Samuel Vessat bat le record de France du 400 m en 44 »24 à Albi
Le sprinteur français efface 19 ans d'histoire à Albi et devient le 4e Européen le plus rapide de tous les temps
À Albi, Samuel Vessat a effacé le record de France du 400 m en signant 44''24, devançant Muhammad Abdallah Kounta et Yann Spillmann.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Un record historique
44''24 : Vessat devient le 4e meilleur performeur européen de tous les temps sur 400 m.
Un atout pour les relais
Ce chrono place la France en position de force pour le relais 4x400 m, avec Vessat comme leader incontesté.
Objectif Birmingham
Les Championnats d'Europe (10-16 août) arrivent : Vessat y sera l'un des favoris après cette performance.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
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2007
Record de Djhone
Leslie Djhone établit le record de France en 44''46, un chrono qui tiendra 19 ans.
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28 juil. 2026
Exploit à Albi
Samuel Vessat bat le record national en 44''24 lors des Championnats de France Élite.
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10-16 août 2026
Championnats d'Europe
Vessat visera l'or à Birmingham après cette performance historique.
La piste d’Albi - ce 28 juillet 2026. Samuel Vessat surgit du virage, seul devant. Les 100 derniers mètres défilent. Le chrono clignote: 44 »24. Le stade explose. Le record de Leslie Djhone, 44 »46 - vient de tomber.
« C’est un moment surréaliste », lâche Vessat quelques minutes après, le drapeau français sur les épaules. Il ne réalise pas encore. Devant lui, Muhammad Abdallah Kounta termine en 44 »55 - Yann Spillmann en 44 »92. Derrière, cinq coureurs entre 45 »39 et 45 »71. Une finale d’anthologie.
Ce que personne n’avait réussi
Pendant des années, les meilleurs Français ont buté sur cette barrière. Ils tournaient autour des 44 »50, 44 »80 - sans jamais franchir le cap. Comme l’avait fait Leslie Djhone en 2007 avec son 44 »46, Vessat, lui, dès le coup de feu, impose un rythme effréné. Son premier 200 mètres passe avec une aisance déconcertante. Dans la dernière ligne droite, il garde sa lucidité - sa puissance. Il coupe la ligne en solitaire.
Son entraîneur - visiblement ému, décortique: « Samuel a respecté le plan de course à la lettre. Il a su gérer sa mise en action et garder de la lucidité dans les 100 derniers mètres, là où tout se joue. » Ce qui a changé? Le détail tactique. « On a modifié sa foulée, son approche tactique du 200 au 300 mètres. Aujourd’hui, tout s’est aligné. C’est la récompense d’une rigueur absolue. »
La barre des 44 secondes désormais à portée
Ce 44 »24 place Vessat au rang de 4e meilleur performeur européen de tous les temps. C’est aussi la 2e performance européenne de la saison. Le signal est clair: la barre des 44 secondes est atteignable. « À l’entraînement, les sensations étaient là, mais sortir une telle course ici, devant ce public, c’est au-delà de mes espérances », confie-t-il.
Pourquoi ce chrono rend-il la barrière des 44 secondes plausible? D’abord, les ajustements tactiques réalisés sur la portion 200-300 mètres ont payé. Ensuite, Vessat a prouvé qu’il pouvait conserver de la lucidité dans les 100 derniers mètres - là où les chronos se jouent. La progression n’est pas un accident: elle est méthodique, construite sur une rigueur absolue.
Birmingham en ligne de mire
Les organisateurs des grands meetings internationaux, Diamond League en tête, vont se bousculer pour l’inviter. Mais l’objectif immédiat porte un nom: Birmingham. Les Championnats d’Europe, prévus du 10 au 16 août - se déroulent dans deux semaines. Vessat y sera l’un des favoris déclarés. « Le chrono est historique, mais il ne constitue qu’une étape », tempère son entourage immédiat. Traduction: l’or continental reste la priorité. Ce 44 »24 place Vessat en position de force, mais la concurrence européenne reste féroce. La marche est haute, la fenêtre courte.
Un leader pour le relais 4×400 m
Ce record rebat aussi les cartes pour le relais 4×400 m. Vessat devient le leader incontesté. Concrètement: il prendra le dernier relais, celui qui ferme la course et décide du classement. Le sprint français, qui produisait des athlètes réguliers mais jamais explosifs sous les 44 »50 - prouve qu’il peut descendre sous la barrière symbolique des 44 secondes et demie. Avec Kounta à 44 »55 et Spillmann à 44 »92 - le quatuor français dispose désormais de trois coureurs capables de tourner sous les 45 secondes. Un changement de dimension qui place la sélection en position de médaille pour les échéances collectives.
Le public d’Albi - témoin privilégié - a porté l’athlète dans la dernière ligne droite par des encouragements nourris. Vessat, quelques minutes après la cérémonie protocolaire - le drapeau sur les épaules - ne réalise toujours pas. Mais le chrono, lui, est gravé.