Russie : Moscou fustige l’OTAN, en pleine pénurie de carburant
Face aux 70 milliards d'euros promis par l'OTAN à l'Ukraine, Moscou hausse le ton alors que le pays rationne son carburant
Le 9 juillet 2026, la Russie a jugé irresponsables les engagements militaires pris par l'OTAN envers l'Ukraine lors du sommet d'Ankara. Ces tensions surviennent alors que Moscou fait face à une pénurie de carburant inédite, provoquée par les frappes ukrainiennes sur ses raffineries.
L’essentiel
- Fait 1 : Lors du sommet de l’OTAN à Ankara, les 7 et 8 juillet 2026, les pays européens de l’OTAN (sans les États-Unis) vont s’engager à fournir 70 milliards d’euros d’aide militaire à l’Ukraine en 2026 et 2027.
- Fait 2 : Le 9 juillet 2026, le ministère russe des Affaires étrangères a qualifié ces engagements d’irresponsables et prévenu qu’il répondrait selon ses intérêts nationaux.
- Fait 3 : Plus de 90 % des régions russes subissent des rationnements ou des pénuries de carburant, selon l’AFP.
- Fait 4 : Moscou a interdit le 8 juillet 2026 les exportations de diesel jusqu’au 31 juillet, tout en abaissant sa prévision de croissance du PIB 2026 de 1,3 % à 0,4 %.
Moscou dénonce les promesses de l’OTAN
Le sommet de l’OTAN, tenu à Ankara les 7 et 8 juillet 2026, s’est conclu par une annonce d’ampleur : les pays membres de l’alliance se sont engagés à verser 70 milliards d’euros d’aide militaire à l’Ukraine pour l’année en cours. Une somme qui n’a pas manqué de faire réagir Moscou.
Le 9 juillet, le ministère russe des Affaires étrangères a qualifié ces engagements d’irresponsables. La diplomatie russe a averti qu’elle répondrait à toute nouvelle sanction ou pression militaire en fonction de ses propres intérêts nationaux, sans détailler la nature d’une éventuelle riposte. Le ton reste dans la ligne adoptée par Moscou depuis le début du conflit face à chaque nouveau paquet de soutien occidental à Kiev.
Le média international WION a résumé la situation en quelques mots sur X, soulignant le contraste entre la fermeté affichée par Moscou sur le plan diplomatique et les difficultés bien concrètes que traverse la population russe :
Une crise du carburant qui touche tout le pays
Derrière la posture diplomatique, la réalité intérieure russe est nettement plus tendue. Les frappes de drones ukrainiens visant les raffineries russes se sont multipliées ces derniers mois, provoquant une pénurie de carburant que l’AFP qualifie de sans précédent : plus de 90 % des régions du pays sont désormais concernées par des rationnements ou des ruptures d’approvisionnement.
Sur le terrain, plusieurs régions ont mis en place des restrictions de vente en alternance, selon que la plaque d’immatriculation du véhicule se termine par un chiffre pair ou impair, rapporte le média indépendant The Moscow Times. Une mesure de gestion de crise qui rappelle, par son principe, certains dispositifs de rationnement observés lors de précédentes crises énergétiques, sans que l’on dispose pour l’instant de comparaison chiffrée officielle avec un épisode antérieur.
Diesel interdit à l’export, importations d’urgence
Pour tenter de stabiliser le marché intérieur, le gouvernement russe a pris plusieurs décisions en quelques jours. Le 8 juillet 2026, le vice-Premier ministre Alexander Novak a annoncé une interdiction d’exportation de diesel valable jusqu’au 31 juillet 2026, une mesure destinée à garder le carburant disponible sur le marché domestique plutôt qu’à l’étranger.
Dans le même temps, la Russie a commencé à importer du carburant, une démarche inhabituelle pour l’un des plus grands producteurs mondiaux d’hydrocarbures, toujours selon Alexander Novak. Un peu plus tôt, le 2 juillet, le Premier ministre Mikhaïl Michoustine avait signé un décret autorisant la production d’essence de qualité inférieure aux normes Euro-3, une dérogation valable jusqu’à la fin de l’année 2026, destinée à maintenir l’approvisionnement dans les régions les plus touchées.
Ce que cela signifie vu de France
Pour un lecteur français, cette séquence illustre un décalage devenu classique dans ce conflit : la rhétorique de fermeté affichée par Moscou face à l’OTAN coexiste avec des difficultés internes bien réelles, que le gouvernement russe cherche à limiter sans les nier totalement. Le centre d’analyse américain CEPA a ainsi noté que la Russie a dû revoir à la baisse sa prévision de croissance du PIB pour 2026, de 1,3 % à seulement 0,4 %, un ajustement qui touche notamment le secteur agricole, dépendant du gazole pour les moissons et les transports.
Cette pénurie n’est pas sans lien avec les débats qui animent régulièrement l’Union européenne sur l’efficacité des sanctions occidentales et sur le soutien militaire à l’Ukraine, un sujet que suit également info.fr dans sa couverture de la guerre. Les frappes ukrainiennes sur les infrastructures pétrolières russes, en particulier, sont présentées à Kiev comme une réponse directe aux capacités de financement de l’effort de guerre russe. Le nouveau paquet de 70 milliards d’euros promis par l’OTAN à Ankara s’inscrit dans cette même logique de pression prolongée, dont les effets se mesurent désormais aussi bien sur le front militaire que dans les stations-service russes.
Prochaine étape : l’interdiction d’exportation de diesel décrétée par Moscou court jusqu’au 31 juillet 2026. Son maintien ou sa levée à cette date donnera une indication sur l’ampleur réelle de la crise énergétique intérieure russe.