Langrune-sur-Mer : un séminaire pour aider les parents face à l’addiction aux écrans
Des experts réunis le 20 avril pour décrypter les impacts psychologiques et proposer des pistes concrètes aux familles.
Un séminaire dédié à l'addiction aux écrans chez les adolescents s'est tenu lundi 20 avril à Langrune-sur-Mer. Impacts sur la santé mentale, stratégies parentales : le sujet s'impose dans un contexte national préoccupant.
La salle n’a pas désempli. À Langrune-sur-Mer, le séminaire organisé lundi 20 avril autour de l’addiction aux écrans chez les adolescents a réuni parents, professionnels de santé et acteurs éducatifs du Calvados. L’objectif : mieux comprendre les mécanismes en jeu et repartir avec des outils concrets.
Des chiffres qui interpellent
Les données nationales donnent le ton. En 2025, 71 % des 12-17 ans déclaraient avoir du mal à se passer du numérique, même quelques heures - soit huit points de plus qu’en 2023, selon un rapport présenté au Sénat. Santé publique France chiffre à plus de quatre heures par jour le temps d’écran hors scolaire des 6-17 ans. Le baromètre Ifop pour la Fondation pour l’Enfance (décembre 2025) précise que 87 % des 8-15 ans possèdent un appareil numérique personnel, et 20 % en utilisent un dès le réveil.
L’ARCEP, dans son baromètre 2026, relève que 83 % des 11-17 ans sont exposés à au moins un risque en ligne - hyperconnexion, contenus choquants - avec une banalisation progressive chez les plus jeunes. L’OMS Europe note de son côté que l’usage problématique des réseaux sociaux chez les adolescents est passé de 7 % en 2018 à 11 % en 2022, avec des niveaux plus élevés chez les filles (13 % contre 9 %).
Que faire concrètement ?
Parmi les approches évoquées lors du séminaire, la méthode 3-6-9-12 du pédopsychiatre Serge Tisseron fait référence : pas d’écran avant 3 ans, pas de console personnelle avant 6 ans, internet accompagné à 9 ans, suivi renforcé à 12 ans. L’objectif n’est pas l’interdiction, mais un apprentissage progressif d’un usage autonome et critique.
Du côté réglementaire, un arrêté ministériel du 27 juin 2025 interdit déjà l’exposition aux écrans des 0-3 ans dans les structures d’accueil de la petite enfance. Selon le Baromètre du numérique de l’ARCEP, 62 % des parents régulent le temps consacré aux jeux vidéo et 57 % celui passé sur internet - mais les usages, eux, continuent de progresser.
Un rapport remis à l’Élysée en avril 2024 avait déjà mis en lumière les effets de la surexposition sur la santé physique, mentale et sociale des jeunes. Des débats parlementaires sur l’encadrement des mineurs en ligne sont attendus en 2026.