Ruud écarte Faria à Gstaad mais retrouve son bourreau de 2025
Le Norvégien s'impose en trois manches et retrouve le stade où Cerúndolo l'avait humilié l'an dernier
Casper Ruud s'est qualifié pour les quarts de finale à Gstaad après avoir renversé Jaime Faria 6-7(1), 6-4, 6-2. Le Norvégien retrouve le stade de la compétition où Juan Manuel Cerúndolo l'avait sorti l'an…
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Ruud bat Faria 6-7(1), 6-4, 6-2 en huitièmes de finale à Gstaad le 16 juillet 2026
- Le Norvégien retrouve les quarts où Cerúndolo l'avait éliminé en 2025 après un 3-0 transformé en 3-6
- Bilan impressionnant à Gstaad 9 victoires pour 1 seule défaite, double vainqueur en 2021 et 2022
- Un troisième titre égalerait le record historique de Bruguera et Corretja sur ce tournoi
- Critiqué pour ses 14 titres majoritairement en ATP 250 et ses trois finales de Grand Chelem perdues
Le court central de Gstaad, le jeudi 16 juillet 2026. Casper Ruud perd le premier set au tie-break. Tête de série numéro 2 du tournoi - il serre les poings, repart au vestiaire, revient avec un autre visage. Deux manches plus tard, Jaime Faria est battu.
Le 13e mondial a renversé le Portugais 6-7(1), 6-4, 6-2 et validé son ticket pour les quarts de finale. C’était leur première confrontation sur terre battue. Les deux hommes s’étaient déjà affrontés en Coupe Davis 2024 sur surface dure en salle, Ruud avait gagné 7-6(3), 6-2.
Faria, 92e mondial - avait sorti Stan Wawrinka au premier tour 6-7(8), 6-4, 6-4. Le Portugais est tombé sur plus fort. Ruud affiche un bilan de 9 victoires pour 1 seule défaite à Gstaad avant cette édition 2026.
L’ombre de Cerúndolo plane sur les quarts
Sauf que cette victoire ramène le Norvégien exactement là où tout s’est effondré l’an dernier. En 2025 - Juan Manuel Cerúndolo l’avait éliminé en quarts de finale sur le score de 6-2, 1-6, 6-3. Ruud menait 3-0 dans la manche décisive. Il a perdu les six derniers jeux.
La dimension psychologique de ce retour en quarts est lourde. Ruud n’avait pas trouvé de solutions face à un adversaire qu’il était censé dominer. L’effondrement avait été qualifié de « très mauvaise performance ». Mener 3-0 et perdre six jeux d’affilée, c’est le genre de séquence qui hante un joueur. Aujourd’hui, il revient au même stade de la compétition, sur le même court, avec le même fantôme dans la tête.
On se souvient de certaines finales de Roland-Garros quand un joueur a dû affronter le même adversaire après plusieurs défaites consécutives. Ces retours sur le lieu d’une défaite marquante testent la capacité d’un joueur à gérer la pression du passé.
Un troisième titre pour égaler le record
L’enjeu dépasse la simple qualification. Double vainqueur en 2021 et 2022 - Ruud vise un troisième titre qui lui permettrait d’égaler le record de l’épreuve. Selon plusieurs sources, personne n’a remporté plus de trois titres à Gstaad depuis la création du tournoi.
Ce record, c’est l’occasion d’inscrire son nom dans l’histoire du tennis et de rejoindre un club très fermé. Mais pour cela, il faut d’abord passer les quarts. Exactement là où tout a déraillé l’an dernier.
Le joueur de volume face à ses critiques
Le problème de fond reste entier. 14 titres - tous en ATP 250 ou 500. Certains médias et fans de tennis le voient comme un « joueur de volume » - quelqu’un qui accumule les trophées de catégorie inférieure sans battre les meilleurs. Les discussions sur sa vraie valeur reviennent à chaque défaite prématurée.
Il a atteint trois finales de Grand Chelem: Roland-Garros en 2022 et 2023 - l’US Open en 2022. Meilleur classement: 2e place mondiale - le plus haut rang jamais atteint par un Norvégien. Mais ces trois finales majeures, il les a toutes perdues. Et ses 14 titres ATP proviennent majoritairement de tournois 250. La perception d’un joueur « surévalué » colle à la peau.
La confiance en question
À Roland-Garros 2025, il avait été éliminé au deuxième tour alors qu’il souffrait d’une blessure au genou. Lui qui avait atteint les demi-finales ou les finales les trois années précédentes. Des analystes ont évoqué un « manque de confiance » dans les moments cruciaux. Le genre de phrase qui tue un joueur de tennis.
Cette fragilité mentale apparaît dans les chiffres: son taux de victoire global atteint 65,6 % sur 488 matchs - mais il peine à franchir le cap des quarts ou demi-finales dans les tournois majeurs. Gstaad 2025 en est l’illustration parfaite: mener 3-0 dans le set décisif contre Cerúndolo et perdre six jeux d’affilée, c’est un effondrement mental autant que technique. La défaite avait été qualifiée de « très mauvaise performance » - sans que Ruud ne trouve de solutions.
Ce que personne ne dit
Les simulations d’avant-match lui donnaient 77 % de chances de victoire face à Faria. Il a gagné. Mais ces probabilités ne valent rien quand Ruud affronte un adversaire qu’il est censé battre. Le vrai test, c’est Cerúndolo l’an dernier. Le vrai test, c’est de ne pas mener 3-0 et perdre 3-6. Le vrai test, c’est de ne pas être tête de série et sortir en quarts contre un joueur classé plus bas.
Gstaad est le seul endroit où Ruud gagne encore facilement. Neuf victoires, une défaite. Mais cette unique défaite, c’était en quarts. Et il y retourne.
Le Norvégien s’est qualifié. Il a fait son boulot. Maintenant, il faut passer les quarts. Là où tout s’est effondré l’an dernier.
