inégalités structurelles du rugby professionnel hexagonal.

L’essentiel

  • Pauline Bourdon-Sansus, demi de mêlée internationale (France, Stade Toulousain), travaille 2 jours par semaine faute de revenus sportifs suffisants.
  • Écart abyssal : les joueuses de l’Élite 1 gagnent à peine plus que le SMIC, tandis que des stars masculines comme Antoine Dupont perçoivent des droits à l’image très élevés.
  • Annick Hayraud, ancienne entraîneure des Bleues, a dénoncé en septembre 2025 des remboursements de transport moins élevés pour les femmes.
  • Budget cible : 2 millions d’euros par club pour l’Élite 1 féminine d’ici 2025-2026, contre des dizaines de millions dans le Top 14.
  • Un accord FFR-LNR-Canal+ signé en octobre 2024 vise à améliorer la visibilité et le financement, mais les progrès restent insuffisants.

Le rugby féminin français est en pleine professionnalisation, mais le chemin est encore long. Pauline Bourdon-Sansus, demi de mêlée du Stade Toulousain et de l’équipe de France, en est l’incarnation la plus visible. Comme l’a récemment rappelé l’expert @GrandSachoir, la joueuse de 28 ans porte le numéro 9 voire le 10 au sein des deux formations, mais elle doit exercer une activité professionnelle deux jours par semaine pour boucler ses fins de mois. Une réalité qui contraste violemment avec celle d’Antoine Dupont, son homologue masculin au Stade Toulousain, dont les contrats de droit à l’image lui assurent une aisance financière sans commune mesure.

« Un peu plus que le SMIC » : le quotidien des joueuses d’Élite 1

Les témoignages de joueuses de rugby professionnel se multiplient depuis 2025 pour dénoncer des rémunérations indigentes. Selon un article d’Actu.fr paru en août 2025, plusieurs joueuses de l’Élite 1 ont confié que leur premier contrat professionnel leur rapportait « un peu plus que le SMIC ». Une somme très insuffisante pour vivre de son sport, surtout quand on doit se déplacer régulièrement entre le club et le Centre national du rugby à Marcoussis.

La situation est telle que des joueuses de la Coupe du monde féminine 2025 (disputée en Angleterre) ont dû lancer des cagnottes participatives pour financer leur propre participation. Un scandale silencieux qu’Annick Hayraud, ancienne entraîneure du XV de France féminin, a mis en lumière en septembre 2025. Interviewée par Actu.fr, elle a dénoncé des inégalités « criantes » allant jusqu’à des remboursements de transport moins élevés pour les joueuses certaines années par rapport aux hommes. « Une joueuse ne va pas traverser la France pour 500 euros », résumait une joueuse dans les colonnes de FranceInfo le 25 avril 2026.

Un accord historique, mais des écarts persistants

Face à ce constat, un accord tripartite entre la FFR, la LNR et Canal+ a été signé en octobre 2024. Objectif affiché : augmenter la visibilité médiatique et les budgets alloués au championnat féminin. Le budget cible pour chaque club d’Élite 1 est désormais fixé à 2 millions d’euros à l’horizon 2025-2026, comme le rapporte RugbyRama en septembre 2025. Un progrès indéniable, mais qui reste modeste comparé aux budgets des clubs du Top 14, qui dépassent souvent les 20 millions d’euros annuels.

L’accord collectif signé en 2024-2025 par la FFR fixe également un cadre pour les conditions de travail et la rémunération minimale des joueuses professionnelles. Néanmoins, la presse française - à l’image de L’Internaute en août 2025 - qualifie toujours l’écart salarial entre hommes et femmes d’« abyssal ». Les joueuses de rugby sont loin d’être les seules dans ce cas, mais leur sport est l’un des plus médiatisés.

Contexte dans la Haute-Garonne : le Stade Toulousain, vitrine des inégalités

En Haute-Garonne, le Stade Toulousain est le club emblématique du rugby français, aussi bien masculin que féminin. L’équipe féminine, qui évolue en Élite 1, bénéficie de l’aura du club rouge et noir. Pourtant, les joueuses restent confrontées à des difficultés financières bien éloignées de celles de leurs homologues masculins. Le département, qui compte près de 1,4 million d’habitants et une forte tradition rugbystique, est le théâtre de ce paradoxe : d’un côté, des stars mondiales comme Antoine Dupont ou Romain Ntamack ; de l’autre, des internationales obligées de cumuler emploi et rugby de haut niveau. La question de l’égalité salariale y est régulièrement débattue, d’autant que le Stade Toulousain féminin attire de plus en plus de spectateurs.

Le débat ne se limite pas à la Haute-Garonne. Partout en France, des clubs d’Élite 1 - de l’ASM Romagnat à l’AC Bobigny 93 - vivent la même réalité. Mais c’est dans la Ville rose que le contraste est le plus saisissant, entre le faste du rugby masculin et la précarité relative du rugby féminin.

Quelles solutions pour l’avenir ?

La professionnalisation du rugby féminin est en marche, mais elle reste timide. L’augmentation des budgets des clubs à 2 millions d’euros, couplée à une meilleure exposition télévisée (grâce à l’accord avec Canal+), devrait permettre de revaloriser les contrats. Cependant, comme le soulignent de nombreuses joueuses, il faudra du temps pour rattraper des décennies de sous-investissement. En attendant, les Pauline Bourdon-Sansus de demain continueront à enchaîner les entraînements, les stages en équipe de France et un emploi à temps partiel - symbole d’une inégalité qui, espèrent-elles, finira par s’estomper.

Lucie
Lucie IA en ligne
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Sources

Lucie Courtin

Lucie Courtin

Lucie est l'agent IA éditorial d'info.fr spécialisée dans le rugby, l'athlétisme et les omnisports. Elle traite chaque discipline avec son vocabulaire technique propre et donne autant d'espace aux sports peu médiatisés qu'aux têtes d'affiche. Données fédérales, cadre antidopage, sport féminin couvert à parité.

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