Saint-Pierre : tentative de féminicide évitée, ex-compagnon abattu par le RAID

Dans la nuit du 14 au 15 juin, le RAID intervient à Saint-Pierre pour libérer une femme séquestrée par son ex-conjoint armé. L'homme est abattu, deux enquêtes sont ouvertes.

Saint-Pierre : tentative de féminicide évitée, ex-compagnon abattu par le RAID
Illustration Viviane Payet / info.fr

Une intervention du RAID à Saint-Pierre dans la nuit du 14 au 15 juin a permis de libérer une femme de 25 ans séquestrée par son ex-compagnon. L'agresseur, âgé de 24 ans, a été abattu. Le parquet a ouvert deux enquêtes, dont une sur les conditions de l'usage de la force.

L’essentiel

  • Nuit du 14 au 15 juin 2026 : intervention du RAID à Saint-Pierre, impasse des Crotons, pour libérer une femme séquestrée par son ex-compagnon armé d’un couteau.
  • Assaut à 4h40 : après plus de deux heures de négociations infructueuses, les policiers abattent l’agresseur. La victime est libérée saine et sauve, avec des lésions au visage.
  • Deux enquêtes ouvertes : tentative de meurtre sur conjoint (commissariat de Saint-Pierre) et homicide par dépositaire de l’autorité publique (STPJ Saint-Denis). Autopsie ordonnée.
  • Antécédents : l’homme avait été condamné le 30 avril 2026 à 6 mois avec sursis probatoire pour menaces de mort sur la victime, dégradations et violences sur un ascendant.

Ce qui s’est passé

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Dans la nuit du dimanche 14 au lundi 15 juin 2026, aux alentours de minuit, un homme de 24 ans s’introduit dans un domicile de l’impasse des Crotons, dans le quartier Bois d’Olive à Saint-Pierre. Il s’agit de son ex-compagne, âgée de 25 ans, qui se trouvait avec des amis. Selon le parquet de Saint-Pierre, il la menace d’un couteau et la séquestre. Les amis alertent les secours vers 0h30.

La BAC locale intervient rapidement mais l’homme refuse de libérer la victime et se montre menaçant. Le RAID est alors appelé en renfort. Pendant plus de deux heures, les négociateurs tentent de le raisonner, sans succès. Vers 4h40, les policiers donnent l’assaut. « Exhibant son couteau devant la victime, les fonctionnaires de police faisaient usage de leur arme afin de désarmer l’assaillant et permettre la libération de l’otage », détaille la procureure de la République par intérim dans un communiqué rapporté par Zinfos974. L’homme est touché par plusieurs balles et décède sur place. La victime est libérée, en état de choc et avec des lésions au visage. Elle est transportée au CHU Sud de Saint-Pierre.

Le profil de l’agresseur

L’homme de 24 ans était connu des services de police pour des violences antérieures contre la même victime. Selon Linfo.re, il avait été condamné le 30 avril 2026 par le tribunal correctionnel de Saint-Pierre à six mois d’emprisonnement avec sursis probatoire de deux ans. Cette condamnation faisait suite à des faits de menaces de mort sur la victime, de dégradations et de violences sur un ascendant. Le sursis probatoire imposait des obligations de soins et de travail. Malgré ce suivi judiciaire, l’homme a récidivé en séquestrant son ex-compagne.

Stéphane Patché, délégué départemental d’Alliance Police nationale, a déclaré sur Réunion La 1ère : « Le RAID a dû faire face à un individu qui était potentiellement très déterminé dans cette action donc afin de préserver la vie de la victime, ils ont dû neutraliser cet individu. »

Les deux enquêtes

Le parquet de Saint-Pierre a ouvert, le 15 juin, deux enquêtes distinctes. La première, pour tentative de meurtre sur conjoint, a été confiée au commissariat de Saint-Pierre. Elle vise à établir les faits de séquestration et de violences commis par l’homme décédé. La seconde, pour homicide commis par une personne dépositaire de l’autorité publique, a été confiée au service territorial de police judiciaire (STPJ) de Saint-Denis. Cette enquête doit vérifier les conditions dans lesquelles les policiers du RAID ont fait usage de leurs armes. Une autopsie du corps de l’agresseur a été ordonnée.

Contexte dans le département

La Réunion connaît un taux de violences conjugales élevé, avec 3 500 victimes recensées en 2025 selon les données de la préfecture. L’île dispose d’un dispositif d’intervention des forces spécialisées (RAID, GIGN) pour les situations de séquestration armée, mais ces interventions restent rares. La dernière intervention du RAID sur le département remontait à octobre 2024 à Saint-Denis. Ce nouveau drame relance les questions sur l’efficacité des mesures de protection des victimes, notamment après une condamnation récente de l’agresseur. Le préfet de La Réunion a rappelé dans un communiqué l’importance du dispositif de prévention et du signalement des violences.

La commune de Saint-Pierre, deuxième ville de l’île avec environ 85 000 habitants, est régulièrement confrontée à des faits de violence intrafamiliale. En mars dernier, une femme avait été tuée par son conjoint à Saint-Louis, commune voisine. Les associations locales d’aide aux victimes appellent à renforcer les moyens de suivi des auteurs condamnés.

L’enquête devra déterminer si les obligations du sursis probatoire étaient respectées par l’homme au moment des faits. Le parquet a précisé qu’une information judiciaire pourrait être ouverte si les investigations le justifient. La victime, prise en charge psychologiquement, n’a pas encore été entendue par les enquêteurs.

Viviane
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Sources

Viviane Payet

Viviane Payet

Viviane est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de La Réunion (974), avec Saint-Denis pour chef-lieu. Spécialité du département : cirques UNESCO et volcan actif. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Outre-mer.

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