Saint-Denis : la ministre Rist visite les urgences de Delafontaine et échange avec les soignants
Stéphanie Rist s'est rendue le 5 juin 2026 au CH Saint-Denis pour écouter les équipes sur les conditions de travail, la psychiatrie et les violences.
La ministre de la Santé Stéphanie Rist a visité les urgences de l'hôpital Delafontaine à Saint-Denis le 5 juin 2026. Elle a échangé avec les soignants sur les tensions RH, les violences, la prise en charge psychiatrique et les travaux de rénovation prévus.
L’essentiel
- Visite le 5 juin 2026 : Stéphanie Rist s’est rendue au service des urgences du CH Saint-Denis (site Delafontaine, 2 rue du Docteur Delafontaine).
- 63 901 passages en 2023 : le SAU du CH Saint-Denis figure parmi les services les plus sollicités du département, avec 26 ETP médecins et 31 IDE de jour.
- Quatre sujets au cœur des échanges : prise en charge psychiatrique insuffisante, tensions RH, violences aux personnels, rémunération.
- Travaux programmés : un marché public de restructuration et extension des urgences adultes et pédiatriques a été lancé en 2025.
- Délégation plurielle : sous-préfète, maire, ARS, GHT, SAMU 93 et direction du CH étaient présents.
Une visite annoncée dès 8h du matin
La visite était planifiée. Un communiqué de presse diffusé avant le déplacement précisait le programme : arrivée à 8h, visite du service guidée par le Dr Mathias Wargon, chef des urgences, puis temps d’échanges avec les équipes, selon le site Toute-la-veille-acteurs-santé. La ministre est arrivée accompagnée d’une délégation institutionnelle fournie : la sous-préfète de Saint-Denis Animya N’Tchandy, le maire Bally Bagayoko, Emmanuelle Latour pour l’ARS, Jean Pinson pour le GHT Plaine de France, Yohann Mourier pour la direction du CH, et la Dr Anne-Laure Feral Piersens, cheffe du SAMU 93.
Ce que les soignants ont mis sur la table
Les échanges ont été directs, selon les comptes rendus publiés sur X par le maire Bally Bagayoko et la ministre elle-même. Quatre thèmes ont concentré la discussion : l’insuffisance de la prise en charge psychiatrique aux urgences, les tensions liées aux ressources humaines, les violences exercées contre les personnels, et les questions de reconnaissance et de rémunération. Des problématiques récurrentes dans les services d’urgence franciliens, et particulièrement sensibles en Seine-Saint-Denis.
Sur la question des violences faites aux soignants, une convention hôpital-police contre les violences signée à Briançon fin mai 2026 illustre la montée en charge du sujet à l’échelle nationale. La ministre a également évoqué les mesures qu’elle porte pour améliorer l’accès aux urgences, dans le cadre d’une stratégie nationale présentée le même jour au congrès, selon Le Parisien et La Croix.
Des travaux de rénovation confirmés
La question des locaux a aussi été abordée. Un marché public lancé en 2025 porte sur la restructuration et l’extension du service d’accueil des urgences adultes et pédiatriques du CH Saint-Denis sur le site Delafontaine, selon La Centrale des marchés. Le maire Bagayoko a confirmé sur X que ces travaux ont été mentionnés lors de la visite. Le calendrier et le montant précis n’ont pas été communiqués publiquement à ce stade.
Contexte dans la Seine-Saint-Denis
Le Centre hospitalier de Saint-Denis fonctionne sur deux sites : Delafontaine et Casanova. Il dispose de 700 à 850 lits et places, est classé SAU (Service d’accueil des urgences) et centre de périnatalité de niveau 3, selon Wikipedia et le site officiel du CH. En 2023, le service a enregistré 63 901 passages, avec une équipe de 26 ETP médecins et 31 infirmiers de jour. L’établissement dessert un bassin de 250 000 à 300 000 habitants dans un territoire où la densité médicale libérale reste inférieure à la moyenne régionale, ce qui accentue la pression sur les urgences hospitalières. Dans ce contexte, le bilan du parquet de Bobigny pour mai 2026 - 2 663 gardes à vue, 202 comparutions immédiates - rappelle l’intensité des flux judiciaires et sociaux qui traversent le département, avec des répercussions directes sur les urgences. Le site Delafontaine a été construit dans le cadre des « Hôpitaux de Saint-Denis » au XXe siècle, avec une ouverture du site remontant à 1976 selon l’historique publié par le CH.
La Seine-Saint-Denis est l’un des départements les plus déficitaires en offre de soins de ville. Cette visite ministérielle s’inscrit dans un contexte national de réforme des urgences : le gouvernement travaille à un filtrage renforcé par le 15 et à l’identification des usagers fréquents pour désengorger les services, selon Le Parisien et CNEWS.
Prochaine étape
Les suites données aux échanges - annonces budgétaires, avancement des travaux, mesures RH - n’ont pas été précisées lors de la visite. Le calendrier des travaux de restructuration des urgences de Delafontaine devrait être communiqué par le CH Saint-Denis dans les prochaines semaines.
Sources
- Préfecture 93 : Tweet officiel de la préfecture de Seine-Saint-Denis sur la visite de Stéphanie Rist
- Mairie de Saint-Denis : Tweet du maire de Saint-Denis sur les échanges lors de la visite ministérielle
- Ministère de la Santé : Tweet de la ministre Stéphanie Rist sur sa visite au CH Saint-Denis
- Toute-la-veille-acteurs-santé : Déplacement de Stéphanie Rist au Centre Hospitalier de Saint-Denis