Saint-Ouen : repérage et signalement au cœur de la 4e table ronde des Assises de la protection de l’enfant

Police nationale, CRIP, justice et professionnels de terrain réunis le 21 mai 2026 pour débattre des dispositifs de protection des mineurs en danger

Saint-Ouen : repérage et signalement au cœur de la 4e table ronde des Assises de la protection de l'enfant
Illustration Fatima Benali / info.fr

La Ville de Saint-Ouen tenait ce jeudi ses premières Assises pour la protection de l'enfant à La Communale. La 4e table ronde, consacrée au repérage et au signalement des enfants en danger, a réuni police, justice et acteurs de terrain entre 15h20 et 16h10.

La Ville de Saint-Ouen tenait ce jeudi ses premières Assises pour la protection de l’enfant à La Communale. La 4e table ronde, consacrée au repérage et au signalement des enfants en danger, a réuni police, justice et acteurs de terrain entre 15h20 et 16h10.

L’essentiel

  • Événement : premières Assises pour la protection de l’enfant de Saint-Ouen, le 21 mai 2026, de 9h30 à 21h30, à La Communale (10 bis rue de l’Hippodrome).
  • 4e table ronde (15h20-16h10) : « Protéger les enfants : repérer, signaler, agir » - six intervenants issus de la police nationale, de la police municipale, de la justice, de la CRIP et du SDJES.
  • Chiffre national : près de 160 000 enfants victimes de violences chaque année en France, soit en moyenne trois enfants par classe, selon la mairie de Saint-Ouen.
  • Plan municipal : 10 mesures concrètes dans le cadre du plan « Je protège nos enfants », lancé avant les Assises.
  • Soirée plénière (18h30-21h30) : présentation du plan en présence du maire Karim Bouamrane, du président du Conseil départemental Stéphane Troussel et du préfet Julien Charles.

Six intervenants, un créneau de cinquante minutes

La 4e table ronde s’est tenue de 15h20 à 16h10. Six professionnels y ont pris part : Vanessa Lebrun, représentante de la CRIP (Cellule de Recueil des Informations Préoccupantes) ; Nadji Sahraoui, chef du BLPF (Brigade de lutte contre les polices et les familles) à la police nationale ; Enora Quebaud, lieutenant de police nationale ; Claire Duchay, de la police municipale de Saint-Ouen ; Negar Haeri, avocate pénale ; et Sylvain Havez, chef du SDJES (Service départemental à la jeunesse, à l’engagement et aux sports), selon le programme officiel publié par la Ville.

Le sujet central : comment mieux repérer un enfant en danger, comment déclencher un signalement efficace, comment coordonner les réactions entre institutions. La mairie a précisé sur X que les intervenants ont échangé sur « les dispositifs de protection et l’importance d’une réaction rapide et coordonnée ».

Une journée structurée autour de cinq tables rondes

Publicité

Les Assises ont débuté à 9h30. La journée comprend cinq tables rondes modérées par Arnaud Gallais, un forum associatif et une soirée plénière. Cette 4e table ronde s’inscrit dans un programme qui couvre plusieurs dimensions : violences intrafamiliales, numérique, parole de l’enfant, rôle des professionnels de l’éducation et du soin.

La soirée (18h30-21h30) verra la présentation du plan municipal « Je protège nos enfants » en présence du maire Karim Bouamrane, du président du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis Stéphane Troussel et du préfet Julien Charles, selon la Ville.

Le plan « Je protège nos enfants » : 10 mesures

Les Assises s’appuient sur le plan d’action municipal « Je protège nos enfants », qui comporte 10 mesures concrètes. Le plan a été lancé avant l’événement et présenté dans le magazine municipal So Mag numéro 44 d’avril 2026. Karim Bouamrane avait annoncé les Assises sur X le 18 mai, en soulignant l’objectif d’« accélérer l’émergence d’une véritable culture de la protection de l’enfant ».

Ce type d’initiative s’inscrit dans un contexte plus large de mobilisation locale autour des violences faites aux mineurs. À Paris, seize personnes avaient été placées en garde à vue pour des violences dans le périscolaire de trois écoles, illustrant la réalité du phénomène en Île-de-France.

Contexte dans le 93 : la CRIP au cœur du dispositif départemental

La Seine-Saint-Denis dispose d’une CRIP opérationnelle depuis un protocole départemental signé fin 2007 entre le Conseil général et ses partenaires - Justice et Éducation nationale - , selon le site officiel du département. La CRIP 93 est joignable au 0 800 000 093, du lundi au vendredi de 8h30 à 18h30.

Saint-Ouen, commune de plus de 50 000 habitants intégrée à la Métropole du Grand Paris, est l’une des villes les plus denses du département. La présence conjointe de la préfecture et du Conseil départemental à la soirée plénière signale une implication institutionnelle au-delà du seul échelon municipal. La municipalité est par ailleurs engagée dans une recomposition de son exécutif, le maire ayant récemment reporté ses nominations d’adjoints.

En France, près de 160 000 enfants sont victimes de violences chaque année, soit environ trois par classe, chiffre cité par la Ville de Saint-Ouen dans sa communication officielle. La Seine-Saint-Denis, avec sa densité de population et sa part élevée de familles en situation de précarité, est particulièrement concernée par les enjeux de repérage précoce.

Repérer et signaler : le nœud pratique

La présence simultanée d’une avocate pénale, d’officiers de police nationale et municipale, d’une représentante de la CRIP et d’un responsable SDJES à la même table traduit la volonté de croiser les regards institutionnels. Le repérage des enfants en danger implique des acteurs aux compétences et aux obligations légales différentes : le signalement par un policier, une assistante sociale ou un enseignant ne suit pas les mêmes circuits.

Les questions de coordination entre ces acteurs - et notamment la fluidité du passage d’une information préoccupante à une mesure de protection - constituent un point de friction récurrent dans les travaux sur la protection de l’enfance. Des drames judiciaires récents ont mis en lumière le coût humain des défaillances dans la chaîne de détection et d’alerte.

La prochaine étape est la présentation officielle du plan « Je protège nos enfants » lors de la plénière du soir, en présence du préfet et du président du Conseil départemental.

Sources

Fatima Benali

Fatima Benali

Fatima est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Seine-Saint-Denis (93), avec Bobigny pour chef-lieu. Spécialité du département : Stade de France et basilique cathédrale Saint-Denis. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Île-de-France.

Publicité
Lien copié !
× Infographie agrandie