Sécheresse en Guadeloupe : Grande-Terre et La Désirade en alerte, restrictions immédiates

Depuis le 20 avril, piscines, lavage de voitures et arrosage sont interdits. Les agriculteurs doivent réduire leur irrigation de 30 à 50%.

Sécheresse en Guadeloupe : Grande-Terre et La Désirade en alerte, restrictions immédiates
Illustration Marie-Claire Naboulet / info.fr

Le préfet de Guadeloupe a placé Grande-Terre et La Désirade en alerte sécheresse le 20 avril 2026. La cause : une dégradation des nappes phréatiques, avec une station en crise et huit en alerte. Des restrictions s'appliquent immédiatement aux particuliers et aux agriculteurs.

L’arrêté préfectoral a été signé le 17 avril 2026, effectif trois jours plus tard. Grande-Terre et La Désirade passent en alerte sécheresse. Les restrictions s’appliquent uniformément à toutes les communes de ces deux territoires, sans distinction, selon la préfecture de Guadeloupe.

Ce qui est interdit dès maintenant

Pour les particuliers, la liste est claire : remplissage ou vidange de piscines individuelles, lavage de véhicules à domicile, arrosage de pelouses et massifs floraux. Les potagers restent autorisés, mais uniquement entre 20h et minuit, selon l’arrêté préfectoral. Un réseau d’eau défaillant aggrave la situation : les fuites représentent jusqu’à 10-15% de l’eau potable issue des nappes, selon la préfecture.

Du côté des agriculteurs, les volumes d’irrigation individuelle sont réduits de 30 à 50%. Les créneaux autorisés : 6h-10h ou 17h-21h. Les réseaux d’irrigation collective doivent appliquer leurs plans de crise. Cette pression supplémentaire s’ajoute à des pertes de rendement déjà documentées - jusqu’à 70% pour la tomate en raison du stress thermique, selon l’Acta (Association de coordination technique agricole).

Le reste de l’archipel en vigilance

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Basse-Terre et Les Saintes sont placées en vigilance, un niveau inférieur. Aucune restriction formelle ne s’y applique pour l’instant, mais la préfecture invite les habitants à adopter des écogestes. Marie-Galante n’est pas concernée par cette mise à jour, selon La 1ère. Le détail des restrictions par commune est consultable sur vigieau.gouv.fr.

La situation n’est pas nouvelle. En août 2025, Grande-Terre avait déjà été placée en vigilance sécheresse, sans restrictions imposées à l’époque, selon France Antilles. Décembre 2025 avait marqué un retour au vert après des épisodes pluvieux. La remontée actuelle est plus sévère. La recharge des nappes nécessite plusieurs semaines de pluies efficaces, rappelle la préfecture - une perspective qui n’est pas garantie à court terme. Cette problématique de gestion des ressources en eau rappelle les défis auxquels font face d’autres territoires ultramarins, comme en témoigne le bilan 2025 du RSMA Guyane, confronté lui aussi aux enjeux climatiques locaux.

Le préfet résume l’enjeu en quatre mots : « Chaque goutte compte ». Reporter les arrosages non essentiels, limiter les lavages, adopter des gestes économes au quotidien : ce sont les recommandations officielles diffusées sur le compte X de la préfecture (@Prefet971). Les contrevenants s’exposent à des sanctions administratives, l’arrêté préfectoral ayant valeur contraignante.

Sources

Marie-Claire Naboulet

Marie-Claire Naboulet

Correspondante à Basse-Terre, elle suit les tensions sur le chlordécone, les débats sur l'autonomie, le tourisme et les restructurations hospitalières. Issue de l'ESJ Lille, elle a grandi en Guadeloupe. Méthode : interroger les agriculteurs, les militants indépendantistes, les élus, croiser les rapports sanitaires avant de publier.

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