Santé mentale au travail : des progrès, mais un salarié sur quatre encore en souffrance
Une étude nationale publiée en 2026 pointe des avancées fragiles et réclame plus d'actions de prévention dans les entreprises mayennaises.
La Grande Enquête 2026 sur la santé mentale des travailleurs, menée par l'Ifop pour Moka.Care, le GHU Paris et le BCG, fait état d'une légère amélioration. Mais 25 % des salariés restent en situation de mal-être. En Mayenne, le sujet appelle à des initiatives concrètes.
Le score moyen de bien-être mental des salariés français atteint 62,8 sur 100 en 2026, contre 59,8 l’année précédente. C’est l’un des principaux enseignements de la Grande Enquête publiée fin mars, conduite par l’Ifop auprès de 2 000 salariés pour Moka.Care, le GHU Paris et le BCG. Soit une hausse de 3 points en un an.
74 % des salariés se déclarent en bonne santé mentale, en progression de 4 points par rapport à 2025. Mais le tableau n’est pas uniforme. Selon la même enquête, 25 % restent en situation de mal-être, et près de 70 % ont déjà souffert de troubles liés au travail. Des chiffres qui interpellent les employeurs, y compris en Mayenne.
Des inégalités persistantes
Les femmes affichent un score de bien-être inférieur de 6 points à celui des hommes : 74 % contre 80 %, selon les données de La Tribune citant l’enquête. Le Baromètre Qualisocial-Ipsos 2026 indique de son côté que 22 % des actifs français déclarent une mauvaise santé mentale, en recul de 3 points par rapport à 2025.
Autre signal d’alerte relevé par le site Officiel Prévention : seulement 21 % des salariés bénéficient d’un plan de prévention complet en santé mentale. 44 % ne disposent d’aucune initiative dans leur entreprise. Pourtant, parmi ceux qui en bénéficient, 86 % estiment que leur santé s’est améliorée.
Ce que cela signifie pour la Mayenne
En Pays de la Loire, la MSA Mayenne-Orne-Sarthe joue un rôle de premier plan sur ces questions, notamment en milieu agricole et rural. L’organisme accompagne exploitants et salariés agricoles face aux risques psychosociaux, un public souvent éloigné des dispositifs de droit commun.
La santé mentale a été désignée Grande Cause nationale en 2025, statut reconduit en 2026, selon le ministère des Solidarités. L’objectif affiché : accélérer la prévention en entreprise. Une enquête Ifop de février 2025 rappelait que 87 % des salariés considèrent le travail comme le premier facteur agissant sur leur santé psychologique, selon la ST72.
À Laval, une formation aux Premiers Secours en Santé Mentale est programmée les 8 et 9 décembre 2026. La Journée mondiale de la santé mentale, le 10 octobre, constituera un autre moment de mobilisation possible pour les acteurs locaux.
Sources
- BCG : Santé mentale au travail : derrière une légère amélioration en 2026, le retour des tabous
- Moka.Care : Grande Enquête santé mentale au travail 2026
- Officiel Prévention : Enquête santé mentale au travail 2026 : analyse et recommandations
- MSA Mayenne-Orne-Sarthe : Santé mentale – MSA Mayenne-Orne-Sarthe