Savigny-lès-Beaune : 5 ans ferme pour avoir laissé un cycliste 10h sur le bas-côté
Clément Chenu, viticulteur multirécidiviste, condamné le 8 juin 2026 au tribunal de Dijon pour homicide routier, délit de fuite et conduite sous stupéfiants.
Un viticulteur de 38 ans a été condamné à six ans de prison dont cinq ferme le 8 juin 2026 au tribunal judiciaire de Dijon. Il avait percuté mortellement un cycliste de 30 ans à Savigny-lès-Beaune dans la nuit du 8 au 9 avril, puis pris la fuite sans porter secours.
L’essentiel
- Nuit du 8 au 9 avril 2026 : un cycliste de 30 ans, cuisinier à l’EHPAD de Beaune, percuté mortellement route de Beaune à Savigny-lès-Beaune. Son corps découvert vers 6h45 le lendemain.
- 10 heures : durée pendant laquelle la victime est restée sur le bas-côté sans que les secours soient appelés, selon l’avocate des parties civiles.
- 6 ans de prison dont 5 ferme : peine prononcée le 8 juin 2026 contre Clément Chenu, 38 ans, viticulteur à Demigny, condamné aussi à l’annulation de son permis et une interdiction de repasser pendant 7 ans.
- 7 condamnations antérieures pour infractions routières liées à l’alcool et/ou aux stupéfiants figuraient au casier du prévenu.
- Identification via caméras : le conducteur interpellé le 9 avril au soir alors qu’il faisait réparer son utilitaire en secret.
Une nuit d’avril, un corps au bord de la route
Le 8 avril 2026, vers 21h, un homme de 30 ans domicilié à Arcenant enfourche son vélo sur la route de Beaune, à Savigny-lès-Beaune. Il rentre d’une journée de travail à l’EHPAD de Beaune et se rend chez des amis. Des caméras de vidéosurveillance captent son passage sur la route départementale.
Dans la nuit, un utilitaire le percute. Le conducteur ne s’arrête pas. Le lendemain matin, vers 6h45, un autre cycliste découvre le corps sur le bas-côté et alerte les secours. Selon l’avocate des parties civiles, citée par ICI.fr lors de l’audience du 8 juin, la victime « est restée près de dix heures sur le bas-côté ». Elle a ajouté : « On ignore à quelle heure il est décédé. »
Le conducteur identifié, son camion en réparation
Les enquêteurs remontent rapidement la piste. Les images de vidéosurveillance permettent d’identifier l’utilitaire. Dans la journée du 9 avril, les policiers localisent Clément Chenu, 38 ans, gérant de Chenu Travaux Viticoles, domicilié à Demigny en Saône-et-Loire. Il est en train de faire réparer son véhicule discrètement.
Interpellé le soir même, il est positif aux stupéfiants. Il reconnaît les faits dès son audition. Selon Actu.fr, il déclare avoir « paniqué » et pris la fuite sans porter secours. Le procureur de la République de Dijon, Olivier Caracotch, communique officiellement le 11 avril 2026 : garde à vue, identification par caméras, placement en détention provisoire. Le mis en cause encourait jusqu’à 7 ans d’emprisonnement et 100 000 € d’amende.
Le département est régulièrement confronté aux enjeux de sécurité routière sur ses axes secondaires. Le conseil départemental de Côte-d’Or planche par ailleurs sur une réforme des transports ruraux, qui inclut la question des déplacements doux sur les routes de campagne.
Sept condamnations au casier, récidive aggravante
Le profil de Clément Chenu pèse lourd dans le dossier. Sept condamnations antérieures pour infractions routières liées à l’alcool et/ou aux stupéfiants figuraient à son casier judiciaire, selon les sources croisées d’Actu.fr et d’ICI.fr. La conduite sous stupéfiants est donc retenue en récidive, circonstance aggravante.
Le dossier retient trois chefs : homicide routier, délit de fuite et conduite sous stupéfiants en état de récidive. L’accusé comparaît libre à l’audience mais était maintenu en détention provisoire depuis avril.
L’audience du 8 juin : aveux et condamnation ferme
Deux mois jour pour jour après le drame, le tribunal judiciaire de Dijon rend son verdict. Clément Chenu est condamné à six ans de prison dont un an avec sursis probatoire - soit cinq ans de détention ferme. Son permis est annulé, avec interdiction de repasser le permis pendant sept ans. Son véhicule est confisqué.
Le Bien Public titre sur une phrase prononcée à l’audience : « Vous auriez peut-être pu le sauver. » La question de l’heure exacte du décès - et donc de la possibilité de survie si les secours avaient été appelés - est au cœur de la douleur des proches. L’avocate des parties civiles a insisté sur ces dix heures d’abandon.
Des affaires similaires de violences routières et de désinformation ont récemment troublé d’autres villes françaises. À Strasbourg, une rumeur sur la mort d’un jeune avait déclenché des dégradations en centre-ville, illustrant la tension sociale que ces drames peuvent générer.
Contexte dans la Côte-d’Or
Savigny-lès-Beaune compte 1 268 habitants selon l’INSEE (données 2023, en recul de 2,84 % depuis 2017). La commune est située dans le canton de Beaune, sur la route départementale qui relie les villages viticoles à la ville. La route de Beaune est un axe fréquenté par les cyclistes, en particulier les travailleurs et les amateurs de la région des Hautes-Côtes.
En Côte-d’Or, les accidents impliquant des usagers vulnérables sur les routes secondaires restent une préoccupation récurrente pour les services de l’État. Le parquet de Dijon, dirigé par Olivier Caracotch, avait communiqué rapidement en avril pour signaler la détention provisoire du mis en cause - un signal inhabituel sur des affaires de ce type, qui soulignait la gravité des faits retenus.
La dimension transdépartementale de l’affaire - une victime de Côte-d’Or, un conducteur de Saône-et-Loire - a été relevée par Le JSL, qui titrait le 10 juin sur « le Saône-et-Loirien condamné à 6 ans de prison ».
« J’ai paniqué » : des aveux qui n’ont pas suffi à alléger la peine
À l’audience, Clément Chenu a reconnu l’ensemble des faits. Ses aveux et l’absence de contestation n’ont pas conduit le tribunal à prononcer une peine aménagée. Le passé judiciaire du prévenu et les circonstances - abandon de la victime, réparation clandestine du véhicule, état positif aux stupéfiants - ont visiblement pesé dans la délibération.
La peine de cinq ans ferme est proche du maximum encouru (sept ans), compte tenu du cumul des circonstances aggravantes retenues. La confiscation du véhicule s’ajoute à l’annulation sèche du permis.
La famille de la victime, un homme de 30 ans dont la profession de cuisinier en EHPAD avait été rappelée à l’audience, devra attendre la décision sur les dommages et intérêts civils. Le montant n’a pas été communiqué à ce stade.
Sources
- Le Bien Public : Cycliste tué à Savigny-lès-Beaune : prison ferme pour le conducteur
- ICI.fr / France Bleu Bourgogne : Homicide routier à Savigny-lès-Beaune : le conducteur condamné à cinq ans de prison ferme
- Actu.fr : « J'ai paniqué » : les aveux du chauffard qui a tué un cycliste avant de réparer son camion en secret
- Le Bien Public : Cycliste tué sur une départementale, sous l'emprise de stupéfiants il prend la fuite et fait réparer son véhicule