Saint-Étienne-du-Rouvray : Sébastien Lecornu attendu dimanche pour les 10 ans
Le Premier ministre présidera dimanche les commémorations du dixième anniversaire de l'assassinat du père Jacques Hamel
Dix ans après l'attentat qui a coûté la vie au père Jacques Hamel, Sébastien Lecornu se rendra à Saint-Étienne-du-Rouvray ce dimanche 26 juillet. Le Premier ministre assistera à la messe commémorative et prononcera un discours lors de cette journée d'hommage.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Sébastien Lecornu attendu le dimanche 26 juillet 2026 à Saint-Étienne-du-Rouvray, confirmation officielle de Matignon le 22 juillet
- Messe commémorative à 11h présidée par le cardinal Jean-Marc Aveline, discours du Premier ministre à 12h25
- Le père Jacques Hamel, 85 ans, a été assassiné le 26 juillet 2016 dans son église par deux terroristes se réclamant de l'État islamique
- Procédure de béatification ouverte en 2017, dossier transmis au Vatican en 2020
- Saint-Étienne-du-Rouvray compte environ 28 000 habitants dans l'agglomération rouennaise
Le Premier ministre Sébastien Lecornu sera présent ce dimanche 26 juillet à Saint-Étienne-du-Rouvray pour les commémorations du dixième anniversaire de l’assassinat du père Jacques Hamel. La confirmation officielle a été transmise par Matignon le lundi 22 juillet, selon ICI Normandie.
Un programme chargé dimanche matin
Le chef du gouvernement est attendu à 10h50 dans la commune de Seine-Maritime. Il assistera à la messe commémorative qui débutera à 11h, présidée par le cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille. Sébastien Lecornu prononcera un discours à 12h25, avant de saluer les primo-intervenants qui étaient présents le jour du drame.
La ville de Saint-Étienne-du-Rouvray organise l’ensemble de ces commémorations, selon le site officiel de la commune.
Le 26 juillet 2016, un attentat qui a marqué la France
Le père Jacques Hamel avait été assassiné le 26 juillet 2016 dans l’église de Saint-Étienne-du-Rouvray. Deux terroristes se réclamant de l’organisation État islamique avaient pénétré dans l’édifice pendant la messe matinale. Le prêtre, âgé de 85 ans, officiait devant une poignée de fidèles lorsqu’il a été égorgé.
L’attaque avait profondément choqué le pays. Pour la première fois sur le territoire français, un attentat visait un lieu de culte en plein office religieux. Les deux assaillants, Adel Kermiche et Abdel-Malik Petitjean, avaient été abattus par la police à leur sortie de l’église.
Une religieuse présente ce jour-là avait été grièvement blessée. Trois autres personnes, dont un paroissien de 86 ans, étaient retenues en otages à l’intérieur de l’édifice avant l’intervention des forces de l’ordre.
Contexte dans la Seine-Maritime
Saint-Étienne-du-Rouvray compte environ 30 000 habitants et se situe dans l’agglomération rouennaise. La commune fait partie de la Métropole Rouen Normandie, qui regroupe 71 communes et plus de 503 000 habitants. L’attentat de 2016 reste l’acte terroriste le plus marquant survenu dans le département depuis les attentats de 2015-2016 en France.
La Seine-Maritime n’avait pas connu d’attaque terroriste d’une telle ampleur depuis la Seconde Guerre mondiale. L’assassinat du père Hamel a placé cette commune industrielle de la banlieue rouennaise au cœur de l’actualité nationale et internationale pendant plusieurs semaines.
L’église Saint-Étienne, construite dans les années 1960, était devenue un symbole de la menace terroriste pesant sur les lieux de culte. Des mesures de sécurité renforcées avaient été déployées dans les édifices religieux de toute la région après le drame.
Une figure du dialogue interreligieux
Depuis 2016, le père Jacques Hamel est devenu une figure du dialogue interreligieux. Son assassinat avait suscité une vague d’émotion et de solidarité, y compris au sein de la communauté musulmane française. Des responsables religieux musulmans avaient assisté aux obsèques du prêtre à la cathédrale de Rouen.
L’Église catholique a ouvert en 2017 un procès en béatification pour le père Hamel. La procédure diocésaine s’est achevée en mars 2019. Le dossier a été transmis au Vatican, où l’instruction se poursuit. Si elle aboutit, Jacques Hamel deviendrait le premier prêtre français tué dans un attentat à être béatifié.
Une stèle commémorative a été érigée devant l’église de Saint-Étienne-du-Rouvray en 2017. Une rue de la commune porte désormais le nom du prêtre assassiné.
La présence de Sébastien Lecornu, un symbole fort
La venue du Premier ministre témoigne de l’importance accordée par l’État à cette commémoration. Sébastien Lecornu, originaire de Normandie et ancien élu du département de l’Eure, connaît bien la région. Il avait été ministre des Outre-mer puis ministre des Armées avant d’être nommé Premier ministre.
Sa présence s’inscrit dans la continuité des hommages nationaux rendus aux victimes du terrorisme. En 2016, le président de la République de l’époque, François Hollande, s’était rendu à Saint-Étienne-du-Rouvray quelques jours après l’attentat.
Les autorités locales et les responsables religieux se mobilisent pour organiser cette journée de recueillement. La commune attend plusieurs centaines de personnes, dont des proches du père Hamel, des paroissiens et des représentants des cultes.
Dix ans après, une mémoire intacte
La commémoration du dixième anniversaire intervient dans un contexte où la menace terroriste reste présente en France. Depuis 2016, plusieurs attentats ont endeuillé le pays, notamment l’assassinat de Samuel Paty en 2020 et l’attaque à Conflans-Sainte-Honorine.
Les dispositifs de sécurité autour des lieux de culte ont été maintenus et renforcés au fil des années. Des patrouilles de police et de gendarmerie sont régulièrement déployées devant les églises, synagogues et mosquées, particulièrement lors des grandes célébrations religieuses.
Pour la communauté catholique de Seine-Maritime, le souvenir du père Hamel reste vif. Des messes sont célébrées chaque année le 26 juillet dans l’église de Saint-Étienne-du-Rouvray. La figure du prêtre assassiné continue d’inspirer le dialogue entre les religions et la lutte contre l’obscurantisme.
Ce dimanche, les regards seront tournés vers cette commune de l’agglomération rouennaise, dix ans après un drame qui a marqué l’histoire récente de la France.