Saint-Laurent-du-Maroni : premier maire bushinengue, recours en cours

Lénaïck Adam remporte la mairie avec 42% des voix, une première historique contestée devant le tribunal administratif.

Saint-Laurent-du-Maroni : premier maire bushinengue, recours en cours
Illustration Sylvie Tchangou / info.fr

Les élections municipales partielles des 15 et 22 mars 2026 ont porté Lénaïck Adam à la tête de Saint-Laurent-du-Maroni. C'est la première fois qu'un maire issu de la communauté bushinengue dirige la deuxième ville de Guyane. Des recours judiciaires viennent cependant ternir ce résultat.

Au second tour du 22 mars 2026, Lénaïck Adam a obtenu 42,04% des voix - soit 4 193 suffrages - face à la maire sortante Sophie Charles (29,32%, 2 925 voix) et à l’ancien maire Léon Bertrand (28,64%, 2 857 voix), selon les données compilées par Datan. Avec 33 sièges au conseil municipal contre 6 pour chacun de ses adversaires, Adam s’installe en position dominante.

La participation atteint 60,3% au second tour, sur 16 697 inscrits, selon France-Guyane. Un chiffre notable pour une commune habituée à des scrutins plus atones.

Une première historique pour la communauté bushinengue

Pour la première fois, la capitale de l’ouest guyanais élit un maire issu de la communauté bushinengue, selon France-Guyane. Lénaïck Adam devance ainsi deux figures installées : Sophie Charles, en poste depuis 2020, et Léon Bertrand, qui avait dirigé la ville de 2008 à 2020 et exercé comme ministre, selon France Info La 1ère. Charles a d’ores et déjà annoncé qu’elle ne siégera pas dans le nouveau conseil municipal.

La commune compte plus de 52 000 habitants et a connu une croissance de 30% du nombre d’élèves en dix ans, d’après le bilan 2020-2025 publié par la mairie de Saint-Laurent-du-Maroni. Le nouveau maire hérite d’une ville en expansion rapide, avec des besoins importants en infrastructures scolaires et sanitaires.

Recours judiciaires et contentieux frontalier

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La victoire d’Adam est contestée. Léon Bertrand a déposé un recours au tribunal administratif mettant en cause la sincérité du scrutin. Il fait partie des recours déposés dans 10 des 22 communes guyanaises concernées par les municipales 2026.

L’audience n’a pas encore été datée précisément, selon France-Guyane.

Parallèlement, les enjeux frontaliers avec le Suriname restent prégnants. Le fleuve Maroni constitue une frontière poreuse. L’opération ATIPA, menée du 13 au 19 avril 2026 par la Police nationale, a abouti à 196 refoulements, selon le compte officiel de la police en Guyane.

Le développement économique frontalier et la gestion des flux migratoires figureront parmi les dossiers prioritaires du nouveau conseil municipal.

Prochaine étape

L’audience du tribunal administratif sur les recours contestataires déterminera si les résultats du 22 mars sont confirmés. Aucune date précise n’a été communiquée à ce stade.

Sources

Sylvie Tchangou

Sylvie Tchangou

Correspondante à Cayenne, elle suit les tensions sur l'orpaillage illégal, les débats sur le spatial, les projets routiers et les restructurations hospitalières. Issue de Sciences Po Aix, elle a grandi en Guyane. Ligne de travail : interroger les gendarmes, les élus, les associations environnementales, croiser les rapports du BRGM avant de publier.

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