Sains-en-Amiénois : mobilisation contre l’extension de la décharge SECODE de Boves
Réunion publique le 17 juin 2026 à Sains-en-Amiénois habitants, élus et associations dénoncent les nuisances et risques sanitaires du projet d'extension de 48 hectares du site SECODE.
Une réunion publique a rassemblé plus d'une centaine de personnes le 17 juin à Sains-en-Amiénois contre l'extension du centre d'enfouissement SECODE (Veolia) à Boves. Le projet prévoit 48 hectares supplémentaires sur des terres agricoles, suscitant l'opposition des riverains et d'Amiens Métropole.
L’essentiel
- Réunion publique le 17 juin 2026 : la salle Espérance de Sains-en-Amiénois a accueilli habitants et associations opposés au projet d’extension de la décharge SECODE de Boves.
- Extension de 48 hectares : le site, qui s’étend déjà sur 55 hectares, prévoit d’engloutir des terres agricoles pour 50 ans supplémentaires, portant sa capacité à 200 000 tonnes de déchets par an.
- 30 jours d’odeurs en mai 2026 : selon l’association « Contre un siècle d’enfouissement à Boves », les nuisances olfactives touchent sept communes, dont Amiens et Boves.
- Amiens Métropole s’oppose : la collectivité a voté un vœu le 28 mai contre le projet, à l’initiative de la maire de Boves Marylène Brare.
- Soutien de la députée Zahia Hamdane : l’élue a relayé la mobilisation sur Twitter, qualifiant le projet d’« aberrant ».
Mercredi 17 juin 2026, 19 heures, salle Espérance à Sains-en-Amiénois. Une centaine de personnes se sont réunies pour discuter du projet d’extension du centre d’enfouissement technique SECODE, situé à cheval sur les communes de Boves et Sains-en-Amiénois. Organisée par la commission Environnement de la ville, en partenariat avec l’association « Contre un siècle d’enfouissement à Boves » et le réseau « Citoyens engagés pour un avenir viable - Boves et environs », la soirée visait à informer les riverains des conséquences sanitaires et environnementales du projet.
Ce qui s’est passé le 17 juin
La réunion publique, annoncée sur le site de la mairie de Boves (source), a permis aux habitants d’interroger les associations et les élus présents. La députée de la Somme Zahia Hamdane a apporté son soutien en publiant sur X une photo de l’assemblée, accompagnée du message : « Mobilisation massive à Sains-en-amiénois contre l’extension de la décharge de Boves. Un projet aberrant au regard des risques sanitaires et environnementaux. »
Les témoignages ont mis en avant les nuisances olfactives quotidiennes, les émissions de gaz et la circulation de 130 à 140 poids lourds par jour sur les routes locales, selon les données de l’association reprises par la presse régionale (source ici).
Un site historique et un projet contesté
Le site SECODE, filiale de Veolia, exploite une décharge depuis 1975. Actuellement, il couvre 55 hectares et absorbe 200 000 tonnes de déchets chaque année, soit environ 80 % des besoins d’enfouissement du département de la Somme (Courrier picard). Le projet d’extension prévoit de grignoter 48 hectares de terres agricoles supplémentaires et de prolonger l’exploitation pour 50 ans.
« C’est un alignement de planètes qui permet aujourd’hui de faire entendre notre voix », expliquait le 15 juin un militant de l’association « Contre un siècle d’enfouissement » dans les colonnes du Courrier picard. L’opposition s’appuie sur la montée en puissance des signalements d’odeurs nauséabondes : en mai 2026, l’association a recensé 30 jours de mauvaises odeurs, confirmant une tendance haussière depuis janvier 2025 (source). Ces nuisances touchent sept communes : Boves, Sains-en-Amiénois, Saint-Fuscien, Cagny, Longueau, Amiens et Grattepanche (Amiens.fr).
Nuisances et risques sanitaires
Outre les odeurs, les riverains dénoncent des émissions atmosphériques potentiellement dangereuses. Selon un reportage de France Bleu Picardie (ici), les résidents signalent du benzène, du méthane, de l’ammoniac et du dioxyde de soufre, des substances classées cancérigènes ou irritantes. « On ne peut plus ouvrir les fenêtres », témoigne une habitante de Boves, interrogée sur place. L’association réclame une étude sanitaire indépendante, que Veolia assure avoir commandée.
La multiplication des camions (130 à 140 par jour) ajoute à l’insécurité routière et aux nuisances sonores. Les opposants soulignent que l’extension aggraverait ces problèmes pour plusieurs décennies.
Contexte dans la Somme
La Somme, département rural de 570 000 habitants, produit environ 350 000 tonnes de déchets ménagers par an, selon les chiffres de l’Ademe. Le site SECODE en absorbe plus de la moitié. Sa fermeture ou sa limitation poserait un problème d’évacuation pour les collectivités, mais les élus locaux estiment que des solutions alternatives existent (recyclage, méthanisation). Amiens Métropole, qui regroupe 39 communes et 180 000 habitants, a pris position le 28 mai 2026 en votant un vœu unanime contre l’extension, porté par la maire de Boves Marylène Brare (source). Le texte dénonce « des nuisances olfactives dépassant vingt jours par mois depuis janvier 2025 ».
Le département a connu d’autres mobilisations environnementales récentes, comme la vigilance accrue sur les risques d’incendie en Lozère (Info.fr) ou les alertes météo dans la Manche (Info.fr), mais le dossier SECODE est inédit par son ampleur et sa durée.
Prochaine étape : quel avenir pour le site ?
Le projet d’extension doit encore passer par plusieurs étapes réglementaires : enquête publique, avis de l’autorité environnementale, puis décision préfectorale. Les associations promettent de « ne rien lâcher » et appellent à une manifestation d’ampleur à l’automne. De son côté, Veolia rappelle que le site emploie une centaine de personnes et que sa fermeture brutale asphyxierait la gestion des déchets de la Somme. Le débat est loin d’être clos.

