Saint-Étienne : le moineau domestique perd ses logements et sa nourriture

La population de moineaux a chuté de 17 % en trente ans dans la ville, victime de la bétonisation et de la disparition des insectes.

Saint-Étienne : le moineau domestique perd ses logements et sa nourriture
Illustration David Garnier / info.fr

Façades rénovées, constructions modernes, pesticides : le moineau domestique manque de tout à Saint-Étienne. La Métropole tente de réagir avec nichoirs et corridors écologiques. Mais le déclin se poursuit.

Moins de gazouillements dans les rues stéphanoises. Selon Le Progrès, la population de moineaux domestiques a reculé de 17 % en trente ans à Saint-Étienne. Deux causes principales : le manque de sites pour nicher et la raréfaction des insectes dont se nourrissent les oisillons.

Des nids qui disparaissent avec les vieux bâtiments

Le moineau est une espèce commensal : il vit au contact direct de l’homme, dans les anfractuosités des façades, sous les tuiles, dans les crevasses des vieilles pierres. Or les ravalements de façades et les constructions neuves aux joints parfaitement lisses suppriment ces cavités. La LPO Auvergne-Rhône-Alpes chiffre le déclin à 17 % sur la dernière décennie dans la région, avec des disparitions locales remontant à dix ans dans les Monts du Lyonnais. À l’échelle nationale, certaines villes françaises ont perdu près de 1,3 million de moineaux en quinze ans, selon la LPO Hérault. Le phénomène est plus marqué en zones urbaines qu’en campagne.

Le précédent parisien est éloquent : la capitale a perdu 73 % de ses moineaux entre 2003 et 2016, selon Marie France, sous l’effet combiné des ravalements et de la bétonisation. Saint-Étienne suit une trajectoire similaire depuis les années 1980. Depuis les années 2000, l’urbanisation a consommé 3 550 hectares de terres agricoles et naturelles dans la Loire, selon un rapport de la Capitale française de la biodiversité de 2017, fragmentant les habitats disponibles pour les oiseaux.

Nichoirs et corridors : la réponse de la Métropole

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Saint-Étienne Métropole a adopté en mars 2023 une stratégie globale pour la biodiversité. Dans ce cadre, le Contrat Vert et Bleu prévoit l’installation de nichoirs pour oiseaux et chauves-souris dans les espaces urbains, ainsi que la restauration de corridors écologiques, selon le site de la Métropole. Les nichoirs visent notamment les martinets, espèce proche du moineau et soumise aux mêmes pressions.

En parallèle, la Ville de Saint-Étienne a lancé en 2026 un parcours pédagogique dédié à la faune urbaine. Trois webinaires organisés par la Métropole - les 27 janvier, 3 et 26 février - ont sensibilisé le public à la préservation des espèces locales. Une prochaine étape est annoncée autour de l’agriculture urbaine, selon le site Engagée pour la nature.

Si les actions se multiplient, leur effet sur les populations de moineaux reste à mesurer. Le déclin, lui, dure depuis quatre décennies.

Sources

David Garnier

David Garnier

Basé à Saint-Étienne, traite la désindustrialisation, les tensions sur l'emploi, les projets de reconversion urbaine et l'université. Formé à Sciences Po Grenoble, il a travaillé en radio régionale avant de rejoindre la rédaction web. Posture éditoriale : rencontrer les ouvriers, les élus, les entrepreneurs, vérifier les bilans sociaux avant de publier.

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