Comines : les riverains réclament des contrôles renforcés face à la pollution industrielle de l’eau

L'usine Venator Pigments, émetteur majeur de phosphore, est au cœur des inquiétudes des habitants du Nord.

Comines : les riverains réclament des contrôles renforcés face à la pollution industrielle de l'eau
Illustration Amandine Delattre / info.fr

À Comines, des riverains se mobilisent depuis le 10 avril 2026 pour exiger un renforcement des contrôles sur les rejets industriels dans les eaux locales. L'usine Venator Pigments, identifiée comme émetteur majeur de phosphore, concentre une grande partie des préoccupations. Le contexte régional ne plaide pas pour la sérénité.

La mobilisation a démarré le 10 avril 2026. Des habitants de Comines (Nord) demandent des contrôles plus stricts sur les rejets industriels dans les cours d’eau de la commune. L’association Bien Vivre à Comines Ouest, créée en 2012 pour veiller à la protection de l’environnement et du cadre de vie, porte une partie de ces revendications selon les informations disponibles.

Venator Pigments dans le viseur

L’usine Venator Pigments France, implantée à Comines, a déchargé 7 314 kg de phosphore total dans les rejets d’eau en 2024, selon le bilan ICPE publié par la DREAL Hauts-de-France. Elle figure parmi les émetteurs majeurs de la région pour cette substance. Ce chiffre alimente directement les critiques des riverains.

Ce n’est pas la première fois que des industriels cominois sont épinglés. Dès 2005, la Biscuiterie Vander et Holliday Pigments avaient été signalées par la DRIRE pour des dépassements de rejets polluants - azote global, demande chimique en oxygène, matières en suspension - avec des plans d’actions correctives imposés, toujours selon les archives de la DREAL.

Une pression réglementaire qui s’intensifie

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La DREAL Hauts-de-France a réalisé 2 392 inspections ICPE en 2024, dont 350 contrôles inopinés sur les rejets d’eau. Résultat : 73 dépassements supérieurs au double des limites réglementaires ont été détectés, avec des actions correctives en cours pour 2025. Une campagne régionale ciblant les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) a par ailleurs concerné plus de 400 sites industriels dans les Hauts-de-France.

Le préfet du Nord a rappelé ce bilan sur les réseaux sociaux :

Le territoire est particulièrement exposé. Selon la préfecture de région, les Hauts-de-France présentent un niveau élevé de risques liés à l’eau, héritage d’un passé industriel lourd et d’une agriculture intensive. Les eaux souterraines du Nord affichent un mauvais état chimique persistant, avec des concentrations en nitrates en hausse constante, d’après les données de la DREAL.

En mai 2025, une fuite dans les canalisations de Comines avait déjà privé une centaine de foyers et un collège d’eau potable, selon La Voix du Nord. Un épisode qui a mis en lumière les fragilités du réseau local, indépendamment des rejets industriels.

Prochaine étape

Les inspections ICPE se poursuivent en 2026. La stratégie régionale de sobriété hydrique vise une réduction de 10 % des prélèvements d’eau d’ici 2027, avec 198 sites industriels impliqués et une économie de 6,7 millions de m³ déjà enregistrée en 2024, toujours selon la DREAL. La coordination entre services de l’État - MISEN et COLDEN - doit également être renforcée dans les mois à venir.

Sources

Amandine Delattre

Amandine Delattre

Installée à Lille, elle couvre la métropole, les tensions sur les transports, les restructurations textiles et les débats sur la braderie. Diplômée de l'ESJ Lille, elle a grandi dans le Nord. Ligne de travail : interroger les élus, les syndicalistes, les commerçants, vérifier les budgets de la MEL avant de publier.

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