Saint-Brieuc : le collectif sans-papiers occupe l’hôtel du Département pour la famille de M. T.
Une vingtaine de militants ont investi le bâtiment le 10 juin 2026 pour exiger un relogement d'urgence pour un ressortissant comorien menacé d'expulsion.
Le 10 juin 2026, le Collectif en lutte avec les sans-papiers de Saint-Brieuc a occupé l'Hôtel du Département pour protester contre l'expulsion de Monsieur T., père de trois enfants scolarisés dans les Côtes-d'Armor. La députée Murielle Lepvraud (LFI) a exigé un relogement dès le lendemain matin.
L’essentiel
- 10 juin 2026 : une vingtaine de membres du Collectif en lutte avec les sans-papiers occupent l’Hôtel du Département à Saint-Brieuc.
- Famille concernée : Monsieur T., ressortissant comorien, 3 enfants scolarisés, épouse en situation régulière - visé par une OQTF et une IRTF depuis fin mars 2026.
- 8 juin 2026 : environ 60 personnes rassemblées place de la Résistance à Saint-Brieuc en soutien à la famille.
- Appel politique : la députée Murielle Lepvraud (4e circonscription, LFI-NFP) réclame une solution de relogement digne dès le 11 juin « à la 1ère heure ».
- Collectif actif depuis novembre 2025 : au moins deux occupations de la mairie de Ploufragan (6 et 29 mai 2026) avant l’action du 10 juin.
L’occupation du 10 juin : chronologie d’une action symbolique
Mercredi 10 juin 2026, une vingtaine de militants du Collectif en lutte avec les sans-papiers de Saint-Brieuc ont pénétré dans l’Hôtel du Département, siège du Conseil départemental des Côtes-d’Armor, selon Le Télégramme. L’action visait à alerter les élus et l’administration sur la situation de Monsieur T., ressortissant comorien sans-papiers domicilié à Saint-Brieuc.
La famille est dans une situation précaire depuis un contrôle routier en février 2026, qui a conduit à un refus de titre de séjour prononcé par la préfecture fin mars 2026. Une obligation de quitter le territoire français (OQTF) et une interdiction de retour sur le territoire français (IRTF) ont suivi, selon Le Télégramme. L’épouse de Monsieur T. est en situation régulière et travaille dans le département. Leurs trois enfants sont scolarisés.
Trois jours de mobilisation avant l’occupation
L’occupation du 10 juin s’inscrit dans une séquence de mobilisations rapprochées. Le 8 juin, environ 60 personnes s’étaient réunies place de la Résistance à Saint-Brieuc, selon Ouest-France. Le slogan mis en avant par les soutiens : « Il n’a commis aucun crime ».
La députée Murielle Lepvraud avait participé à ce rassemblement et exprimé son soutien sur le réseau X :
L’appel de la députée Lepvraud pour un relogement d’urgence
Dans la soirée du 10 juin, Murielle Lepvraud, députée LFI-NFP de la 4e circonscription des Côtes-d’Armor, a publié un message sur X appelant la préfecture à agir sans délai :
Elle impute la situation au « désengagement de l’État » et à la circulaire Retailleau, dont elle estime qu’elle conduit à associer quasi-systématiquement tout refus de titre de séjour à une OQTF. La préfecture des Côtes-d’Armor n’avait pas communiqué de réponse publique à cette demande au moment de la rédaction de cet article.
Un collectif structuré depuis novembre 2025
Le Collectif en lutte avec les sans-papiers de Saint-Brieuc est constitué depuis novembre 2025, selon Le Télégramme. Il est soutenu par les organisations syndicales CGT et FSU lors de ses actions. Dès décembre 2025, une centaine de personnes avaient déjà manifesté à Saint-Brieuc sur les droits des migrants, selon Le Télégramme.
Le collectif a intensifié ses actions au printemps 2026 : occupation de la mairie de Ploufragan le 6 mai avec une vingtaine de membres, puis nouvelle occupation le 29 mai pour défendre une autre famille de cinq enfants, selon Ouest-France. À l’image d’autres mobilisations de rue sur le territoire national, ces actions locales cherchent à peser sur des décisions administratives par la pression publique.
Contexte dans les Côtes-d’Armor
Saint-Brieuc est la préfecture des Côtes-d’Armor, département de 610 000 habitants environ. La question des sans-papiers y est portée par un tissu associatif actif depuis plusieurs années, auquel s’est ajouté le nouveau collectif en 2025. La ville de Ploufragan, commune limitrophe de Saint-Brieuc, a elle aussi été le théâtre de deux occupations de sa mairie au printemps 2026.
Au niveau national, les éloignements d’étrangers en situation irrégulière ont augmenté de 15,7 % en 2025, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur. Aucune statistique spécifique à Saint-Brieuc ou aux Côtes-d’Armor sur les expulsions ou les OQTF n’est disponible dans les sources consultées. Des affaires similaires, impliquant des familles avec enfants scolarisés et des soutiens syndicaux, ont également mobilisé des collectifs dans d’autres départements ces derniers mois.
La situation de Monsieur T. et l’éventuelle réponse de la préfecture des Côtes-d’Armor au relogement d’urgence demandé par la députée Lepvraud restent à confirmer dans les prochaines heures.
Sources
- Le Télégramme : À Saint-Brieuc, le collectif en lutte avec les sans-papiers a investi l'hôtel du Département
- Le Télégramme : On criminalise les personnes sans papiers : ils refusent l'expulsion de Monsieur T. aux Comores
- Ouest-France : Il n'a commis aucun crime : 60 personnes mobilisées à Saint-Brieuc contre l'expulsion d'un ressortissant comorien
- Ouest-France : Dix jours de répit pour une famille de sans-papiers menacée d'une nouvelle mise à la rue à Ploufragan
