Saint-Jans-Cappel : médaille des Justes remise à Jeanne-Marie Vanlande
Le préfet du Nord a présidé dimanche la cérémonie posthume honorant la directrice du préventorium qui a sauvé un enfant juif en 1943
Dimanche 26 juillet, Saint-Jans-Cappel a rendu hommage à Jeanne-Marie Vanlande. Cette directrice de préventorium a reçu à titre posthume la médaille des Justes parmi les Nations pour avoir caché Marcel Kaizler, enfant juif belge, durant l'Occupation.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Cérémonie le 26 juillet 2026 à Saint-Jans-Cappel présidée par le préfet du Nord Bertrand Gaume
- Jeanne-Marie Vanlande (1897-1958) a caché Marcel Kaizler, enfant juif belge, au préventorium « Le Coteau » pendant l'Occupation
- Distinction décernée par Yad Vashem le 16 juillet 2024, remise posthume à la famille
- Dispositif de sécurité renforcé avec gendarmes et militaires en raison de la présence de la famille Kaizler venue d'Israël
La cérémonie s’est déroulée dimanche après-midi à la mairie de Saint-Jans-Cappel, en présence du préfet du Nord Bertrand Gaume. La médaille des Justes parmi les Nations a été remise à titre posthume à Jeanne-Marie Vanlande (1897-1958), ancienne directrice du préventorium « Le Coteau ».
La distinction, décernée par l’institut Yad Vashem en 2024, reconnaît le courage de cette femme qui a protégé des enfants juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. La famille de Jeanne-Marie Vanlande et celle de Marcel Kaizler, venue d’Israël, assistaient à l’événement, selon Nord Littoral.
Ce qui s’est passé pendant la guerre
Jeanne-Marie Vanlande dirigeait le préventorium « Le Coteau » à Saint-Jans-Cappel durant l’Occupation. L’établissement accueillait des enfants orphelins ou atteints de tuberculose.
Marcel Kaizler et sa mère avaient fui la Belgique en 1940. Ils ont d’abord été aidés par Louise Deligne à Lille, reconnue Juste en 2021. Après les rafles de 1942 en Belgique, Marcel a été placé au préventorium via la Croix-Rouge, selon le dossier Yad Vashem.
Jeanne-Marie Vanlande lui a fourni un refuge et lui a demandé de masquer son identité. Elle a également caché d’autres résistants et au moins trois enfants juifs dans son établissement, selon le Comité Français pour Yad Vashem. Les risques encourus étaient considérables : arrestation, déportation.
Un dispositif de sécurité renforcé
La cérémonie a mobilisé gendarmes et militaires de l’opération Sentinelle. Ce dispositif exceptionnel s’expliquait par la présence de membres de la famille Kaizler venus d’Israël, rapporte Nord Littoral. L’événement s’est tenu dans la mairie de Saint-Jans-Cappel.
Contexte dans le Nord
Le Nord compte plusieurs dizaines de Justes parmi les Nations. Louise Deligne, également de la région, a été reconnue en 2021 pour avoir aidé la famille Kaizler avant leur passage à Saint-Jans-Cappel. Ces cérémonies rappellent le rôle de réseaux de solidarité locaux durant l’Occupation.
Saint-Jans-Cappel, commune rurale des Monts de Flandre, abrite ce préventorium depuis l’entre-deux-guerres. L’établissement servait d’institution de soin pour enfants fragiles avant de devenir un lieu de refuge clandestin.
Cette reconnaissance posthume s’inscrit dans une démarche mémorielle portée par Yad Vashem depuis 1953. Plus de 4 400 Français ont reçu ce titre.
La distinction des Justes
Le titre de Juste parmi les Nations est décerné par l’État d’Israël aux personnes non juives ayant risqué leur vie pour sauver des Juifs pendant la Shoah. Chaque dossier fait l’objet d’une enquête historique approfondie menée par Yad Vashem à Jérusalem.
Pour Jeanne-Marie Vanlande, le dossier 13578A a été validé en juillet 2024, soit 66 ans après sa mort. La cérémonie de dimanche marque la remise officielle de la médaille à ses descendants.
Le préfet Bertrand Gaume a présidé plusieurs cérémonies mémorielles dans le département ces derniers mois, notamment des rencontres avec des élus locaux pour promouvoir le devoir de mémoire.