Sécheresse 66 : la bordure côtière nord allégée en alerte, les Aspres restent en crise
L'arrêté préfectoral du 20 mai 2026 distingue deux situations opposées dans les Pyrénées-Orientales selon les secteurs hydrographiques
Le préfet Pierre Regnault de la Mothe a signé le 20 mai 2026 un nouvel arrêté sur les restrictions d'eau dans les Pyrénées-Orientales. La bordure côtière nord passe d'alerte renforcée à alerte simple. Les Aspres restent en niveau de crise, le plus élevé.
Le préfet Pierre Regnault de la Mothe a signé le 20 mai 2026 un nouvel arrêté sur les restrictions d’eau dans les Pyrénées-Orientales. La bordure côtière nord passe d’alerte renforcée à alerte simple. Les Aspres restent en niveau de crise, le plus élevé.
L’essentiel
- Arrêté signé le 20 mai 2026 : arrêté préfectoral n°DDTM/SER/2026-140-0001, valable jusqu’au 31 juillet 2026.
- Bordure côtière nord : secteur entre Le Barcarès et Sainte-Marie-la-Mer, passage d’alerte renforcée à alerte (amélioration des indicateurs nappes).
- Aspres : maintenu en crise, le niveau le plus contraignant, en raison d’une recharge des nappes insuffisante.
- Pluviométrie 2026 : excédent de +59,5 % sur Perpignan au 30 avril par rapport aux normales Météo-France, mais recharge hétérogène selon les secteurs.
- Prochain comité : réunion du Comité Ressource en Eau prévue fin mai 2026 pour le suivi estival.
Un arrêté, deux réalités
L’arrêté n°DDTM/SER/2026-140-0001 du 20 mai 2026, publié par la préfecture des Pyrénées-Orientales, acte une divergence nette entre deux zones du département. D’un côté, la bordure côtière nord - qui s’étend de Le Barcarès à Sainte-Marie-la-Mer - voit ses restrictions allégées : elle quitte le niveau d’alerte renforcée pour revenir au niveau d’alerte simple. De l’autre, les Aspres demeurent en crise, le seuil le plus contraignant du dispositif national.
Le communiqué de presse préfectoral du 20 mai explique cette différence par l’état des nappes souterraines. Sur la bordure côtière nord, les indicateurs sont en amélioration et les prévisions sont jugées favorables. Dans les Aspres, la recharge reste insuffisante malgré les précipitations printanières.
Ce que cela change concrètement
Le passage en alerte simple sur la bordure côtière nord allège les contraintes pour les particuliers et les professionnels de la zone. En niveau d’alerte, certains usages jusqu’ici interdits ou fortement restreints redeviennent possibles sous conditions : arrosage des jardins, lavage de véhicules, remplissage de piscines selon des créneaux horaires définis. Les détails par type d’usage sont disponibles sur la page officielle de la préfecture, mise à jour le 21 mai 2026, avec cartes, tableau des communes concernées et FAQ.
Dans les Aspres en revanche, le niveau de crise maintient des interdictions strictes pour les particuliers comme pour l’agriculture. Les prélèvements non prioritaires sont suspendus. La préfecture annonce des campagnes de contrôle par les services de l’État.
L’arrêté est valable jusqu’au 31 juillet 2026. Il est susceptible d’évoluer à la hausse comme à la baisse selon l’état des nappes et des cours d’eau.
Des pluies abondantes mais mal réparties
Le contexte pluviométrique 2026 est paradoxal. Selon L’Indépendant du 22 mai 2026 et le communiqué préfectoral, Perpignan a enregistré un excédent de +59,5 % par rapport aux normales Météo-France au 30 avril. Les débits de la Têt, du Tech et de l’Agly sont conformes à la normale. Les barrages de Vinça et de l’Agly sont dans une situation sécurisée.
Mais cette pluviométrie n’a pas profité uniformément à toutes les nappes. Les Aspres, territoire de piedmont au sud-ouest de Perpignan, souffrent d’un déficit structurel accumulé depuis plusieurs années. Les pluies printanières n’ont pas suffi à compenser ce retard de recharge.
Contexte dans les Pyrénées-Orientales
Le département est engagé dans un cycle de sécheresse persistant depuis 2022. Depuis le début de l’année 2026, la préfecture a publié plusieurs arrêtés successifs - les 19 janvier, 3 février et 27 avril notamment - avec des allègements progressifs sur de nombreux secteurs. La bordure côtière nord était restée en alerte renforcée jusqu’au 20 mai. Les Aspres n’ont pas quitté le niveau de crise.
Cette situation place le 66 parmi les départements méditerranéens les plus touchés par les tensions sur la ressource en eau. D’autres départements français font face à des niveaux de vigilance croissants en ce printemps 2026, mais à des niveaux généralement inférieurs. Dans les Pyrénées-Orientales, la question de la gestion estivale de l’eau se pose avec une acuité particulière : le département accueille chaque été plusieurs millions de touristes sur son littoral, secteur qui bénéficie précisément de l’allègement annoncé.
La viticulture et le maraîchage, secteurs économiques importants dans les Aspres et sur le piémont catalan, restent directement concernés par le maintien du niveau de crise. La gendarmerie est déjà mobilisée sur d’autres fronts dans le secteur de Thuir, commune des Aspres, signe d’un territoire sous surveillance renforcée.
Un suivi mensuel jusqu’à l’été
La préfecture maintient un rythme de réunions du Comité Ressource en Eau tout au long de la saison estivale. La prochaine est prévue fin mai 2026. L’arrêté du 20 mai court jusqu’au 31 juillet, mais peut être révisé avant cette date si la situation évolue.
Les cartes par secteur, le tableau des communes et la FAQ sont consultables sur le site de la préfecture des Pyrénées-Orientales. Les services de l’État prévoient des contrôles sur le terrain pour vérifier le respect des restrictions en vigueur.
Sources
- Préfecture des Pyrénées-Orientales : Point sur la situation et les restrictions d'usages de l'eau — arrêté et cartes
- Préfecture des Pyrénées-Orientales : Communiqué de presse préfecture — 20 mai 2026
- L'Indépendant : Sécheresse dans les Pyrénées-Orientales : le préfet allège les restrictions sur la bordure côtière nord, les Aspres restent en crise
- L'Indépendant Perpignan (X) : Tweet @LIndep_perpi — 22 mai 2026