Saint-Denis : trois policiers encerclés au Franc-Moisin, le maire Bagayoko joue les pompiers
Un tournage de clip non autorisé dimanche a tourné à l'affrontement, forçant le déploiement de 80 renforts dans la cité dionysienne.
Dimanche 27 avril 2026, un clip rap filmé sans autorisation place Rouge au Franc-Moisin a réuni plusieurs centaines de personnes. Trois policiers intervenus pour nuisances ont été encerclés et leur véhicule caillassé. Le maire Bally Bagayoko s'est rendu sur place pour désamorcer la crise.
Le tournage démarre l’après-midi dans une ambiance festive : familles, barbecues, plusieurs centaines de personnes sur la place Rouge de la cité du Franc-Moisin à Saint-Denis. Aucune autorisation préfectorale n’a été délivrée. Une patrouille de trois policiers intervient pour nuisances sonores et absence de déclaration, et demande l’arrêt immédiat du tournage.
La situation dégénère rapidement. Selon Le Parisien, les trois agents sont encerclés par environ 250 personnes. Leur véhicule, bloqué dans une impasse, est pris pour cible : des projectiles - cailloux notamment - atteignent la carrosserie. Le compte régulièrement confronté aux incidents en Seine-Saint-Denis, @PoliceRealites, résume la scène sur X :
Jusqu’à 80 renforts sont dépêchés sur place pour sécuriser la zone et exfiltrer les agents initiaux, selon fdesouche.com. Aucune arrestation n’a été rapportée à l’issue de l’incident.
Le maire en médiateur, version contestée
Bally Bagayoko, élu maire LFI de Saint-Denis en mars 2026 - il préside également Plaine Commune - arrive sur place après un appel des organisateurs du clip. Sa présence contribue à apaiser les tensions. Il déclare au Parisien : « Ça aurait pu dégénérer. » Il dit regretter le « manque de discernement » des premiers policiers intervenus, et affirme ne pas avoir participé personnellement au clip.
Le récit varie selon les sources. Une source policière citée par Le Parisien indique qu’il aurait soutenu la poursuite du tournage. Le site policeetrealites.com évoque un maire qui aurait « accordé du rab » aux organisateurs. Bagayoko dément toute participation et insiste sur son rôle d’apaisement. Le Parisien a relayé sa position sur X :
Un quartier et un précédent connu
Le Franc-Moisin n’en est pas à son premier incident de ce type. Le 30 mars 2025, un rodéo urbain dans ce même quartier avait dégénéré en affrontement avec la police municipale, impliquant une vingtaine de jeunes, selon Le Parisien. Le 22 avril 2025, un scénario comparable s’était produit à Pantin, commune voisine : un tournage de clip non autorisé avait viré à l’émeute, avec barricades et tirs de mortier sur les forces de l’ordre, toujours selon Le Parisien.
Ces incidents posent une question récurrente en Seine-Saint-Denis : comment encadrer des tournages sauvages dans des quartiers où la relation avec la police reste tendue ? D’autres faits divers en Île-de-France illustrent cette même difficulté à maintenir l’ordre public en milieu urbain dense.
Dimanche soir, la situation était revenue au calme au Franc-Moisin. Les suites judiciaires éventuelles - pour le tournage non autorisé ou pour les violences contre les agents - n’ont pas été précisées par le parquet à ce stade.
Sources
- Le Parisien : « Ça aurait pu dégénérer » : le clip de rap illégal interrompu par la police, Bally Bagayoko calme le jeu sur place
- PoliceRealites (X) : Saint-Denis : 3 policiers encerclés par 250 personnes lors d'un tournage de clip illégal
- Police & Réalités : Franc-Moisin : comment le maire LFI de Saint-Denis a évité le pire
- Le Parisien : « On a frôlé la catastrophe » : à Saint-Denis, un rodéo urbain tourne à l'affrontement avec la police