Saint-Louis lance une coopérative de rhum artisanal pour viser l’export
La commune agricole de Grande-Terre structure sa filière rhum pour conquérir les marchés hexagonaux et internationaux.
Une coopérative de rhum artisanal vient d'être lancée à Saint-Louis, en Guadeloupe. Le projet bénéficie de financements régionaux et européens. Objectif : mieux valoriser la production locale à l'export.
Saint-Louis, commune agricole de Grande-Terre, a officialisé le lancement d’une coopérative de rhum artisanal le 14 avril 2026. La structure vise à regrouper les producteurs locaux pour renforcer leur présence sur les marchés hexagonaux et internationaux, dans une filière portée par plusieurs siècles d’histoire.
Une filière ancrée dans le territoire
La culture de la canne à sucre en Guadeloupe remonte à 1635, selon les Îles de Guadeloupe. La distillation d’eau-de-vie de canne a débuté en 1694, attribuée au père Labat. Depuis, la filière a connu des cycles : essor au XVIIIe siècle, déclin sucrier au XXe, puis reconversion progressive vers le rhum agricole. La production annuelle de rhum agricole en Guadeloupe atteint environ 79 000 hectolitres d’alcool pur, selon Wikipedia. Les surfaces cultivées en canne ont progressé de plus de 20 % depuis les années 1990.
Saint-Louis s’inscrit dans ce mouvement de reconversion. La commune n’a pas encore détaillé publiquement le nombre d’adhérents fondateurs ni le volume de production initial visé par la coopérative.
Des soutiens publics mobilisés
Le projet peut s’appuyer sur plusieurs dispositifs. La Région Guadeloupe mobilise 638 millions d’euros de fonds FEDER et FSE+ pour la période 2021-2027, dont une partie fléchée vers l’agriculture et l’innovation agroalimentaire, selon Europe-Guadeloupe. L’État consacre par ailleurs environ 835,8 millions d’euros d’aides à la filière canne-sucre-rhum en Outre-mer, incluant des exonérations fiscales, d’après l’Assemblée nationale. Des fonds européens FEADER soutiennent également les investissements dans les coopératives agricoles, avec une priorité sur la transition bio.
La distillerie Longueteau illustre ce que ces financements permettent : en 2021, un investissement de 4,5 millions d’euros - avec soutien régional - a permis de passer de 400 à 1 500 fûts de vieillissement, selon L’Usine Nouvelle. La Région Guadeloupe a financé des travaux à hauteur de 800 000 euros en partenariat avec l’État sur cinq ans pour moderniser cette distillerie.
Promotion sur les marchés extérieurs
Les producteurs guadeloupéens multiplient les présences sur les salons spécialisés. En février, le stand des Îles de Guadeloupe au Salon International de l’Agriculture à Paris a mis en avant les rhums artisanaux. Le Rhum Fest d’avril constitue un autre relais de visibilité.
Les modalités de gouvernance de la coopérative de Saint-Louis et son programme de commercialisation n’ont pas encore été communiqués.