Sanctions russes : le Sénat américain relance le texte Graham
Le Sénat a avancé à 86 voix contre 12 un texte visant Moscou et ses acheteurs de pétrole, le jour des funérailles du sénateur Graham
Le 28 juillet 2026, le Sénat américain a franchi une première étape vers de nouvelles sanctions contre la Russie, avec des tarifs douaniers pouvant atteindre 100% pour les pays qui achètent du pétrole russe. Le texte, en hommage au sénateur Lindsey Graham, doit encore passer la Chambre des représentants.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Le 28 juillet 2026, le Sénat américain a adopté par 86 voix contre 12 un vote procédural pour avancer le Lindsey O. Graham Sanctioning Russia Act of 2026.
- Le texte autorise des tarifs douaniers jusqu'à 100% sur les pays achetant du pétrole et gaz russes, dont la Chine et l'Inde, et jusqu'à 500% sur les importations directes de biens russes.
- Le vote a eu lieu le jour des funérailles du sénateur Lindsey Graham, décédé, avec la présence du président ukrainien Volodymyr Zelensky au Capitole.
- Le républicain Rand Paul (Kentucky) a été le seul élu de son parti à voter contre l'avancement du texte.
- Le projet S.5025, déposé le 16 juillet 2026 par la sénatrice Darline Graham, doit encore passer un vote final au Sénat puis la Chambre des représentants.
Le vote a eu lieu un jour particulier. Le 28 juillet 2026, pendant que la cathédrale nationale de Washington accueillait les funérailles du sénateur républicain Lindsey Graham, ses collègues votaient au Capitole pour avancer un projet de loi qui porte désormais son nom. Le Lindsey O. Graham Sanctioning Russia Act of 2026 a été adopté par 86 voix contre 12 lors d’un vote procédural, selon Reuters et Politico. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, présent au Capitole ce jour-là, a assisté au vote sur le projet de sanctions, rapporte ABC News.
Un texte pensé comme un durcissement des sanctions
Le projet S.5025 a été déposé le 16 juillet 2026 par la sénatrice Darline Graham, précise le site officiel du Congrès américain, Congress.gov. Il reprend l’esprit d’un texte antérieur, le Sanctioning Russia Act of 2025, introduit en avril 2025 par Lindsey Graham et le démocrate Richard Blumenthal avec 84 co-signataires bipartisans, selon Wikipédia et les archives du Congrès. Cette continuité explique en partie le score très large du vote de juillet 2026 : le sujet des sanctions contre Moscou fait l’objet, depuis plusieurs années, d’un rare consensus entre républicains et démocrates à Washington.
Des tarifs douaniers jusqu’à 100%, voire 500%
Sur le fond, le texte vise deux cibles. D’abord des responsables russes, qui seraient frappés de sanctions individuelles. Ensuite, et c’est la partie la plus commentée, les pays qui continuent d’acheter du pétrole et du gaz russes. Le projet autorise des tarifs douaniers pouvant grimper jusqu’à 100% sur ces achats, avec la Chine et l’Inde clairement visées, selon Reuters et ABC News. Le texte du Congrès va même plus loin sur un point : il prévoit des tarifs pouvant atteindre 500% sur les importations directes de biens russes, pétrole et gaz compris, selon la version officielle publiée sur Congress.gov.
Rand Paul, seule voix dissidente chez les républicains
Sur les 86 voix favorables, l’unanimité républicaine n’a presque pas été rompue. Un seul élu du parti a voté contre l’avancement du texte : le sénateur du Kentucky Rand Paul, connu pour ses positions isolationnistes en matière de politique étrangère, selon Axios. Sa position a été relayée sur les réseaux sociaux le jour même du vote.
Douze sénateurs au total se sont opposés à l’avancement du texte, sans que leur répartition précise entre les deux partis n’ait été détaillée dans les sources disponibles à ce stade.
Contexte en Russie : un troisième round de pression économique
Vu de Moscou, ce vote s’inscrit dans une pression occidentale qui ne faiblit pas depuis l’invasion de l’Ukraine en février 2022. La Russie fait déjà l’objet de multiples régimes de sanctions américains et européens visant son secteur énergétique, ses banques et ses dirigeants. Ce que ce nouveau texte ajoute, c’est une arme indirecte : forcer les clients de Moscou, au premier rang desquels l’Inde et la Chine, à choisir entre leurs approvisionnements russes et l’accès au marché américain. Cette approche, si elle aboutit, toucherait donc moins directement la Russie que ses principaux débouchés commerciaux restants pour le pétrole et le gaz. Les sources consultées ne font pas état, à ce stade, d’une réaction officielle du Kremlin à ce vote procédural.
Ce qui peut encore bloquer le texte
Le vote du 28 juillet n’est qu’une étape. Il reste un vote final à obtenir au Sénat, puis un passage devant la Chambre des représentants où, selon Politico, des inquiétudes sur l’ampleur des tarifs douaniers pourraient freiner l’adoption définitive. Les tarifs visant l’Inde et la Chine, deux partenaires commerciaux majeurs des États-Unis, suscitent en effet des réserves chez certains élus, sans que les contours de ce blocage éventuel ne soient encore stabilisés.
La suite se jouera dans les prochaines semaines, entre le vote final attendu au Sénat et les arbitrages qui s’annoncent plus tendus à la Chambre.
Sources
- Reuters : Russia sanctions championed by Graham clear first Senate hurdle as Zelenskiy visits
- ABC News : Senate overwhelmingly advances Russia sanctions bill named after Sen. Lindsey Graham
- Politico : Senators vote to advance Russia sanctions bill in Graham's name
- Axios : 86 senators vote to move forward with Graham Russia sanctions bill
