Essonne : la préfète visite l’Union des Forgerons, SCOP centenaire de Le Mérévillois

Fabienne Balussou a rencontré le 14 mai les 130 salariés de cette coopérative industrielle spécialisée en pièces forgées pour l'aéronautique et la défense

Essonne : la préfète visite l'Union des Forgerons, SCOP centenaire de Le Mérévillois
Illustration Caroline Petit / info.fr

La préfète de l'Essonne, Fabienne Balussou, a visité le 14 mai 2026 l'Union des Forgerons à Le Mérévillois. Cette SCOP fondée en 1912, implantée localement depuis 1967, produit des pièces critiques pour l'aéronautique, la défense et le spatial. Elle emploie 130 salariés et réalise jusqu'à 30 millions d'euros de chiffre d'affaires.

La préfète de l’Essonne, Fabienne Balussou, s’est rendue le 14 mai 2026 à l’Union des Forgerons, à Le Mérévillois. La visite, annoncée sur le compte officiel de la préfecture, a mis en avant le rôle de cette coopérative dans la filière industrielle stratégique française.

L’essentiel

  • Fondée en 1912 : l’Union des Forgerons a été créée le 6 mars 1912 à Paris (14e arrondissement) par Alphonse Bellamy et Eugène Loubignac, maréchaux-ferrants.
  • Présence locale depuis 1967 : l’entreprise est installée à Le Mérévillois depuis la fin des années 1960.
  • 130 salariés, jusqu’à 30 M€ de CA : selon la préfecture de l’Essonne, ces chiffres font de la SCOP l’un des employeurs industriels significatifs du sud du département.
  • Secteurs clients : aéronautique, défense, énergie, spatial - pièces forgées et couronnes laminées en métaux ferreux et non ferreux.
  • Label Entreprise du Patrimoine Vivant : l’Union des Forgerons figure parmi les plus anciennes SCOP de France et détient cette distinction d’État.

Une visite centrée sur la souveraineté industrielle

La préfète Fabienne Balussou, nommée à ce poste par décret du 27 août 2025 et en fonction depuis le 22 septembre 2025, a choisi l’Union des Forgerons pour illustrer l’ancrage industriel de l’Essonne. Selon la préfecture, la visite a porté sur la production de pièces critiques à haute technicité destinées aux secteurs de l’aéronautique, de la défense, de l’énergie et du spatial.

L’entreprise est organisée sous forme de Société coopérative et participative (SCOP), ce qui signifie que les salariés sont associés majoritaires. Ce modèle est présenté par ses dirigeants comme un facteur de stabilité et d’engagement collectif dans un secteur exigeant.

Plus d’un siècle de forge, de Paris à la Beauce

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L’histoire de l’Union des Forgerons commence le 6 mars 1912 dans le 14e arrondissement de Paris, à proximité de la tour Eiffel, selon le site de l’entreprise et une publication du MEDEF Île-de-France. Ses fondateurs, Alphonse Bellamy et Eugène Loubignac, étaient maréchaux-ferrants. La société se spécialise progressivement dans la forge libre et le laminage circulaire.

L’implantation à Méréville - aujourd’hui intégrée à la commune déléguée de Le Mérévillois - date de la fin des années 1960. L’usine actuelle s’étend sur 19 300 m² répartis en sept bâtiments, selon le site de l’entreprise. Elle dispose de marteaux-pilons de 150, 250 et, prochainement, 500 kg.

En juin 2022, l’entreprise a fêté ses 110 ans en réunissant environ 500 personnes à Le Mérévillois, selon les SCOP Île-de-France. À cette occasion, son ancrage territorial et son modèle coopératif avaient déjà été mis en avant.

Ce type de démarche de terrain par des représentants de l’État n’est pas isolé : d’autres sous-préfets multiplient les visites d’établissements structurants dans leurs circonscriptions respectives.

Trois défis identifiés lors de la visite

La préfecture a détaillé, via ses communications officielles, trois chantiers prioritaires pour l’entreprise.

Le premier est la digitalisation des équipements, nécessaire pour améliorer la traçabilité des pièces produites - exigence forte dans les filières aéronautique et défense, soumises à des certifications strictes.

Le deuxième concerne la transition énergétique. La forge est une activité énergivore. L’entreprise travaille à réduire son empreinte carbone, sans que des objectifs chiffrés n’aient été communiqués à ce stade.

Le troisième enjeu est le recrutement et la formation. Comme nombre d’industries de transformation, l’Union des Forgerons fait face à des difficultés d’attractivité pour des métiers techniques qualifiés.

Ces défis sont partagés par l’ensemble de la filière forge française, dans un contexte de montée en charge des commandes de défense en Europe. Des visites officielles comme celle de la préfète - à l’image de d’autres démarches préfectorales sur des dossiers industriels et d’aménagement - signalent une attention renforcée de l’État aux capacités productives locales.

Contexte dans l’Essonne

L’Essonne est l’un des départements franciliens avec la plus forte densité d’entreprises industrielles à vocation nationale et internationale. Le corridor allant de Corbeil-Essonnes à Étampes concentre des acteurs de la mécanique de précision, de l’électronique de défense et de l’aéronautique.

Le Mérévillois, commune nouvelle créée en 2016 dans le sud du département, abrite plusieurs établissements industriels et agricoles. L’Union des Forgerons y représente l’un des premiers employeurs industriels privés du secteur.

L’entreprise est reconnue Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV), label d’État attribué aux sociétés françaises aux savoir-faire artisanaux et industriels d’excellence. Elle figure également parmi les plus anciennes SCOP actives en Île-de-France, selon les SCOP IDF et le blog Alternatives Économiques.

La filière forge française compte une centaine d’entreprises environ. La part des commandes liées à la défense et au spatial a augmenté ces dernières années dans plusieurs d’entre elles, en lien avec les programmes d’armement européens et les commandes de l’industrie spatiale.

Dans ce contexte, les pièces forgées produites à Le Mérévillois - couronnes laminées, pièces en métaux ferreux et non ferreux - s’insèrent dans des chaînes d’approvisionnement dont les donneurs d’ordres sont souvent des groupes comme Safran, Airbus ou des industriels de la défense, selon les filières documentées par le MEDEF IDF et les SCOP IDF. L’Union des Forgerons n’a pas précisé publiquement la liste de ses clients.

Un modèle coopératif dans un secteur sous tension

La forme SCOP de l’Union des Forgerons est régulièrement citée comme facteur de résilience. Les salariés-associés participent aux décisions stratégiques et aux résultats de l’entreprise. Ce modèle est jugé adapté aux cycles longs de l’industrie lourde, où la fidélisation des compétences est déterminante.

La préfète n’a pas annoncé de mesure d’accompagnement spécifique à l’issue de la visite, selon les communications disponibles. Les échanges ont porté sur les enjeux de compétitivité et de souveraineté industrielle, dans la lignée des déplacements de terrain que multiplient les représentants de l’État dans leurs départements.

Aucun calendrier de suivi ni engagement budgétaire n’ont été rendus publics à ce stade. La prochaine étape - éventuels dispositifs d’accompagnement régionaux ou nationaux pour la transition énergétique de l’entreprise - reste à préciser.

Sources

Caroline Petit

Caroline Petit

Caroline est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Essonne (91), avec Évry-Courcouronnes pour chef-lieu. Spécialité du département : Genopole (biotech) et Saclay (recherche). Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Île-de-France.

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