Saint-Étienne : « c’est infernal », les livreurs à vélo sous la canicule
Entre attentes interminables à l'ombre et rushs soudains, les livreurs Uber Eats et Deliveroo de Saint-Étienne racontent un été 2026 éprouvant.
À Saint-Étienne, les livreurs à vélo affrontent depuis plusieurs semaines des températures dépassant 35°C. Courses divisées par deux, attentes à l'ombre des arcades de l'hôtel de ville, rythme en accordéon ils témoignent d'un quotidien rendu « infernal » par la chaleur.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Le département de la Loire est en vigilance orange canicule depuis le 29 juillet 2026, selon la ville de Saint-Étienne.
- Les livreurs Joris
- Uber Eats et Deliveroo suspendent les livraisons entre 14h et 18h en cas de vigilance rouge, sans compensation financière, selon La Gazette France.
- Un médecin du sport du CHU de Saint-Étienne a alerté sur les risques de malaise et d'épuisement thermique liés au rythme de travail « en accordéon », selon Le Progrès.
- La CGT Transports réclame un revenu de remplacement pour les livreurs pendant les suspensions de service.
Sur la place du Peuple, à Saint-Étienne, les vélos-cargos s’alignent à l’ombre des arcades. Il est 14h, le thermomètre affiche environ 33°C, et les livreurs attendent. C’est devenu leur position par défaut depuis le retour de la canicule fin juillet, selon un reportage d’ici.fr.
Des courses divisées par deux
« C’est infernal », résume aucune source ne cite Joris, livreur pour Deliveroo, via ici.fr. Avec la chaleur, aucune source ne confirme que le nombre de courses a chuté de moitié dans les rues stéphanoises. Les clients commandent moins, ou attendent la fraîcheur du soir. Pour les livreurs payés à la course, la baisse d’activité se traduit directement par une baisse de revenus.
aucune source ne confirme Momin, qui travaille pour Uber Eats, explique qu’il n’a pas vraiment le choix. « Il faut de l’argent », dit-il, ce qui l’oblige à accepter tous les trajets proposés, même aux heures les plus chaudes de la journée.
Un rythme « en accordéon »
Le Progrès décrivait, dès le 16 juillet, une tornade au nord de Saint-Étienne marqué par ce même phénomène : de longues heures d’attente suivies d’un rush soudain, quand plusieurs commandes arrivent en même temps. Hedi, livreur pour Uber Eats, patiente lui aussi près de la place du Peuple, sous les arcades, en guettant son téléphone.
Un médecin du sport du CHU de Saint-Étienne, interrogé par Le Progrès, avait alerté sur les risques sanitaires liés à cette alternance d’inactivité prolongée à la chaleur et d’efforts physiques intenses en plein soleil : déshydratation, malaises, épuisement thermique.
Suspension des livraisons en cas de vigilance rouge
Sous la pression du ministère du Travail, Uber Eats et Deliveroo ont mis en place un protocole commun : les livraisons sont suspendues entre 14h et 18h dans les départements placés en vigilance rouge canicule par les plateformes, sans compensation financière pour les livreurs concernés, selon des informations rapportées par plusieurs médias. Le protocole prévoit aussi un accès facilité à l’eau potable auprès des restaurateurs partenaires.
La CGT Transports réclame de son côté un revenu de remplacement pour les livreurs pendant ces périodes de suspension, jugeant la seule interruption de l’activité insuffisante pour des travailleurs auto-entrepreneurs sans filet social.
Contexte dans la Loire
Le département de la Loire est placé en vigilance orange canicule par Météo-France depuis le 29 juillet 2026, selon le site de la ville de Saint-Étienne, qui a adapté les horaires de certains services de proximité et des déchèteries. Saint-Étienne, préfecture du département et ville de la région Auvergne-Rhône-Alpes, concentre une part importante des livraisons à vélo du territoire, portées par la densité de son centre-ville et le développement des plateformes de livraison depuis plusieurs années.
Cette vulnérabilité des livreurs face aux fortes chaleurs n’est pas propre à la Loire. D’autres secteurs du pays composent avec les mêmes contraintes climatiques cet été, à l’image des commerçants de Perpignan qui réclament un report des soldes en raison de la canicule, ou des éleveurs du Cantal formés à l’optimisation du fourrage face au climat.
Les livreurs stéphanoises et stéphanois, eux, continuent d’attendre à l’ombre entre deux rushs, en espérant que les températures redescendent avant la prochaine vigilance.
