Russie-Ukraine : au moins 10 morts dans des frappes croisées meurtrières
Des attaques de drones et de missiles ont frappé simultanément les deux pays ce week-end, faisant des victimes civiles des deux côtés de la frontière
Le conflit entre Moscou et Kyiv a connu une escalade meurtrière ce week-end. Une frappe russe sur un supermarché à Tchernihiv a tué un enfant, tandis que des drones ukrainiens ont frappé la région russe de Rostov. L'Ukraine a convoqué le Conseil de sécurité de l'ONU.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Une frappe de drone russe sur un supermarché à Tchernihiv a tué 2 personnes dont un enfant de 10 ans le 26 juillet 2026.
- Des drones ukrainiens ont frappé la région russe de Rostov, causant 5 morts dont un enfant le 27 juillet.
- La Russie affirme avoir intercepté 276 drones ukrainiens lors d'une opération nocturne le 27 juillet 2026.
- L'Ukraine a convoqué une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU ce 27 juillet pour débattre des frappes russes.
- Le bilan des pertes russes depuis février 2022 atteint environ 1 440 580 soldats selon le ministère ukrainien de la Défense.
Les 26 et 27 juillet 2026 a été marqué par une intensification brutale des échanges de frappes entre la Russie et l’Ukraine. Les bilans s’alourdissent de part et d’autre de la frontière, illustrant une escalade qui touche désormais directement les populations civiles.
Supermarché visé à Tchernihiv : un enfant parmi les victimes
Le 26 juillet, une frappe de drone russe a touché un supermarché de Tchernihiv, ville ukrainienne située à 150 kilomètres au nord de Kyiv. L’attaque a fait 2 morts, dont un enfant, et 25 blessés selon l’agence Ukrinform. L’attaque a eu lieu en milieu de journée, dans une zone commerciale fréquentée.
Le renseignement militaire ukrainien a identifié la brigade russe « GROM Cascade » comme responsable de cette frappe, selon l’agence Interfax-Ukraine. Cette unité est spécialisée dans les opérations de drones longue portée.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a réagi sur X, dénonçant une attaque délibérée contre des civils. « Chaque jour, la Russie prouve qu’elle ne respecte aucune règle de guerre », a-t-il écrit. Les autorités locales ont ouvert une enquête pour crime de guerre.
Représailles ukrainiennes : cinq morts à Rostov
Le 27 juillet, des drones ukrainiens ont frappé la région de Rostov, dans le sud-ouest de la Russie, faisant 2 morts, selon les autorités russes citées par Al Arabiya.
La ville d’Orlivka, dans une zone sous contrôle russe depuis 2022, a également été touchée par des tirs d’artillerie ukrainiens, causant 4 décès selon Moscou, rapporte Al Jazeera. Ces chiffres n’ont pas pu être vérifiés de manière indépendante.
À Belgorod, ville russe frontalière régulièrement ciblée, des drones ukrainiens ont blessé au moins 12 personnes dont 2 enfants ce week-end, toujours selon Al Jazeera. Les infrastructures civiles, dont un immeuble résidentiel, ont été endommagées.
Défense antiaérienne russe : 276 drones interceptés
Le ministère russe de la Défense a affirmé avoir intercepté 133 drones ukrainiens lors d’une opération nocturne massive le 27 juillet, selon l’agence officielle TASS. Ce chiffre, parmi les plus élevés depuis le début de la guerre, illustre la montée en puissance des capacités de frappe longue portée de l’Ukraine.
Moscou rapporte régulièrement des interceptions massives, sans toutefois fournir de preuves visuelles systématiques. Les experts militaires occidentaux estiment que l’Ukraine a considérablement développé sa production de drones depuis 2024, notamment grâce à des partenariats industriels avec des pays européens.
Bilan alourdi près de Kyiv : 11 morts dans une frappe du 24 juillet
Le bilan d’une frappe russe survenue le 24 juillet sur une exposition d’armes dans la région de Kyiv s’est alourdi à 11 morts, selon l’agence Ukrainian News Agency. L’attaque avait visé un site militaire, mais des civils travaillant sur place ont été tués.
Cette frappe avait été menée avec des missiles balistiques Iskander, capables d’atteindre leur cible en quelques minutes et difficiles à intercepter pour la défense antiaérienne ukrainienne. Les autorités de Kyiv avaient dénoncé une violation du droit international humanitaire.
L’Ukraine saisit le Conseil de sécurité de l’ONU
Face à cette escalade, l’Ukraine a sollicité une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU ce 27 juillet pour débattre des récentes frappes russes, selon ONU Info. Kyiv souhaite obtenir une condamnation internationale de Moscou et relancer le débat sur la fourniture de systèmes de défense antiaérienne supplémentaires.
La diplomatie ukrainienne accuse la Russie de cibler délibérément des infrastructures civiles, en violation des Conventions de Genève. Moscou, de son côté, justifie ses frappes comme des opérations militaires légitimes visant des sites stratégiques ukrainiens.
La Russie, membre permanent du Conseil de sécurité, dispose d’un droit de veto qui empêche toute résolution contraignante à son encontre. Les précédentes tentatives de condamnation ont échoué pour cette raison.
Contexte du conflit : près de 1,45 million de pertes russes
Selon le ministère ukrainien de la Défense cité par RBC-Ukraine, les pertes russes totales depuis le début de l’invasion le 24 février 2022 s’élèvent à environ 1 440 580 soldats au 27 juillet 2026, avec 1 590 pertes supplémentaires enregistrées ce jour-là. Ces chiffres, publiés quotidiennement par Kyiv, incluent tués, blessés, prisonniers et disparus.
Moscou ne communique que très rarement sur ses pertes militaires. Le dernier bilan officiel russe, publié en décembre 2024, faisait état de 35 000 morts, un chiffre largement contesté par les observateurs internationaux et les ONG.
Le Council on Foreign Relations (CFR) estime que le conflit a fait des centaines de milliers de victimes des deux côtés, militaires et civiles. Les Nations Unies ont recensé plus de 30 000 civils tués en Ukraine depuis février 2022, un bilan probablement sous-estimé en raison des difficultés d’accès à certaines zones de combat.
Regard français : une guerre d’usure qui se prolonge
Pour Paris, cette escalade intervient alors que la France continue de fournir une aide militaire à l’Ukraine, notamment des systèmes de défense antiaérienne SAMP/T et des missiles Aster. Le président français a réaffirmé en juin dernier le soutien « inébranlable » de la France à Kyiv, tout en excluant l’envoi de troupes au sol.
Les experts militaires français observent avec attention la montée en puissance des capacités de frappe longue portée des deux camps. L’Ukraine dispose désormais de drones capables d’atteindre des cibles à plus de 1 000 kilomètres en territoire russe, modifiant la dynamique du conflit.
Côté français, l’inquiétude porte également sur les conséquences humanitaires de cette escalade. Les ONG françaises présentes en Ukraine, comme Médecins sans frontières ou le Secours populaire, signalent une augmentation des besoins en aide d’urgence, notamment dans les zones frontalières.
Les prochains jours diront si cette intensification des frappes marque le début d’une nouvelle phase du conflit ou s’il s’agit d’un pic temporaire. La réunion du Conseil de sécurité de l’ONU pourrait offrir un éclairage sur les positions diplomatiques des grandes puissances.