Saint-Benoît : le préfet Latron fait le point sur les chantiers post-Garance

Gymnase, église classée, école trois projets pour 27 millions d'euros scrutés lors d'une visite préfectorale vendredi

Saint-Benoît : le préfet Latron fait le point sur les chantiers post-Garance
Illustration Viviane Payet / info.fr

Le préfet de La Réunion Patrice Latron s'est rendu à Saint-Benoît vendredi 22 mai 2026, accompagné du maire Patrice Selly. Quinze mois après le cyclone Garance, trois chantiers structurants de la commune sont au stade des diagnostics et des montages financiers.

Le préfet de La Réunion Patrice Latron s’est rendu à Saint-Benoît vendredi 22 mai 2026, accompagné du maire Patrice Selly. Quinze mois après le cyclone Garance, trois chantiers structurants de la commune sont au stade des diagnostics et des montages financiers.

L’essentiel

  • Dégâts : la municipalité estime à ~30 M€ le coût total des dommages subis par Saint-Benoît lors du cyclone Garance (28 février 2025, vents >200 km/h).
  • Gymnase Christophe Ramon : reconstruction totale pour 13 M€ TTC, dont 5,5 M€ financés par l’État via le Pacte d’Avenir ; démolition prévue juillet-août 2026, travaux 2028-2029.
  • Église de Sainte-Anne : réhabilitation estimée à ~1 M€ HT (classée MH depuis 1982) ; travaux prévus d’avril à décembre 2027.
  • École Raphaël Elie : relocalisation sur nouveau site pour ~13 M€ TTC (9 classes élémentaires + 6 maternelles) ; travaux 2028-2029.
  • Éclairage public : travaux en cours pour ~3 M€, selon Le Quotidien de La Réunion.

Garance, février 2025 : un choc encore visible

Le cyclone Garance a traversé La Réunion le 28 février 2025. Dans l’Est de l’île, les vents ont dépassé 200 km/h. Le bilan humain : cinq décès. Saint-Benoît, commune de l’arrondissement éponyme, figure parmi les territoires les plus éprouvés. La municipalité chiffre l’ensemble des dégâts à près de 30 millions d’euros.

La visite du 22 mai 2026 n’est pas symbolique. Elle vise à valider les calendriers et les plans de financement de trois équipements endommagés, selon les informations de La 1ère et de Zinfos974. Des travaux d’éclairage public, estimés à environ 3 M€, sont déjà engagés.

Le gymnase Christophe Ramon : 13 M€, démolition cet été

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Ancien gymnase Des Marsouins, l’équipement a été renommé en 2023 en hommage au sportif local Christophe Ramon, décédé en 2013. Garance l’a rendu inutilisable. La décision : démolition et reconstruction totale.

Coût : 13 M€ TTC. L’État participera à hauteur de 5,5 M€ via le Pacte d’Avenir, enveloppe post-cyclone dotée de 200 M€ jusqu’en 2027. La démolition est programmée pour juillet-août 2026. Les travaux de reconstruction suivront en 2028-2029. Le futur gymnase accueillera les clubs JSB Gym et JSB Hand, selon La 1ère.

L’église de Sainte-Anne : un Monument Historique à soigner

Construite entre 1857 et 1863, l’église de Sainte-Anne est classée Monument Historique depuis 1982. Elle a servi de décor au film La Sirène du Mississipi de François Truffaut. Garance a endommagé sa toiture, priorité du chantier de réhabilitation.

Le cabinet Veritas a conduit le diagnostic en août 2025. Le coût de réhabilitation est estimé à environ 1 M€ HT. Les travaux sont prévus d’avril à décembre 2027, selon La 1ère. Le démarrage du financement est attendu d’ici la fin du deuxième semestre 2026, sous réserve de validation des fonds.

L’école Raphaël Elie : déménagement contraint par les risques

L’école primaire Raphaël Elie, chemin du Cap, cumule les vulnérabilités : exposition cyclonique et risque d’inondation lié à la ravine Sainte-Marguerite. La solution retenue n’est pas une réparation sur place mais une relocalisation complète sur un nouveau site.

Le projet prévoit 9 classes élémentaires et 6 classes maternelles, plus des équipements annexes. Coût estimé : ~13 M€ TTC. Travaux : 2028-2029. L’ancien site accueillera une maison de quartier et un équipement sportif, d’après Zinfos974. Une autre problématique sensible à Saint-Benoît - la contamination de l’eau aux pesticides - avait déjà mobilisé des ressources municipales ces derniers mois.

Contexte dans La Réunion

Saint-Benoît compte environ 38 600 habitants selon l’INSEE (données 2023), ce qui en fait l’une des principales communes de l’Est réunionnais. Le territoire est structurellement exposé aux cyclones : la côte au vent concentre les précipitations les plus fortes de l’île.

Le Pacte d’Avenir post-Garance, doté de 200 M€ jusqu’en 2027, constitue le principal outil national de financement de la reconstruction. Plusieurs communes de l’île sollicitent cette enveloppe. Saint-Benoît a obtenu une confirmation pour le gymnase (5,5 M€) ; les autres projets restent en attente de validation financière complète. Des dispositifs comparables ont été activés ailleurs en France pour accélérer la reconstruction après des catastrophes naturelles, comme les visites de terrain d’acteurs nationaux à Angers pour le renouvellement urbain.

Le maire Patrice Selly a été direct sur les obstacles : « Sans les indemnisations au niveau des assurances, ce n’est pas simple. Aujourd’hui l’objectif, c’est de trouver d’abord le financement. On a déjà réalisé l’ensemble des diagnostics… », selon La 1ère.

Un calendrier serré, des financements encore partiels

Le tableau d’ensemble : 27 M€ de projets (gymnase + école) auxquels s’ajoute le million de l’église, sur une commune dont le bilan total des dégâts avoisine 30 M€. La part de l’État confirmée reste pour l’instant limitée aux 5,5 M€ du gymnase. Les montages pour l’école et l’église sont en cours. Les visites préfectorales de ce type - comme celles observées en Essonne pour des équipements locaux - servent aussi à débloquer administrativement les dossiers en attente.

La démolition du gymnase, prévue dès juillet 2026, constituera le premier acte concret visible. Le démarrage des travaux de l’église et de l’école est attendu au plus tôt en 2027-2028.

Sources

Viviane Payet

Viviane Payet

Viviane est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de La Réunion (974), avec Saint-Denis pour chef-lieu. Spécialité du département : cirques UNESCO et volcan actif. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Outre-mer.

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