Saint-Denis : la préfecture interdit le rassemblement d’extrême droite contre Bagayoko

Le préfet de Seine-Saint-Denis a proscrit le 9 avril tout rassemblement non déclaré prévu le 11 avril dans un périmètre défini de la ville.

Saint-Denis : la préfecture interdit le rassemblement d'extrême droite contre Bagayoko
Illustration Fatima Benali / info.fr

Un collectif d'extrême droite avait annoncé un rassemblement non déclaré sur le parvis de la Basilique de Saint-Denis. Le préfet a interdit la mobilisation deux jours avant, invoquant des risques d'affrontements. Le contexte : l'élection récente du maire LFI Bally Bagayoko, cible de propos racistes sur CNews.

Le préfet de Seine-Saint-Denis a signé le 9 avril 2026 un arrêté interdisant tout rassemblement non déclaré dans un périmètre défini de Saint-Denis pour le samedi 11 avril. La décision visait directement le collectif d’extrême droite Le Parti de la France, qui appelait à se réunir sur le parvis de la Basilique pour, selon ses termes, « rappeler que Saint-Denis reste une ville française ».

Une séquence post-électorale tendue

Tout part de l’élection municipale du 21 mars 2026. Bally Bagayoko, 52 ans, né à Levallois-Perret de parents maliens et grandi à Saint-Denis, remporte la mairie avec 50,77 % des voix au premier tour, selon Wikipedia. Sa liste LFI-PCF succède au socialiste Mathieu Hanotin et prend la tête d’une commune fusionnée avec Pierrefitte-sur-Seine, soit environ 150 000 habitants.

Dans les jours suivants, des propos racistes sont tenus contre lui sur CNews. Bagayoko porte plainte et annonce, le 30 mars, un rassemblement citoyen contre le racisme et les discriminations, tenu le 4 avril sur le parvis de la mairie, selon Le Monde. C’est en réaction à ce rassemblement que Le Parti de la France lance son appel du 11 avril.

La préfecture craint les affrontements

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Dans son communiqué, la préfecture de Seine-Saint-Denis justifie l’interdiction : la tenue de ces rassemblements est « de nature à susciter des troubles à l’ordre public et d’occasionner des affrontements entre militants aux revendications antagonistes ». Des appels à contre-mobilisation circulaient sous le mot d’ordre « pas de nazis à Saint-Denis ».

Malgré l’arrêté, des tensions étaient redoutées le 11 avril, selon actu.fr. Aucun incident majeur n’a été rapporté à ce stade.

Un précédent en Seine-Saint-Denis

Ce type d’interdiction préventive n’est pas inédit dans le département. En mars 2025, la préfecture avait déjà prononcé une mesure similaire lors d’un événement à Noisy-le-Sec impliquant des figures d’extrême droite, selon France Info. La logique est la même : interdire avant plutôt que gérer des heurts sur place.

Bally Bagayoko est titulaire d’une maîtrise en sciences des banlieues et d’un DESS en géopolitique de Paris-VIII. Il a été cadre à la RATP et entraîneur de basket au Saint-Denis Union Sports avant d’entrer en politique en 2001 comme adjoint aux maires PCF Patrick Braouezec puis Laurent Russier, selon son site officiel. En 2020, il avait terminé troisième aux municipales avec LFI. Six ans plus tard, il dirige la ville.

Sources

Fatima Benali

Fatima Benali

Basée à Bobigny, elle traite les tensions sur le logement, les débats sur la sécurité, les projets de Grand Paris Express et les inégalités scolaires. Issue de l'ESJ Lille, elle a grandi en Seine-Saint-Denis. Méthode rigoureuse : interroger les élus, les associations, les enseignants, vérifier les statistiques de la préfecture avant de publier.

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