Sénatoriales 2026 : Jean-Charles Orsucci appelle à l’union des élus de Corse-du-Sud pour défendre l’autonomie
À trois mois du scrutin, le maire de Bonifacio exhorte les grands électeurs à faire bloc derrière le projet constitutionnel d'autonomie, menacé par une majorité sénatoriale de droite.
Jean-Charles Orsucci lance un appel à l'union des élus et grands électeurs de Corse-du-Sud en vue des sénatoriales du 27 septembre 2026. Objectif défendre le processus d'autonomie après le vote historique de l'Assemblée nationale le 23 juin.
L’essentiel
- Appel à l’union : Jean-Charles Orsucci, maire de Bonifacio, exhorte les grands électeurs de Corse-du-Sud à se rassembler pour les sénatoriales du 27 septembre 2026.
- Vote historique : L’Assemblée nationale a adopté le 23 juin 2026 le projet de loi constitutionnelle pour l’autonomie de la Corse (271 voix pour, 202 contre).
- Un seul siège : La Corse-du-Sud ne renouvelle qu’un seul sénateur, actuellement détenu par Jean-Jacques Panunzi (LR), hostile au texte.
L’appel à l’union de Jean-Charles Orsucci
Dans une tribune publiée par Corse-Matin ce vendredi, Jean-Charles Orsucci, maire de Bonifacio et figure de la majorité présidentielle en Corse, a lancé un appel solennel aux élus et grands électeurs de Corse-du-Sud. « Nous devons nous unir pour que la voix de la Corse porte au Sénat », écrit-il, alors que le processus d’autonomie de l’île franchit une étape décisive.
L’élu, réélu dès le premier tour des municipales de mars 2026, insiste sur l’importance du scrutin sénatorial du 27 septembre prochain. « Le Sénat sera la dernière ligne droite. Si nous laissons passer cette chance, l’autonomie pourrait être enterrée pour des années », prévient-il.
Un vote historique à l’Assemblée nationale
L’appel de Jean-Charles Orsucci intervient trois jours après l’adoption en première lecture du projet de loi constitutionnelle relatif à l’autonomie de la Corse par l’Assemblée nationale, le 23 juin 2026. Le texte a recueilli 271 voix contre 202, une majorité qui dépasse les seuls rangs de la majorité présidentielle. Selon les informations publiées par le site de l’Assemblée, cette réforme vise à accorder à l’île une autonomie inédite au sein de la République, avec des compétences élargies en matière de développement économique, d’éducation et de langue corse.
Le texte doit désormais être examiné par le Sénat. Or, la chambre haute est dominée par une majorité de droite, dont fait partie le sénateur sortant de Corse-du-Sud, Jean-Jacques Panunzi, étiqueté Les Républicains. Ce dernier s’est déjà positionné contre le projet, estimant qu’il « fragilise l’unité républicaine ».
Un enjeu électoral crucial en Corse-du-Sud
Le département de la Corse-du-Sud ne dispose que d’un seul siège de sénateur, renouvelé au scrutin majoritaire uninominal. Cela signifie que le candidat élu le 27 septembre 2026 représentera seul le département au Palais du Luxembourg pour les six prochaines années. Le sénateur sortant, Jean-Jacques Panunzi, est en poste depuis 2014. En 2020, il avait été réélu face à une candidate nationaliste.
Le collège des grands électeurs, composé principalement des délégués des conseils municipaux, a été profondément renouvelé lors des élections municipales de mars 2026. Selon la Fondation Jean-Jaurès, ce renouvellement pourrait modifier l’équilibre politique local. Jean-Charles Orsucci mise sur cette recomposition pour faire basculer le siège en faveur d’un candidat favorable au processus d’autonomie.
En Guyane, les autorités coutumières Wayana exigent une lutte renforcée contre l’orpaillage illégal, une autre illustration des revendications territoriales outre-mer.
Contexte dans la Corse-du-Sud
Avec 162 000 habitants, la Corse-du-Sud (2A) est le plus petit des deux départements corses après la Haute-Corse. L’économie locale repose largement sur le tourisme estival, l’agriculture (viticulture, oléiculture) et les services publics. Ajaccio, la préfecture, concentre près de la moitié de la population.
La vie politique insulaire est marquée par la question de l’autonomie, portée depuis des décennies par les nationalistes, mais désormais reprise par une partie de la droite modérée et de la majorité présidentielle. Le vote du 23 juin à l’Assemblée nationale a montré une convergence inédite entre ces forces. Dans ce contexte, les sénatoriales de septembre 2026 sont perçues comme un test grandeur nature de la capacité des élus locaux à s’unir au-delà des clivages partisans.
Dans l’Orne, le sous-préfet d’Alençon a salué l’engagement des bénévoles de la protection civile pendant la vigilance rouge canicule, un exemple de mobilisation citoyenne qui contraste avec les enjeux politiques corses.
Prochaine étape : l’examen au Sénat
Le projet de loi constitutionnelle doit être inscrit à l’ordre du jour du Sénat après la pause estivale, probablement en octobre ou novembre 2026. Le gouvernement espère une adoption avant la fin de l’année, mais la majorité sénatoriale de droite pourrait déposer des amendements bloquants. Jean-Charles Orsucci appelle donc les grands électeurs à « choisir des représentants qui défendront sans faille l’autonomie de la Corse ».
Les élections sénatoriales auront lieu le dimanche 27 septembre 2026. Le dépôt des candidatures est attendu du 7 au 11 septembre.