Seine-et-Marne : le préfet alerte sur l’implantation « irréversible » du moustique tigre
Le préfet Pierre Ory appelle les habitants à éliminer les eaux stagnantes dans leurs jardins, seul moyen efficace contre l'insecte vecteur de la dengue et du chikungunya.
La préfecture de Seine-et-Marne a diffusé un appel à la vigilance le 30 juin 2026. L'implantation du moustique tigre est désormais qualifiée d'irréversible dans tout le département, avec huit cas de dengue et chikungunya importés en deux mois.
L’essentiel
- Fait 1 : Huit cas importés de dengue (6) et chikungunya (2) recensés en Seine-et-Marne entre le 1er mai et le 23 juin 2026 (Santé publique France).
- Fait 2 : Un réseau de 435 pièges pondoirs est déployé en Île-de-France pour surveiller le moustique tigre du 1er mai au 30 novembre (ARS Île-de-France).
- Fait 3 : La préfecture préconise des gestes simples hebdomadaires : vider les coupelles, nettoyer les gouttières et couvrir les récupérateurs d’eau.
« Irréversible » : l’alerte du préfet Pierre Ory
Le 30 juin 2026, la préfecture de Seine-et-Marne, installée à Melun, a publié un appel officiel à la vigilance. Le préfet Pierre Ory y qualifie l’implantation du moustique tigre (Aedes albopictus) d’« irréversible » dans tout le département. L’objectif : limiter la prolifération de l’insecte, vecteur de maladies comme la dengue, le chikungunya et le Zika.
« La situation est désormais installée. Il ne s’agit plus de l’éradiquer, mais d’apprendre à vivre avec en réduisant au maximum les gîtes larvaires », résume-t-on à la préfecture. L’accent est mis sur des actions physiques plutôt que sur l’usage d’insecticides, jugés peu durables pour l’environnement.
Des maladies vectorielles sous surveillance
Santé publique France a recensé six cas de dengue et deux cas de chikungunya importés en Seine-et-Marne entre le 1er mai et le 23 juin 2026. Tous concernent des personnes ayant voyagé dans des zones où ces virus circulent activement. Aucun cas autochtone n’a été détecté pour l’instant.
Pour anticiper une éventuelle transmission locale, l’Agence régionale de santé (ARS) Île-de-France pilote un dispositif de surveillance renforcée du 1er mai au 30 novembre 2026. Un réseau de 435 pièges pondoirs a été installé à l’échelle régionale, dont une partie en Seine-et-Marne. Ces pièges permettent de suivre l’évolution des populations de moustiques et de déclencher des opérations de démoustication ciblées en cas de suspicion de cas autochtone.
L’association Promotion Santé Île-de-France a également diffusé un focus de ressources opérationnelles destiné aux élus locaux et aux professionnels de santé pour la lutte antivectorielle.
Les gestes simples pour agir
La préfecture insiste sur la responsabilité individuelle. « Chaque habitant peut contribuer à réduire les lieux de ponte », rappelle-t-elle. Les recommandations sont simples et à répéter chaque semaine :
- Vider les coupelles sous les pots de fleurs,
- Nettoyer les gouttières pour éviter les stagnations,
- Couvrir hermétiquement les récupérateurs d’eau de pluie,
- Ranger à l’abri les seaux, arrosoirs et jouets susceptibles de retenir l’eau,
- Vérifier les regards d’évacuation et les terrasses.
Ces actions sont d’autant plus importantes que l’insecte peut se reproduire dans de très faibles volumes d’eau. Un bouchon de bouteille suffit à accueillir des larves.
Contexte dans le département
La Seine-et-Marne est l’un des départements d’Île-de-France les plus touchés par l’expansion du moustique tigre. Présent dans la région depuis 2015, l’insecte a colonisé la quasi-totalité des communes du département, favorisé par un habitat pavillonnaire avec jardins et une forte densité de points d’eau. La préfecture rappelle que la lutte collective doit s’accompagner d’une vigilance individuelle, surtout en période estivale où les conditions climatiques sont favorables à sa reproduction.
Dans le même esprit de prévention des risques saisonniers, les autorités appellent également à la vigilance face aux incendies dans le Var et aux feux de forêt en Charente-Maritime, deux phénomènes amplifiés par la sécheresse.
Prochaine étape
La surveillance renforcée pilotée par l’ARS se poursuit jusqu’au 30 novembre 2026. La préfecture de Seine-et-Marne invite les habitants à consulter régulièrement les consignes actualisées sur son site internet et à signaler toute suspicion de présence du moustique tigre via la plateforme dédiée de l’ARS.