Sénégal : Fortuna Mining attend le feu vert final pour Diamba Sud
Le groupe canadien espère un permis de construction sous quelques semaines pour sa mine d'or de Kédougou, avec une production visée en 2028
Le PDG de Fortuna Mining, Jorge Ganoza, a indiqué à Reuters attendre le permis de construction final du projet aurifère Diamba Sud, dans la région de Kédougou. Un investissement de près de 400 millions de dollars, pour une première production ciblée en 2028.
L’essentiel
- Permis attendu : le PDG de Fortuna Mining, Jorge Ganoza, a annoncé le 9 juillet 2026 s’attendre à recevoir le permis de construction final du projet Diamba Sud « sous quelques semaines », selon Reuters.
- Investissement : près de 400 millions de dollars pour développer la mine, située dans la région de Kédougou.
- Production visée : premier or attendu en 2028, avec une production moyenne de 116 000 onces par an.
- Part de l’État : le Sénégal recevra automatiquement une participation gratuite de 10 % dans le projet dès l’attribution du permis d’exploitation, selon Fortuna Mining.
- Feu vert environnemental : l’étude d’impact environnemental et social a été approuvée le 15 juin 2026, après neuf mois d’instruction.
Ce qu’annonce Fortuna Mining à Reuters
C’est une étape clé pour l’un des plus gros projets miniers en préparation en Afrique de l’Ouest. Interrogé par Reuters le 9 juillet 2026, Jorge Ganoza, PDG du groupe canadien Fortuna Mining, a indiqué attendre le permis de construction final pour le projet aurifère de Diamba Sud dans les prochaines semaines. Ce document conditionne le lancement des travaux de construction de la mine, située dans la région de Kédougou, dans le sud-est du Sénégal.
Le groupe a déjà provisionné des travaux préliminaires pour tenir son calendrier, un signe que la direction ne veut pas attendre le feu vert final pour préparer le terrain. L’investissement total du projet est évalué à près de 400 millions de dollars. Fortuna Mining vise une première coulée d’or en 2028, avec un pic de production annuelle attendu autour de 230 000 onces.
Un projet évalué à 1 milliard de dollars
Selon l’étude de faisabilité publiée par Fortuna Mining, Diamba Sud affiche des indicateurs financiers solides : une valeur actuelle nette après impôts d’un milliard de dollars et un taux de rentabilité interne de 60 %, calculés sur la base d’un cours de l’or à 3 500 dollars l’once. Ces chiffres expliquent en partie l’empressement du groupe à sécuriser les autorisations restantes.
Autre élément notable pour Dakar : l’État sénégalais obtiendra automatiquement une participation gratuite de 10 % dans le projet dès l’attribution du permis d’exploitation, conformément au code minier en vigueur. Un mécanisme classique dans le secteur, qui permet à l’État de toucher une part des revenus sans avoir à investir en capital.
Contexte dans la région de Kédougou
La région de Kédougou concentre l’essentiel de l’activité minière du Sénégal, notamment aurifère, dans une zone frontalière avec le Mali et la Guinée. C’est là que se trouvent déjà plusieurs exploitations industrielles et une importante activité d’orpaillage artisanal. Diamba Sud viendrait s’ajouter à ce paysage minier régional, avec un poids financier nettement supérieur aux exploitations existantes.
À l’échelle nationale, la production aurifère du Sénégal reste modeste : environ 116 000 onces annuelles selon les études de faisabilité. Un volume qui place le pays loin derrière les deux grands producteurs de la sous-région, le Ghana et le Mali. Un projet comme Diamba Sud, avec un pic de 230 000 onces par an à lui seul, pourrait donc sensiblement changer la place du Sénégal sur la carte aurifère ouest-africaine s’il entre en production comme prévu.
Une décision qui résiste aux turbulences politiques
Le Sénégal a connu d’importants changements politiques depuis l’élection du président Bassirou Diomaye Faye et la nomination d’Ousmane Sonko comme Premier ministre. Ces évolutions ont suscité des interrogations chez certains investisseurs étrangers sur la stabilité du cadre réglementaire, notamment minier. Jorge Ganoza a toutefois précisé à Reuters que ces turbulences n’avaient pas affecté les plans d’investissement de Fortuna Mining à Diamba Sud.
Le dirigeant met en avant la rapidité de l’instruction environnementale : l’évaluation d’impact environnemental et social du projet a été approuvée le 11 juin 2026, en seulement neuf mois. Un délai que Fortuna Mining présente comme un signal positif sur la capacité de l’administration sénégalaise à traiter les gros dossiers miniers.
Reste à voir si le permis de construction final, dernière pièce administrative attendue par le groupe, arrivera dans le délai annoncé par Jorge Ganoza.