Saint-Brieuc : saturation des urgences, personnels en grève face à l’été
Le 12 juin, le personnel du centre hospitalier Yves Le Foll s'est mobilisé pour dénoncer le manque d'effectifs et la saturation des urgences, aggravée par les fermetures de Dinan et Paimpol.
Un rassemblement syndical a eu lieu le 12 juin à l'hôpital de Saint-Brieuc. Les soignants pointent une saturation critique des urgences et un manque de personnel persistant, alors que les fermetures nocturnes de Dinan reportent les patients sur le site briochin.
L’essentiel
- 12 juin 2026 : rassemblement syndical CGT/CFDT à l’hôpital Yves Le Foll de Saint-Brieuc contre le manque de personnel et la saturation des urgences.
- 242 passages : pic enregistré le lundi de la Pentecôte (25 mai), qualifié de « signal d’alerte précoce » par la direction.
- Fermeture nocturne : urgences de Dinan fermées de 23 h à 8 h 30 du 15 juin au 30 septembre, report attendu vers Saint-Brieuc.
- Paimpol : deux postes d’urgentistes manquants, avec des régulations imposées par l’ARS Bretagne.
Le vendredi 12 juin 2026, à 13 h, plusieurs dizaines de soignants et représentants syndicaux se sont rassemblés devant le centre hospitalier Yves Le Foll de Saint-Brieuc. À l’appel de la CGT et de la CFDT, ils ont dénoncé une situation jugée « critique » aux urgences, dans un contexte de sous-effectifs chroniques et de reports de patients en provenance des hôpitaux voisins de Dinan et Paimpol.
Un rassemblement sous le signe de l’urgence
Les syndicats CGT et CFDT du centre hospitalier de Saint-Brieuc-Paimpol-Tréguier ont maintenu des préavis de grève illimitée déposés fin mai et début juin. Selon la CFDT, 100 % de l’équipe de nuit des urgences adultes (12 soignants) s’était déclarée en grève dès le 11 juin, réclamant la création de deux postes supplémentaires. Le rassemblement du 12 juin visait à alerter sur une saturation « prévisible » des urgences à l’approche de l’été.
« Le service des Urgences est complètement saturé, d’autant qu’il doit accueillir des patients de Dinan et de Paimpol dont les Urgences ont été fermées », a résumé un témoin sur le réseau X, relayant la mobilisation.
Une saturation aux causes multiples
Le service des urgences de Saint-Brieuc a déjà connu des pics d’activité inhabituels au printemps. Le lundi de la Pentecôte (25 mai), 242 passages ont été enregistrés, un chiffre que la direction de l’hôpital a qualifié de « signal d’alerte précoce » selon Le Télégramme. Les plannings des mois de juillet et août ne sont pas complets, renforçant les craintes des soignants.
La situation est aggravée par la fermeture nocturne des urgences de l’hôpital de Dinan, effective du 15 juin au 30 septembre 2026. Chaque nuit, de 23 h à 8 h 30, les urgences dinannaises sont contraintes de fermer en raison d’un manque aigu de médecins urgentistes, lié notamment à des congés maternité et paternité simultanés. Les patients sont alors réorientés vers Saint-Brieuc, déjà sous tension.
Du côté de Paimpol, le manque de deux urgentistes entraîne des régulations d’accès aux urgences, imposées par l’Agence régionale de santé (ARS) Bretagne. Ce troisième site du groupement hospitalier de territoire (GHT) d’Armor subit lui aussi des fermetures partielles régulières.
Contexte dans les Côtes-d’Armor
Le centre hospitalier Yves Le Foll de Saint-Brieuc est l’établissement support du GHT d’Armor, qui gère au total environ 4 600 lits et places dans le département. L’établissement, dirigé par Ariane Benard, a a un déficit record de 20 millions d’euros en 2024, selon l’Agence de presse médicale (APMnews). Mais les difficultés de recrutement persistent, notamment dans les services d’urgence.
Les Côtes-d’Armor comptent plusieurs hôpitaux de proximité (Lannion, Guingamp, Dinan, Paimpol) qui peinent à maintenir une offre de soins continue en été. Quatre élus costarmoricains avaient également alerté le ministre de l’Intérieur sur la situation de la prison de Saint-Brieuc, illustrant une fragilité globale des services publics dans le département.
La direction entre gestion des flux et réduction du déficit
Interrogée par les médias locaux lors du rassemblement, la direction de l’hôpital n’a pas communiqué de mesures immédiates. Elle avait toutefois anticipé des tensions estivales en évoquant des « plannings incomplets » pour août dans Le Télégramme. L’ARS Bretagne, de son côté, a validé la fermeture nocturne de Dinan, estimant qu’aucune solution alternative n’était possible à court terme.
Les syndicats dénoncent un « effet domino » : les restrictions imposées à Dinan et Paimpol concentrent les flux sur Saint-Brieuc, où les effectifs ne sont pas renforcés. « On nous demande d’absorber des patients supplémentaires avec les mêmes équipes, voire moins en été », résume un représentant de la CFDT. Les soignants redoutent un épuisement généralisé pendant les mois de juillet et août.
Prochaine étape
Le préavis de grève illimitée reste en vigueur sur les trois sites du centre hospitalier. Une nouvelle réunion de suivi avec la direction est attendue avant la fin juin, selon les syndicats. En attendant, les urgences de Saint-Brieuc se préparent à un été sous haute tension, avec le soutien des équipes de nuit qui restent mobilisées.
Sources
- Ouest-France : Le syndicat CGT du centre hospitalier de Saint-Brieuc, Paimpol et Tréguier appelle à des rassemblements
- Ouest-France : Plusieurs soignants des urgences de nuit à Saint-Brieuc se mettent en grève
- France 3 Bretagne : « On manque de personnel » : l'inquiétude monte dans les hôpitaux de Saint-Brieuc, Paimpol et Tréguier
- Le Télégramme : Les urgences de Saint-Brieuc se préparent à un été sous haute tension