Saint-Laurent-du-Maroni ouvre un centre d’accueil pour migrants brésiliens

La commune guyanaise mise sur l'intégration linguistique et professionnelle des arrivants brésiliens, nombreux sur ce territoire frontalier.

Saint-Laurent-du-Maroni ouvre un centre d'accueil pour migrants brésiliens
Illustration Sylvie Tchangou / info.fr

Un nouveau centre d'accueil destiné aux migrants brésiliens a ouvert ses portes à Saint-Laurent-du-Maroni le 2 avril 2026. Il vise à accompagner leur intégration linguistique et professionnelle. La ville concentre déjà un quart de la population immigrée brésilienne de Guyane.

Saint-Laurent-du-Maroni, ville frontalière du Suriname et principale porte d’entrée ouest de la Guyane, accueille depuis le 2 avril 2026 un centre dédié à l’intégration des migrants brésiliens. L’objectif affiché : proposer un accompagnement linguistique et une insertion professionnelle aux arrivants.

Une population brésilienne fortement ancrée

La présence brésilienne à Saint-Laurent n’est pas nouvelle. Selon un rapport de l’Agence française de développement, environ 25 % des immigrés brésiliens de Guyane résident dans cette seule commune. La population immigrée y représentait déjà un tiers des 44 169 habitants recensés en 2014, avec une croissance migratoire de +2,2 % par an entre 1999 et 2010, selon les données de la mairie.

À l’échelle de la Guyane, les Brésiliens forment la troisième communauté étrangère. Les premiers flux massifs remontent à 1965, avec environ 10 000 arrivants, selon Wikipedia. Depuis, les migrations économiques transfrontalières n’ont pas cessé, alimentées notamment par l’orpaillage : en avril 2025, 96 % des quelque 7 000 orpailleurs illégaux recensés en Guyane étaient de nationalité brésilienne, selon un rapport sénatorial de 2026.

Un contexte sécuritaire préoccupant

Publicité

L’ouverture du centre intervient dans un contexte tendu. Ce même rapport du Sénat signale l’implantation en Guyane de quatre factions armées brésiliennes liées au narcotrafic - PCC, CV, FTA et APS. Une réalité qui complique les efforts d’intégration et alimente le débat politique national.

En février 2026, la maire Sophie Charles avait abordé ces enjeux lors de la visite de la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou à Saint-Laurent-du-Maroni, selon La1ère. Les échanges avaient porté sur les écoles et les quartiers informels, directement concernés par la pression migratoire.

Un précédent à Cayenne

Saint-Laurent-du-Maroni n’est pas la première commune guyanaise à se doter d’un tel équipement. En janvier 2025, Cayenne inaugurait « Les Carrières », un centre d’hébergement d’urgence de 96 places pour demandeurs d’asile et sans-abris, géré par l’association Vie Active, selon La1ère. Le nouveau centre laurentien s’inscrit dans cette dynamique, avec un volet intégration plus marqué.

Les modalités précises de fonctionnement - capacité d’accueil, opérateur gestionnaire, financement - n’ont pas été communiquées à ce stade. Le programme complet reste à détailler par les autorités locales.

Sources

Sylvie Tchangou

Sylvie Tchangou

Correspondante à Cayenne, elle suit les tensions sur l'orpaillage illégal, les débats sur le spatial, les projets routiers et les restructurations hospitalières. Issue de Sciences Po Aix, elle a grandi en Guyane. Ligne de travail : interroger les gendarmes, les élus, les associations environnementales, croiser les rapports du BRGM avant de publier.

Publicité
Lien copié !
× Infographie agrandie