Sécheresse en Côte-d’Or : trois secteurs passent en crise, restrictions d’eau renforcées ce lundi
La préfète Violaine Démaret a signé un arrêté le 3 juillet classant la Tille amont, le Châtillonnais et l'Arroux-Lacanche en niveau de crise. Neuf autres zones sont placées en alerte renforcée.
Face à la baisse critique des débits des cours d'eau, la préfète de la Côte-d'Or a renforcé les restrictions d'eau à partir du lundi 6 juillet 2026. Trois secteurs passent en crise maximale, avec interdiction totale d'arrosage et d'irrigation sauf dérogation.
L’essentiel
- 3 secteurs (Tille amont, Châtillonnais, Arroux-Lacanche) passent en niveau de crise sécheresse à partir du 6 juillet 2026.
- Neuf autres zones (dont l’Ouche amont et aval) sont en alerte renforcée.
- Interdiction totale d’arrosage des pelouses, massifs fleuris, espaces verts et d’irrigation agricole, sauf eau de pluie stockée.
- Des assecs de plusieurs kilomètres déjà constatés sur la Seine, la Tille, l’Ource et l’Arroux.
La préfecture de la Côte-d’Or a annoncé ce vendredi 3 juillet la signature d’un arrêté renforçant les restrictions d’usage de l’eau sur trois secteurs du département À compter de ce lundi 6 juillet, trois secteurs sont classés au niveau maximal de crise sécheresse, tandis que neuf autres passent en alerte renforcée. Seuls deux secteurs, la Dheune et l’Armançon, restent au niveau d’alerte simple.
Trois zones en crise maximale
Les secteurs de la Tille amont, du Châtillonnais et de l’Arroux-Lacanche basculent au seuil de gravité le plus élevé. Selon la préfecture, cette décision fait suite à la baisse continue des débits des cours d’eau, accentuée par les fortes températures de la fin juin. Dans ces zones, l’arrosage des pelouses, massifs fleuris et espaces verts est totalement interdit pour les particuliers. L’irrigation agricole est également prohibée, sauf dérogation spécifique accordée par la préfecture pour les cultures les plus sensibles. L’utilisation d’eau de pluie stockée dans des réservoirs reste autorisée.
Neuf secteurs en alerte renforcée
Parallèlement, neuf autres secteurs de la Côte-d’Or sont placés en niveau d’alerte renforcée. Il s’agit notamment de l’Ouche amont, l’Ouche aval, la Saône moyenne, la Vouge, la Bèze, l’Albane, le plateau de Langres et la Tille aval. Dans ces zones, les restrictions sont moins sévères : l’arrosage des jardins et des espaces verts n’est autorisé que la nuit, entre 20h et 8h, et l’irrigation agricole est limitée en fonction des arrêtés individuels.
Des restrictions qui touchent particuliers et professionnels
Dans les zones de crise, les particuliers doivent également cesser le lavage des voitures en dehors des stations professionnelles équipées de recyclage d’eau, le remplissage des piscines privées (hors remise à niveau) et l’arrosage des potagers n’est possible qu’avec un système d’irrigation goutte-à-goutte entre 20h et 8h. D’autres départements, comme le Gard, ont également pris des mesures cet été. Pour les professionnels, les activités de lavage de matériel, de voirie et de nettoyage des façades sont strictement encadrées. L’abreuvement des animaux reste prioritaire et autorisé, sous réserve de ne pas assécher les cours d’eau.
Contexte dans le département
La Côte-d’Or, département à la fois viticole et agricole de 535 000 habitants, connaît une situation hydrologique préoccupante. Selon Info Beaune, des assecs de plusieurs kilomètres ont déjà été constatés sur la Seine, la Tille, l’Ource et l’Arroux. Les précipitations du printemps n’ont pas permis de recharger suffisamment les nappes. La préfecture rappelle que l’objectif est de préserver l’alimentation en eau potable, qui reste la priorité absolue. Le département avait déjà connu des épisodes de sécheresse sévères en 2022 et 2023, mais le nombre de secteurs en crise dès le début juillet est inédit depuis cinq ans.
Des contrôles renforcés sur le terrain
L’Office français de la biodiversité (OFB) effectue des contrôles réguliers pour faire respecter ces restrictions, selon Infos Dijon. Les agents peuvent verbaliser les infractions, avec des amendes allant jusqu’à 1 500 euros pour les particuliers et 7 500 euros pour les professionnels. La préfète a appelé à la responsabilité de chacun pour éviter une aggravation de la situation alors que les prévisions météorologiques ne prévoient pas de pluie significative dans les prochains jours. Dans d’autres régions, la canicule a également conduit à des restrictions sur les installations industrielles.
La prochaine réunion du comité sécheresse est prévue dans deux semaines pour ajuster les mesures en fonction de l’évolution des débits.